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» Pas de léthargie » affirme, preuves à l’appui, Chantal Kanyimbo
* Les recommandations prioritaires sont déjà dans les pipelines pour leurs mises en œuvre, précise la rapporteure du Comité de suivi
Chantal Kanyimbo, qui ne connait? Quand cette monstre sacrée du petit écran évoque les médias, elle sait de quoi elle parle. Elle qui a gravi tous les échelons dans le métier d’informer. Elle qui a dirigé le cadre fédérateur de la profession qu’est l ‘ UNPC. Elle qui se trouve être la rapporteure du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication( CSAC). C’est du haut de cette expertise et expérience cumulées et accumulées que Chantal Kanyimbo a été portée au poste de rapporteure du Comité de suivi des États généraux de la Communication et des Médias. Qu’en est il justement de la mise en oeuvre des résolutions de la énième grand-messe des professionnels des médias ? Réponse dans cette interview.
Qu’est ce qui a déjà été fait dans le sens de la mise en oeuvre des résolutions des EGCM depuis la fin des assises fin janvier?
Au cours de la session d’avril, nous avons fait l’évaluation de la mise en oeuvre des quatre-vingts recommandations des EGCM. Le Comité de suivi a déjà été mise en place et fonctionne conformément aux textes de sa création, puisque nous en sommes à la deuxième session depuis sa mise en place.
Le Président du Comité de suivi, en l’occurrence le Ministre de la Communication et des médias a déjà envoyé au gouvernement les deux avant-projet lois pour le cadre légal de l’exercice de la liberté de presse en République Démocratique du Congo : il s’agit notamment de l’avant- projet de loi actualisant la loi sur les modalités de l’exercice de la liberté de presse ; l’avant-projet loi portant statuts du journaliste en RDC ; du moratoire pour la suspension des arrestations des journalistes en attendant la dépénalisation des délits de presse. Nous savons que la classe politique pense que dépénaliser les délits de presse, c’est consacrer l’impunité des journalistes. Il n’en est rien du tout dans un pays démocratique où règne l’État de droit. Les fautes professionnelles des journalistes seront sanctionnées par d’autres mécanismes professionnels et des amendes par exemple. Des nombreux pays africains ont déjà dépénalisé les délits de presse et remplacer les sanctions par un code civil. Les professionnels de la presse et des médias ne demandent pas d’être au-dessus des lois, mais pensent que dans un contexte démocratique, il est malaisé de procéder aux arrestations des journalistes pour des faits relevant de l’exercice de leur métier.
Donc, les recommandations que les États généraux de la communication et des médias considéraient comme prioritaires, sont déjà dans les pipelines de leurs mises en oeuvre.
La feuille de route avec un chronogramme pour la mise en œuvre des autres recommandations a été justement adoptée par les membres de l’assemblée plénière du Comité de suivi au cours de cette session d’avril.
Au sein de la profession, certaines organisations dénoncent ce qu’elles appellent » léthargie » post- EGCM. Votre réaction.
Comme, je vous disais : il y a des actions que nous estimons prioritaires pour améliorer l’écosystème du paysage médiatique de notre pays. Il s’agit d’abord du cadre légal qui organise le secteur. Les textes légaux et réglementaires de ce cadre se trouvent sur la table du gouvernement qui les examine avant de les transmettre à l’assemblée nationale. Je ne pense pas qu’il faille parler de léthargie. La mise en œuvre des recommandations des EGCM exige un travail technique et politique à faire à court, moyen et long terme. C’est tout l’arsenal juridique qui sera touché par exemple pour la question qui nous tient à cœur : la dépénalisation. C’est ce travail a la fois technique et de lobbying que le Comité de suivi est appelé à réaliser pour atteindre les objectifs d’amélioration de l’écosystème des médias pour un exercice responsable des métiers d’informer. Propos recueillis par J.N.