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Le Gouvernement passe au crible 12 contrats de concessions routières de 4,4 milliards USD
Le Gouvernement a lancé, le lundi 15 juin, l'évaluation des contrats et conventions de délégation des services publics dans le secteur des infrastructures, avec en ligne de mire un portefeuille de 12 concessions représentant plus de 4,4 milliards de dollars américains d'investissements. L'exercice, piloté par le ministère des Infrastructures et Travaux publics (ITP), vise à mesurer les performances des projets, identifier les blocages et renforcer l'impact économique des partenariats public-privé à travers le pays.
Présidant l'ouverture des travaux à Kinshasa, le ministre des ITP, John Banza Lunda, a appelé les différents acteurs à un examen rigoureux et objectif de chaque projet. Il a insisté sur la nécessité de lever les obstacles qui freinent l'exécution des chantiers et de garantir que les concessions routières produisent des résultats concrets pour les populations.
" Chaque partenariat doit améliorer la mobilité des Congolais et générer des emplois locaux durables ", a-t-il rappelé, en réaffirmant les exigences du Gouvernement en matière de respect des délais, de transparence financière et d'efficacité opérationnelle.
UN PROGRAMME DE CONSTRUCTION DE 3 350 kilomètres
Selon le bilan présenté par l'Agence congolaise des grands travaux (ACGT), maître d'ouvrage délégué, les concessions en cours couvrent un ambitieux programme de construction et de modernisation de 3 350 kilomètres de routes nationales ainsi que 250 kilomètres de voiries urbaines réparties dans plusieurs provinces.
Les investissements concernent notamment les axes stratégiques des routes nationales RN1, RN2, RN3, RN5, RN38 et RN39, considérés comme essentiels pour l'intégration économique du territoire et la fluidité des échanges.
Pour la seule année 2025, les dépenses engagées dans l'exécution des travaux ont atteint 350,7 millions de dollars, traduisant la poursuite des efforts de modernisation du réseau routier national.
Le rapport d'évaluation met en évidence plusieurs réalisations majeures enregistrées au cours de l'exercice 2025.
Parmi les projets phares figurent l'élargissement en deux fois deux voies du tronçon Lubumbashi-Likasi sur 20 kilomètres, la modernisation en bitume bicouche de la route Luambo-Mitwaba-Manono sur 148 kilomètres ainsi que le démarrage de l'exploitation provisoire des axes Tshikapa-Kamako et Likasi-Borne 32.
Ces infrastructures sont appelées à renforcer les échanges commerciaux, améliorer l'accessibilité des territoires et soutenir les activités économiques dans plusieurs provinces du pays.
DES RECETTES EN HAUSSE DE 320,7 MILLIONS USD
Les performances financières des concessions affichent également une évolution positive. Les recettes déclarées par les concessionnaires ont atteint 320,7 millions de dollars en 2025.
Les concessions de Kasumbalesa-Sakania et Likasi-Kambove se distinguent particulièrement avec une progression de 24 % de leurs recettes par rapport à l'exercice précédent.
Cependant, l'évaluation préliminaire a également révélé plusieurs contraintes structurelles. Le Gouvernement pointe notamment les lenteurs dans la signature des arrêtés interministériels relatifs aux exonérations fiscales et douanières, ainsi que les effets des avis à tiers détenteurs émis par l'administration fiscale, qui pèsent sur la trésorerie de certains opérateurs.
À cela s'ajoutent une faible mobilisation financière chez certains concessionnaires et des retards d'exécution observés sur plusieurs chantiers.
L'INSÉCURITÉ DANS L'EST CONTINUE D'AFFECTER LES TRAVAUX
Parmi les principales préoccupations soulevées figure également l'insécurité persistante dans plusieurs zones de l'Est du pays. Cette situation continue d'affecter le déroulement des travaux sur les corridors de la RN2 et de la RN3, où les contraintes sécuritaires compliquent le déploiement normal des équipes et des équipements.
Les assises en cours évaluent un réseau global de 2 882 kilomètres de routes, mais aussi plusieurs infrastructures connexes, notamment des ports secs ainsi que des postes de pesage et de péage destinés à améliorer la gestion du trafic et la mobilisation des recettes.
Au-delà des projets en cours, le Gouvernement prépare déjà la prochaine phase de son programme de modernisation des infrastructures. Plusieurs nouveaux corridors routiers sont actuellement en développement, notamment les axes Moanda-Yema, Nsioni-Frontière de Lwadi, Mbanza-Ngungu-Gombe-Matadi-Frontière Mbaza-Kongo et Mweka-Luebo-Tshikapa.
À travers cette évaluation annuelle, l'exécutif entend renforcer la gouvernance des concessions et accélérer la transformation du réseau routier national, pilier central de la politique de désenclavement et d'intégration économique portée par le président Félix Tshisekedi. Dans un pays-continent où la route demeure le principal vecteur de développement, l'enjeu est désormais de convertir les milliards investis en infrastructures réellement opérationnelles au service de la croissance et de la cohésion territoriale.
Jérémie ASOKO