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Rumangabo: le mouvement Badilika alerte sur de graves violations des droits humains
Le mouvement citoyen Badilika dévoile des faits d’une extrême gravité commis dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans un communiqué glaçant publié hier jeudi 22 mai, par l’organisation dénonce des violations massives des droits humains et du droit international humanitaire dans les centres de formation de Rumangabo, au cœur du territoire de Rutshuru, théâtre d’exactions indicibles.
Selon cette alerte, des éléments des forces de défense et de sécurité capturés après la chute des villes de Goma et de Bukavu, ainsi que de nombreux jeunes originaires de la région, auraient été enrôlés de force et soumis à des traitements inhumains et dégradants. Badilika évoque des disparitions forcées, des actes de torture, des exécutions extrajudiciaires et des empoisonnements, perpétrés au sein du centre militaire de Rumangabo et dans les cachots souterrains de Tchanzu et Runyonyi.
Le document rapporte également des morts survenues lors de transferts entre ces sites, dans des conditions qualifiées d’inhumaines. La prison centrale de Rutshuru servirait, par ailleurs, de lieu d’interrogatoire sous la torture. Le mouvement citoyen désigne nommément le commandant Makenga Sultan comme principal responsable de ces exactions, avec la complicité de deux officiers identifiés : Nangaa et Bertrand.
Face à ces faits qu’elle qualifie de crimes graves, l’organisation exige une enquête internationale indépendante, sous l’égide des Nations Unies. Elle appelle à la libération immédiate des personnes détenues arbitrairement et à la restitution des corps aux familles, dans le respect de la dignité humaine.
Badilika réclame également des réparations intégrales pour les victimes et exhorte les autorités congolaises, la Monusco, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et la Commission africaine des droits de l’homme à se mobiliser sans délai.
«Ces actes ne peuvent rester impunis. La protection de la vie humaine et des droits fondamentaux est une obligation internationale à laquelle aucun État ne peut se soustraire», conclut l’organisation citoyenne dans ce communiqué.
J.A