Dernière minute
Société
Batonga, bafinga, mapata ekweya te ! Sebondo ya machine na jeu…". Cette phrase en lingala avec deux mots français signifie : " Qu'ils calomnient, qu'ils insultent, le nuage ne tombera pas ! Sebondo de la machine en jeu…".
La traduction en français d'un mot ou d'une phrase en…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
La coordination provinciale de la société civile Forces vives de l'Ituri salue la reprise des activités des acteurs humanitaires à Nyakunde dans la chefferie des Andisoma en territoire…
Étranger
Guatemala - Les ambassades du Maroc au Panama, au Guatemala, en République dominicaine et au Salvador ont organisé des réceptions à l’occasion du 27e anniversaire de l’accession de Sa Majesté le…
Nation
Un nouveau Centre de traitement Ebola (CTE) de 100 lits a été inauguré mardi, lors d'une cérémonie organisée dans la périphérie de Bunia capitale provinciale de l'Ituri dans le Nord-Est de la…
Léon Abedi (AMIKO) : «La coopération entre la RDC et la République de Corée est pragmatique et mutuellement bénéfique»
Secrétaire Général au ministère de la Culture, Arts et Patrimoine, M. Léon Abedi Tshenengwa assume la présidence en exercice de l’AMIKO, l’Association des anciens boursiers de la KOICA (l’Agence coréenne de coopération internationale) en République démocratique du Congo.
Originaire de Kama, dans la province du Maniema, il est diplômé en sciences politiques et administratives de l'Université de Kisangani. Formé à la diplomatie à l'Institut de Relations Internationales du Cameroun (IRIC) grâce à une bourse du gouvernement allemand, M. Léon Abedi Tshenengwa incarne, à ce jour, la longue tradition de l'excellence administrative. Son riche parcours lui a permis d’être ancré au cœur de la coopération internationale de 1998 à 2022.
C’est dans ce contexte qu’il a été abordé pour amorcer cette série spéciale d’interview-portrait, consacrée aux membres de l'AMIKO et à l'impact de la coopération bilatérale entre la RDC et la République de Corée.
Dans cet entretien exclusif accordé au quotidien «Forum des As» et à l’hebdomadaire «Nouvel Observateur», il se livre, sans détour, sur sa vision de la gouvernance. Mettant également le curseur sur la valeur de la rigueur et les voies d'émergence pour le pays, le président de l’AMIKO éclaire l’opinion sur les défis de la culture congolaise et sur l'impact transformateur des programmes de formation en Corée du Sud, aux côtés de la KOICA. Interview.
Quels ont été les moments les plus marquants de votre parcours professionnel?
Léon Abedi Tshenengwa : Mes moments les plus marquants résident d'abord dans le fait de m'être toujours senti encouragé, soutenu et apprécié par l'ensemble de mes chefs successifs, ainsi que par mes collaborateurs. Tous m'ont témoigné une réelle reconnaissance à travers des évaluations positives.
Par ailleurs, il y a la satisfaction d'avoir réussi tous mes concours et tests de recrutement, depuis le grade de Chef de bureau, puis de Chef de division, de Directeur jusqu'à celui de Secrétaire Général. Je n'ai jamais échoué à un concours. Au fil du temps, j'ai franchi chaque échelon de la hiérarchie administrative dans les structures de collaboration et de commandement.
Les leçons que je tire de ce parcours sont multiples. D'abord, le monde du travail est un espace d'apprentissage permanent : quand on aime son métier et qu'on l'exerce avec passion, on apprend chaque jour. Ensuite, la patience et la persévérance sont indispensables face aux complexités des relations humaines et professionnelles. Il faut viser l'excellence et faire son travail le mieux possible, sans se lamenter, car la rigueur finit toujours par payer et par faire progresser simultanément le service et l'individu.
Quels sont aujourd'hui les principaux défis et priorités de votre secteur d'activité?
