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La CNDH ne confirme qu’un seul mort et moins de 30 arrestations le 12 juin à Kinshasa à l’issue du sit-in
Le président de la Commission nationale des droits humains (CNDH), Paul Nsapu, a remis en question une partie des bilans avancés après les incidents survenus lors du sit-in de l’opposition le 12 juin à Kinshasa. Intervenant samedi sur un Space animé par le journaliste Stanis Bujakera, il a affirmé que la CNDH ne confirme à ce stade qu’un seul décès et estime que le nombre total d’arrestations, d’interpellations ou de personnes signalées disparues ne dépasserait pas une trentaine.
Concernant les pertes en vies humaines, Paul Nsapu a indiqué que les investigations menées par son institution n’ont pas permis de corroborer l’existence d’une deuxième victime, contrairement aux chiffres relayés par certains responsables de l’opposition. Selon lui, l’homme présenté sur plusieurs vidéos comme étant décédé après avoir reçu une pierre à la tête devant le siège de l’ECiDé est toujours vivant.
« Je ne confirme pas un mort parce qu’on n’a pas retrouvé le deuxième mort dont on parle tant », a déclaré le président de la CNDH. Il a précisé avoir rencontré lui-même cet homme, connu sous le sobriquet de Ngadajika, dans un hôpital relevant de la police, sans toutefois révéler le nom de l’établissement pour des raisons de sécurité.
TROIS MEMBRES DES MOUVEMENTS CITOYENS ENCORE DÉTENUS
Sur le volet des arrestations, Paul Nsapu a fait savoir que des équipes de la CNDH ont effectué une tournée dans plusieurs cachots et centres de détention de la capitale afin d’établir un état des lieux précis. Les premières vérifications effectuées par l’institution indiqueraient un nombre d’interpellations inférieur aux chiffres avancés sur les réseaux sociaux.
Parmi les personnes localisées figure Georges Bingui Sepa, aperçu sur des images tentant de protéger l’opposant Martin Fayulu lors des échauffourées. Détenu au camp Lufungula, il devrait être libéré dans les prochaines heures grâce aux démarches entreprises par les avocats de l’ECiDé, selon le président de la CNDH.
Paul Nsapu a également signalé que trois membres de mouvements citoyens demeuraient encore détenus aux Services spéciaux au moment de son intervention. La CNDH assure suivre de près l’évolution de leur situation.
LA CNDH PROMET DE FAIRE LA LUMIÈRE SUR LES ÉVÉNEMENTS
Autre élément révélé par le responsable de l’institution : l’interpellation d’un jeune homme âgé d’environ 18 à 20 ans qui aurait déclaré devant les officiers de police judiciaire avoir ramassé une machette sur les lieux des affrontements enregistrés aux abords du Palais du peuple. Selon les propos rapportés par Paul Nsapu, le jeune homme se présenterait comme sympathisant de l’opposition.
Alors que les versions divergent encore sur les responsabilités des violences qui ont émaillé la manifestation, la CNDH promet de faire toute la lumière sur les faits. Son président a annoncé la publication, dans les prochains jours, d’un rapport d’enquête détaillé destiné à établir les circonstances exactes des événements et les responsabilités éventuelles des différents acteurs impliqués.
« Nous allons dire qui a provoqué, qui a fait quoi », a assuré Paul Nsapu, tout en reconnaissant l’existence de « dérives de part et d’autre ».
Par cette enquête, la CNDH entend contribuer à l’apaisement du climat politique tout en rappelant la nécessité de garantir les libertés fondamentales et le respect des droits humains dans la gestion des manifestations publiques.
Jérémie ASOKO