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Vers un Gouvernement d'union nationale ?
Le président Félix Tshisekedi avait annoncé aux membres de l'Union sacrée pour la nation (USN), son intention de former un gouvernement d'union nationale. Déterminé à consolider la cohésion nationale, il a chargé son conseiller spécial en matière de sécurité d'amorcer les premiers contacts avec les acteurs politiques et ceux de la société civile. La donne a fondamentalement changé avec l'acceptation, par Kinshasa, d'un dialogue direct avec le M23. Démarche que Félix Tshisekedi rejetait catégoriquement jusque-là.
La conséquence immédiate de ce revirement de la situation est que FATSHI est appelé à reporter la formation du gouvernement d'union nationale. Une équipe qui devait comprendre l'Union sacrée pour la nation, l' opposition modérée et la société civile. Ce, en attendant la fin du dialogue en vue dans l'espoir qu'il va se dérouler et se terminer dans de bonnes conditions.
Il est fort probable que la configuration politique rd congolaise ne sera pas la même après le rendez-vous tant attendu de Luanda dont le début est fixé au mardi 18 mars 2025.
DIALOGUE EN VUE
Concernant le dialogue proprement dit, il sied de souligner que les deux parties au conflit auront fort à faire tant les positions des uns et des autres sont fondamentalement divergentes. Même si FATSHI a accepté, malgré lui, ce face-à-face avec le M23, il ne reste pas moins vrai qu'il continue à considérer ses interlocuteurs comme des pantins à la solde de Paul Kagame.
Jusqu'à preuve du contraire, son avis sur les Bertrand Bisimwa et consorts ne va pas changer de sitôt, Corneille Nanga'a étant considéré dans cette aventure comme un cheveu tombé incidentiellement dans la soupe. Il ne connaît pas du tout l'agenda caché de ceux qu'il est allé rejoindre de manière impromptue. D'ailleurs, il risque d'être écarté de la délégation de Bertrand Bisimwa étant donné que l'invitation du président angolais Lourenço est adressée à ce dernier.
Faux argument du "faciès".
Du côté du M23, ses leaders continuent à clamer haut et fort qu'ils ont pris les armes contre la RDC pour défendre leur identité. Ils s'estiment stigmatisés et marginalisés à cause de leur "faciès". Selon un des leurs, au nom de Freddy Kaniki qui vit au Canada, il a tout abandonné pour revenir au pays, tout simplement pour empêcher la disparition de sa communauté par le gouvernement congolais.
Cet argument est fondamentalement faux. Pour preuve, l'actuel ministre d'État, en charge des Infrastructures et travaux publics, Alexis Gisaro, qui est de même souche que lui, s'est insurgé contre Paul Kagame.
Il s'est posé la question de savoir qui a mandaté le président rwandais pour défendre les Tutsis congolais. À ce propos, il a martelé : "Les Tutsis congolais ont toujours fait partie intégrante de la nation congolaise, bien avant même la période coloniale ".
Comme recommandation, il a déclaré: " Ne discriminons pas cette partie de la population (ndlr: les Tutsis) en raison de leur apparence, au risque de donner des raisons et des prétextes à l'ennemi ".
TOUJOURS PRESENT AU POUVOIR
Ses propos sont vrais. Depuis l'époque de Mobutu, aucun Congolais de cette communauté n'a été absent d'une quelconque institution publique congolaise. Feu Bisengimana Rwema a trôné à la tête du cabinet de feu le président Mobutu durant plusieurs années. Aucun autre Congolais n'a battu son record.
Après le Dialogue intercongolais de Sun City, Azarias Ruberwa a été désigné vice-président de la République démocratique du Congo pour le compte du RCD/Goma. Il n'y a que le poste de président de la République que l'un de leurs n'a pas encore occupé.
Au regard de cette réalité, faut-il sincèrement parler de la mise à l'écart des Congolais de souche rwandophone dont les ancêtres se sont retrouvés sur les terres congolaises à la date du 30 juin 1960?
C'est non, rapportent certains opérateurs politiques. Cet argumentaire résulte d'un complexe d'infériorité qui cache l'obsession de la création d'un État autre que la République démocratique du Congo, ce que d'aucuns appellent "balkanisation".
VEILLER A L'INTERET NATIONAL
Comme on le voit, les discussions seront rudes à Luanda. Le médiateur devra faire appel à toute son expertise et son expérience pour éviter que cette rencontre de dernière chance accouche d'une souris.
Vital Kamerhe l'a si bien dit, le samedi 15 mars dernier,à l'ouverture de la session de l'Assemblée nationale :" Que les obstacles les plus coriaces soient brisés, et que des voies inattendues soient ouvertes pour la paix ".
Pour le succès de ce dialogue tant attendu, les uns et les autres doivent impérativement mettre un peu d'eau dans leur vin, tout en sachant qu'au terme d'un dialogue on ne doit pas tout avoir, si on place l'intérêt de la nation au-dessus de tout.
Muke MUKE