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À Shanghai, les journalistes africains découvrent «la maison natale» du Parti communiste chinois
En marge du programme 2025 du Centre de communication de presse internationale de Chine (CIPCC), une délégation de journalistes africains a visité le site historique du premier congrès national du Parti communiste chinois (PCC), considéré comme la «maison natale» du parti au pouvoir en Chine. Ce lieu emblématique est situé aux numéros 76 et 78 de la rue Xingye, dans le district de Huangpu, à Shanghai.
Il s’agit d’une maison Shikumen typique, avec ces habitations à deux étages en briques rouges et grises qui se dressaient jadis dans l’ancienne concession française. Aujourd’hui restaurée et transformée en musée, la bâtisse attire chaque jour des visiteurs venus de toute la Chine et du monde pour découvrir l’endroit où tout a commencé. Là où naquit le Parti communiste chinois
C’est ici, le 23 juillet 1921, que treize délégués représentant les 53 membres du jeune mouvement communiste chinois se réunirent secrètement pour tenir le premier congrès national du PCC. Parmi eux, un jeune homme du Hunan de 28 ans, Mao Zedong, qui jouait alors un rôle modeste de preneur de notes.
L’atmosphère du lieu, reconstituée à l’identique, transporte le visiteur au cœur de cet événement fondateur. Dans la petite salle principale, la table en bois, les tabourets rustiques et les mannequins de cire recréent la scène du congrès. Une calligraphie de l’ancien président Jiang Zemin orne le mur du rez-de-chaussée : «Il n’y aurait pas eu de nouvelle Chine sans le Parti communiste chinois».
Cette phrase résume l’esprit qui anime ce musée, devenu un lieu de mémoire et de recueillement pour les générations successives.
Mao, simple observateur au destin exceptionnel
Parmi les figures présentes ce jour-là, Mao Zedong occupait un rôle discret. Simple représentant de sa province du Hunan, vêtu d’une longue robe traditionnelle de lettré de village, il contrastait avec ses collègues formés à l’étranger, au Japon ou en Union soviétique. Son visage pâle et son allure de prêtre taoïste n’attiraient pas l’attention, et il fut principalement chargé de prendre des notes. Cette expérience incita néanmoins Mao à perfectionner son anglais à son retour à Changsha, capitale de sa province.
Le congrès fut dirigé par Chen Duxiu, intellectuel réformiste passé par les universités japonaises et françaises, nommé premier secrétaire général du parti. Les discussions portaient sur la dictature du prolétariat et sur la création d’un régime communiste, capable de libérer la Chine du féodalisme et de l’ingérence étrangère.
Mais, le 30 juillet 1921, la police française de la concession fit irruption dans la maison, alertée par un informateur. Les participants durent fuir précipitamment. Quelques jours plus tard, ils achevèrent leurs travaux à bord d’un bateau sur le lac Nanhu à Jiaxing, dans la province du Zhejiang, où fut officiellement proclamée la création du Parti communiste chinois.
Le site transformé en salle de commémoration en 1952
Le site du premier congrès fut transformé en salle commémorative en 1952. Aujourd’hui, le musée expose des documents originaux, des photographies rares, des journaux révolutionnaires et des objets personnels des délégués. Une fresque chronologique retrace la montée en puissance du PCC jusqu’à la fondation de la République populaire de Chine en 1949.
Ironie de l’histoire : la maison du congrès se trouve aujourd’hui au cœur du quartier huppé de Xintiandi — littéralement «le nouveau ciel et la nouvelle terre». Cet espace moderne, dominé par les cafés, boutiques de luxe et restaurants internationaux.
Un voyage dans les racines de la Chine moderne
Pour les journalistes africains en visite, cette étape fut bien plus qu’une simple immersion touristique: c’était un voyage dans le temps et dans la conscience politique de la Chine. Comprendre où et comment tout a commencé, c’est saisir la force d’un idéal collectif qui a façonné le destin de plus d’un milliard d’habitants.
«Ce lieu montre qu’une idée peut naître dans la clandestinité et transformer le monde entier», a confié un journaliste béninois, visiblement ému. Les visiteurs ont médité sur cette histoire à travers des photos ou des documents qui retracent le chemin parcouru par le PCC depuis un siècle.
Christian-Timothée MAMPUYA De retour de Shanghai