Concernant les défis, la priorité absolue va à la mobilisation des ressources financières pour l'exécution des projets stratégiques, la modernisation des infrastructures culturelles et artistiques, ainsi que la valorisation et la protection du patrimoine culturel national. Nos priorités opérationnelles reposent sur la promotion de la diversité culturelle, l'accompagnement sur le terrain des artistes et des industries créatives, et le renforcement des capacités institutionnelles pour garantir une gouvernance optimale du secteur.
Vous avez bénéficié d'un programme de formation soutenu par la KOICA. Pouvez-vous nous rappeler le cadre et les objectifs de cette formation ?
J'ai suivi le programme axé sur le renforcement des capacités institutionnelles et la gestion publique. Les objectifs principaux étaient de s'approprier les meilleures pratiques internationales en matière de planification stratégique et de Gestion Axée sur les Résultats (GAR), tout en renforçant l'efficacité globale de l'administration publique à travers le transfert de compétences méthodologiques et le partage d'expériences.
Quels enseignements ou compétences acquis en Corée du Sud ont eu le plus d'impact sur votre carrière ?
C'est avant tout l'immersion dans la culture de la rigueur, de la ponctualité et du respect strict des procédures administratives. La méthode coréenne de planification rigoureuse et la gestion axée sur les résultats m'ont profondément marqué. Cela a transformé ma manière d'aborder le traitement des dossiers au quotidien, en privilégiant l'efficacité, la précision et le sens aigu du timing dans l'exécution des tâches.
Comment cette expérience a-t-elle contribué à améliorer votre contribution au développement de votre institution en RDC ?
Cette expérience m'a permis d'insuffler une approche beaucoup plus méthodique dans l'organisation du travail et dans la formulation des politiques de développement. Au sein du Secrétariat Général, j'ai impulsé une dynamique d'amélioration continue auprès de mes collaborateurs en leur transmettant ces exigences de discipline professionnelle, de rigueur et d'efficacité opérationnelle afin d'élever le niveau de performance de notre administration.
Quels aspects du modèle de développement coréen pourraient inspirer la RDC dans sa marche vers l'émergence ?
La RDC peut s'inspirer de la discipline au travail, du sens de l'organisation et surtout de l'investissement massif dans le capital humain à travers l'éducation et la formation professionnelle. À cela, s'ajoutent la rigueur constante dans la mise en œuvre des politiques publiques et le maintien d'une vision stratégique à long terme, axée sur l'innovation.
Quel regard portez-vous sur la coopération entre la RDC et la République de Corée, notamment via la KOICA ?
Je porte un regard extrêmement positif. C'est une coopération pragmatique et mutuellement bénéfique. À travers les interventions de la KOICA, ce partenariat touche directement des secteurs clés, tels que le renforcement des capacités institutionnelles, la santé et le développement communautaire. Ces actions contribuent concrètement à l'amélioration des conditions de vie de nos populations et à la modernisation de nos institutions.
En tant que Président de l'AMIKO, quelle est la valeur ajoutée de votre association pour le pays ?
L'AMIKO constitue un cadre privilégié de synergie, d'échange et de partage d'expertises entre tous les anciens bénéficiaires des programmes coréens. L'association permet de maintenir ce réseau d'excellence actif, de consolider les acquis des formations reçues en Corée et de mettre cette intelligence collective au service du développement socio-économique de la RDC, à travers des conseils avisés aux institutions et des initiatives de terrain.
Quel message souhaitez-vous adresser à la jeunesse congolaise et aux futurs boursiers internationaux ?
Mon message à la jeunesse et aux futurs bénéficiaires est de faire preuve d'une discipline constante, de curiosité, de rigueur et d'amour du travail bien fait. La formation internationale est une chance inestimable, mais c'est l'engagement personnel, la persévérance et le sens des responsabilités, une fois de retour au pays, qui permettent de transformer ces acquis en actions concrètes pour bâtir l'avenir de notre nation. Il faut croire en soi, viser l'excellence et ne jamais cesser d'apprendre.
Propos recueillis par Yves Kalikat (Forum des As) et Luc-Roger Mbala (Le Nouvel Observateur)