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Nord-Kivu : l’Union européenne pour »la condamnation totale » des auteurs du massacre de Kishishe
* « L’ouverture d’une procédure judiciaire contre les auteurs de ces crimes, maintenant que le village a été évacué par le M23, est une priorité absolue », écrit à ce propos l’ambassadeur Jean-Marc Châtaigner sur son compte twitter.
Ambassadeur de l’Union européenne en République démocratique du Congo, Jean-Marc Châtaigner fustige les atrocités commises par les troupes du M23 dans l’est du pays. Visiblement indigné par les scènes macabres, dénoncées dans un reportage de TV5 par les rescapés du massacre de Kishishe, au Nord-Kivu, le diplomate européen appelle à »une condamnation totale » des auteurs des crimes, tapis dans les rangs de ce groupe armé soutenu par Kigali.
« Les images et témoignages sur le massacre de civils commis à Kishishe, en RDC, sont édifiants et appellent une condamnation totale. L’ouverture d’une procédure judiciaire contre les auteurs de ces crimes, maintenant que le village a été évacué par le M23, est une priorité absolue« , écrit à ce propos Jean-Marc Châtaigner dans un tweet posté sur son mur hier mercredi 12 avril.
Dans ce reportage du Journal Afrique de TV5 Monde, diffusé sur les réseaux sociaux, nos confères font parler les rescapés du massacre de Kishishe, après le retrait du M23 de ce village martyr du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC. Dans ce récit, les reporters de TV5Monde font une descente dans cette zone abandonnée où ils recueillent les témoignages des survivants du drame, trois jours après le départ de leurs bourreaux.
Le massacre des chrétiens
Lorsqu’ils s’emparent de ce village le 22 novembre 2022, les insurgés du M23 massacrent au moins 170 personnes rapportent les Nations unies. Sur la route, les passants découvrent restes humains (cranes, squelettes…) jonchant les différentes artères de ce milieu rural. Ces crestes de corps humains témoignent de l’horreur vécu sur le lieu.
Les témoins gardent encore frais dans leurs mémoires le massacre de l’église adventiste de Kishishe, lorsqu’en slalomant à travers les pistes de ce village, ils sont contraints d’enjamber des cadavres disséminés ci et là. Caché dans les toilettes de l’église, un cultivateur se souvient et témoigne.
D’après lui, les hommes du M23, soupçonnant les fidèles présents d’être des miliciens et non des déplacés, leur ont demandé de quitter le temple et de se rendre dans une bananeraie proche. Ils étaient alors sommés de poser leurs pieds dans une fosse où ils ont été abattus et enterrés. « On était sidéré. Personne à part Dieu, ne pouvait nous aider », a lâché le témoin, s’exprimant en swahili.
Abattus et enterrés
Une fois remplis, ces trous étaient couverts et les assaillants en creusaient d’autres. C’est ainsi que les villageois ont été enterrés dans des fosses communes dans la bananeraie. Le témoin reconnait avoir lui-même été contraint de le faire. Par la suite, rapporte-t-il, les assaillants ont posé les bois servant à la construction des logis sur des cadavres, avant d’y verser de l’essence et de brûler tous les corps.
Depuis, note le commentateur du reportage, la population de Kishishe est plongée dans le traumatisme. Elle ne semble plus avoir confiance aux troupes des forces locales et étrangères (casques bleus, force régionale est-africaine…) censées les protéger.
L’Union européenne soutient la justice congolaise
Ayant enregistré près de 26 millions de vues, ce reportage ne cesse de susciter des commentaires. « L’Union européenne soutient la justice congolaise pour qu’elle établisse les faits et juge les responsables de ces atrocités. Il faut impérativement casser le cycle de violences et d’impunité qui est un des moteurs de la perpétuation de la guerre« , réagit à cet effet l’ambassadeur Jean-Marc Châtaigner, à travers un tweet.
« Aucune paix durable, aucun travail de réconciliation entre les communautés, aucun programme de désarmement, démobilisation et réinsertion communautaire des anciens combattants des groupes armés, ne pourront être menés à bien, sans que la justice ne soit rendue aux victimes« , a-t-il conclu sur le mur de son compte twitter. Yves KALIKAT