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Tshisekedi sonne l'alarme sanitaire et environnementale
Dans un exercice institutionnel devenu l'un des marqueurs de sa gouvernance, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a livré, hier lundi 08 décembre après-midi devant le Congrès, un message sur la situation sanitaire et environnementale du pays. Au-delà du bilan politique, le Chef de l'État a choisi de placer l'assainissement urbain et la gestion des déchets au centre d'une large interpellation à la conscience nationale.
Kinshasa, mégalopole tentaculaire de plus d'environ 15 millions d'habitants, est au cœur des préoccupations présidentielles. Félix Tshisekedi n'a pas mâché ses mots : la capitale " ne peut continuer à grandir sans une planification à la hauteur de son poids démographique et économique ". L'insalubrité chronique, l'obstruction des caniveaux et la gestion anarchique des déchets, a-t-il insisté, " exposent nos populations à des risques sanitaires et environnementaux inacceptables ".
UN APPEL DIRECT A LA POPULATION
Le Président a même élargi l'alerte à un enjeu de gouvernance : l'état actuel de Kinshasa " n'est plus une simple gêne urbaine ", mais un défi qui conditionne la productivité nationale, le coût de la vie et l'image même du pays.
Si le Chef de l'État reconnaît les efforts entrepris par les autorités urbaines et provinciales, il souligne une évidence : ces politiques resteront insuffisantes sans une adhésion active de la population. " Aucun programme d'assainissement ne peut réussir si les premiers bénéficiaires ne s'impliquent pas ", a-t-il martelé.
L'appel direct lancé à la population tombe à un moment où Kinshasa tente de se ressaisir. Le week-end dernier, la ville a relancé le Salongo obligatoire, une opération de propreté destinée à raviver le réflexe citoyen de l'assainissement collectif. Sous l'impulsion du gouverneur Daniel Bumba, la capitale a également engagé un ambitieux plan de gestion des déchets : installation de centres de transit dans chaque quartier et transport organisé vers le centre d'enfouissement de la N'sele.
MODERNISER LA CHAINE NATIONALE D'ASSAINISSEMENT
Au-delà des urgences, Félix Tshisekedi a réaffirmé sa volonté de moderniser la chaîne nationale d'assainissement : clarification des responsabilités publiques et privées, tolérance zéro contre les pratiques dégradantes, et mobilisation citoyenne durable.
Le Président Tshisekedi a surtout confirmé le lancement, dès le premier trimestre 2026, de la première phase du vaste projet d'extension de Kinshasa vers Maluku 75 km² sur les 430 prévus. Une réorganisation territoriale censée désengorger la capitale et préparer le développement de nouveaux pôles urbains.
En filigrane de son discours, Félix Tshisekedi a rappelé une vérité simple : préserver un environnement sain est d'abord une responsabilité individuelle. Chacun est appelé à " aménager au mieux son cadre de vie " pour le bien-être de sa famille et de la communauté.
Cet appel direct à la conscience de chaque citoyen résonne comme un avertissement, mais aussi comme une invitation collective. L'État peut tracer les politiques, initier les programmes, investir dans les infrastructures ; sans engagement collectif, rien ne changera durablement. La balle est désormais dans le camp de la population qui mérite d'être entraînée par les autorités urbaines. J. ASOKO