Dernière minute
Société
Ata na lifelo toko samba kaka". Cette phrase en lingala se traduit littéralement par : " Même en enfer, nous allons quand même plaider [notre cause].
Dans un sens plus imagé, cela signifie qu'on ne compte pas se laisser faire ou se taire, peu importe la difficulté…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Avocats Sans Frontières (ASF) a lancé un projet d’assistance judiciaire à la prison centrale de Makala. Cette initiative permettra aux ONG locales travaillant avec AVS…
Étranger
L’Autriche a exprimé, mercredi, son soutien à la Résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies, affirmant qu’une "véritable autonomie sous souveraineté marocaine pourrait…
Nation
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), James Swan, a passé en…
SITUATION DELETERE A GOMA : L’OIF privilégie les processus de Luanda et de Nairobi
Face à la recrudescence des violences entre les forces armées de la République démocratique du Congo (RDC) et la coalition M23-RDF dans la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) a, par la bouche de sa secrétaire générale, Louise Mushikiwabo, réitéré son appui aux processus de paix de Luanda (Angola) et de Nairobi (Kenya).
Se déclarant extrêmement préoccupée par la situation délétère, la patronne de la Francophonie «exhorte toutes les parties prenantes au conflit à faire preuve de retenue et à privilégier les voies pacifiques pour régler tous les différends qui les opposent dans le cadre des processus de Luanda (Angola) et de Nairobi (Kenya).
En plus, elle «encourage les partenaires régionaux et internationaux, ainsi que toutes les bonnes volontés à intensifier leurs efforts afin de mettre fin à la spirale de violence qui endeuille dramatiquement les populations de cette région». Et de renchérir ensuite : «Il est important de s’attaquer aux causes profondes de ce conflit et de leur trouver des solutions durables».
Concernant cette question des causes du conflit, il sied de déplorer le fait que le Rwanda qui agresse à ciel ouvert aujourd’hui la RDC, continue toujours à s’appuyer sur les fausses allégations de la présence des éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) sur le sol congolais. Selon Paul Kagame, ces forces négatives, auteurs du génocide des Tutsi en 1994, constituent une vraie menace pour la sécurité de son pays.
Cet argument qui constitue une sorte de fonds de commerce pour ce pyromane, ne tient plus la roue. Depuis qu’il chante cette chanson, il n’a jamais apporté la moindre preuve de ses allégations. Encore qu’aucune fois, nous avons appris que les FDLR ont attaqué le Rwanda à partir de la RDC.
Outre ce dossier des FDLR, l’autre motif avancé par Kigali concerne la stigmatisation de Congolais d’origine rwandaise qui seraient marginalisés par les autres Congolais. Ici aussi, personne de sérieux ne peut prendre en considération cet argument d’autant plus que, depuis les temps immémoriaux, cette catégorie de Congolais se retrouve toujours dans les institutions politiques nationales et provinciales de l’ex Kivu. De mandataire dans le portefeuille de l’État jusqu’aux fonctions de vice-président de la république, en passant par celle de directeur de cabinet du président de la République et de ministre, les Congolais de souche rwandaise ont toujours été pris en compte lorsqu’il y a répartition des responsabilités en RDC.
L’OIF invitée à faire valoir son importance
Lorsque la secrétaire générale de l’OIF soulève la question des causes profondes du conflit, né historiquement après le refoulement du contingent rwandais ayant fait partie de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) de Laurent Désiré Kabila, il y a de quoi se demander à quoi elle veut faire exactement allusion.
L’Organisation internationale de la francophonie compte 93 États et gouvernements répartis comme suit : 56 membres effectifs, 5 membres associés et 32 observateurs. En tant qu’institution politique, l’OIF devrait se saisir de ce grave conflit qui oppose deux de ses membres.
S’agissant de la réalité militaire sur le terrain, les informations en provenance de Goma demeurent encore floues. Quoiqu’il en soit, les conséquences humanitaires doivent être catastrophiques.
Selon l’ONU, plus d’un demi-million de personnes ont été déplacées depuis début janvier 2026 par ces nouveaux combats. Avec ce qui se passe ces jours-ci à Goma, le bilan doit être sans doute revu à la hausse. Dans les hôpitaux, on parle de plus de 100 morts et près d’un demi de blessés.
L’OIF ne doit pas encore attendre pour montrer son importance. L’heure est venue pour agir, et de manière efficace.
Muke MUKE