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Ba trop sur bafaza mokate". Cette phrase n'est pas du lingala pur, mais plutôt du lingala argotique. Ce que le langage populaire des habitants de Kinshasa surnomment le "kindoubill" ou l'argot de Kinshasa mélangé à des expressions typiques.
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Rentrée scolaire perturbée hier à Kinshasa
* Un faux communiqué du Gouvernorat a démotivé de nombreux parents qui ont dû retenir leurs enfants à domicile
La rentrée scolaire qui devait marquer un nouveau départ pour des millions d'élèves congolais a été fortement perturbée hier à Kinshasa. Pour cause, un communiqué largement relayé sur les réseaux sociaux, attribué au Cabinet du Gouverneur de Kinshasa. Communiqué appelant les parents à la vigilance en raison de prétendues menaces sécuritaires liées au verdict du procès de l'ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, attendu ce mardi 2 septembre. Ce communiqué démenti la veille par le Gouvernement de la ville-province, invitait les parents à la vigilance avant d'envoyer leurs enfants à l'école.
De ce fait, plusieurs établissements à Kinshasa ont enregistré une faible affluence. Au Complexe scolaire La Grâce de Limete, sur 62 élèves attendus en 5? primaire, seuls 15 ont répondu présent.
" Les parents ont eu peur à cause de ce communiqué. C'est malheureux de commencer l'année avec des bancs vides ", a regretté M. Kalume, enseignant dans cet établissement.
Même constat à l'école Saint Augustin de Limete. "Dans une classe où nous attendions près de 45 élèves, à peine 18 sont venus. Nous étions prêts pour la reprise, mais les parents ont préféré jouer à la prudence", nous a confié une institutrice.
" LA PRUDENCE A PRIME "
" J'avais préparé mes filles pour la rentrée. Mais, quand j'ai vu ce communiqué, j'ai décidé de les garder à la maison. On ne peut pas prendre de risque ", a expliqué Mme Joséphine Lufingu, mère de deux élèves du Complexe La Grâce.
D'autres se sont dits frustrés par cette situation. "Comment peut-on manipuler les familles avec un faux document officiel ? Cela mine la confiance et perturbe l'éducation de nos enfants. Que l'Etat puisse censurer ce genre de posts et punir les auteurs de ces actes", s'est indigné un père rencontré devant l'école Saint Augustin.
UNE RENTREE SCOLAIRE FRAGILISEE
Pour sa part, la ministre d'État à l'Éducation nationale, Raïssa Malu, a confirmé hier lundi 1er septembre, la tenue effective de la rentrée scolaire sur toute l'étendue du territoire. Selon elle, des mesures ont été prises pour garantir la continuité de l'éducation avec le soutien des partenaires.
Au regard des menaces de grève des enseignants, la désinformation et les craintes sécuritaires, la rentrée scolaire 2025 s'est ouverte dans un climat tendu. Dans les cours de récréation clairsemées de Kinshasa, parents et enseignants ont constaté avec amertume que ce sont finalement les élèves qui paient le prix de cette confusion.
Tricya MUSANSI