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POUR RESOUDRE LA CRISE SECURITAIRE DANS L'EST : Delly Sesanga préconise une approche politique et diplomatique dans la demarche de la Cenco et de l'ECC
Le président de l'ENVOL est vivement favorable à une solution politique et diplomatique face à la crise sécuritaire qui secoue l'Est du pays. Delly Sesanga s'est ainsi exprimé, le mercredi 5 février lors d'une rencontre avec les représentants de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) et de l'ECC (Église du Christ au Congo), il a martelé l'importance de chercher des solutions qui préservent à la fois la vie des citoyens congolais et l'intégrité du territoire national.
Selon Delly Sesanga, " la logique exclusivement militaire a montré ses limites. Aujourd'hui, la solution est politique et diplomatique. Il faut donc explorer toutes les voies, pour qu'une telle solution épargne à la fois les vies de nos citoyens et préserve la stabilité de notre pays et l'intégrité de notre territoire. " Il a insisté sur la nécessité d'un diagnostic approfondi pour éviter de répéter les erreurs du passé.
Dans cette démarche, Delly Sesanga a fait valoir que certains acteurs sont responsables de la dégradation sécuritaire actuelle, par leurs décisions ou leurs actions.
" Nous avons formulé un certain nombre de préalables, mais aussi un certain nombre de contributions pour pouvoir faire face à des écueils que nous avons rencontrés par le passé, et répondre aux contraintes de la situation telle qu'elle se présente aujourd'hui", a-t-il précisé. Le président de l'Envol a appelé tous les Congolais à prioriser l'intérêt du pays au détriment des intérêts personnels.
Pacte Social pour la Paix
L'Église catholique et l'ECC poursuivent leur consultation en vue de présenter leur initiative, intitulée " Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands-Lacs ". Selon Éric Nsenga, secrétaire général de l'ECC, cette démarche repose sur une approche mixte, à la fois interne et externe.
L'objectif est de construire un consensus national autour des valeurs ancestrales telles que l'approche Buntu, pour résoudre les conflits politiques, ethniques et militaires. "Aujourd'hui nous avons une bonne expérience à puiser à partir de cette approche Buntu qui passe éventuellement par la discussion ou le dialogue au niveau collectif ", a expliqué Eric Nsenga.
Le pacte social prône également une vision plus large que la simple résolution de conflits immédiats. Selon le SG de l'ECC, l'objectif est de traiter les causes profondes des crises actuelles, souvent enracinées dans l'histoire de la RDC.
" D'aucuns disent que le dialogue au Congo ne vise qu'à résoudre les agendas des acteurs ou des protagonistes. Et, par conséquent, une fois que les agendas des individus trouvent satisfaction, l'essentiel est oublié, le pays est oublié, la population est ignorée et le cycle se maintient", a-t-il analysé.
Pour l'ECC, la réussite de ce projet repose sur des consultations préparatoires et la mise en place de commissions thématiques pour aborder les questions de défense et sécurité, de cohésion sociale et de réconciliation.
Le cardinal Fridolin Ambongo a pris soin de souligner l'importance de ces échanges pour promouvoir une solution durable. " Vous n'êtes pas seuls, vous êtes toujours au cœur de nos prières et de nos préoccupations dans l'espérance de la foi de nos convictions religieuses ", a-t-il rassuré les populations du Nord-Kivu.
Fayulu et Tshisekedi soutiennent le projet
Le 4 février, l'opposant politique Martin Fayulu a rencontré à son tour les représentants de la Cenco et de l'ECC pour discuter de cette initiative. Le révérend Éric Nsenga a rapporté que Martin Fayulu a accueilli favorablement le projet. " Il a formulé des observations de fond et apporté des contributions pertinentes. Nous sommes sortis d'ici avec un consensus clair sur l'importance de construire la cohésion nationale ", a-t-il déclaré.
Avant Martin Fayulu, ce projet a également été présenté au président Félix Tshisekedi, qui l'a salué et encouragé. " C'est un projet louable ", a indiqué Monseigneur Donatien Nshole, porte-parole de la Cenco, en rappelant que le chef de l'État a souligné l'importance de la cohésion nationale pour faire face aux défis actuels.
Le Cardinal Fridolin Ambongo, lors de la rencontre avec le président Tshisekedi, a exprimé sa solidarité envers les populations du Nord-Kivu, durement touchées par le conflit. " Vous n'êtes pas seuls, vous êtes toujours au cœur de nos prières ", a-t-il assuré.
La situation sécuritaire critique
La situation dans l'Est de la RDC reste critique, exacerbée par la récente prise de la ville de Goma par l'armée rwandaise. Les combats ont fait au moins 3 000 morts et 2 800 blessés, tandis que la situation humanitaire est alarmante. Plusieurs organisations humanitaires ont été victimes de pillages systématiques, ce qui aggrave encore les souffrances de la population locale.
Dans les jours à venir, d'autres acteurs politiques et de la société civile seront consultés pour enrichir la feuille de route de ce projet.
Christian-Timothée MAMPUYA