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Médias: Les raisons de la mise à prix de la tête de Patrick Muyaya
* Les détracteurs du ministre de la Communication et Médias visent en réalité à affaiblir le chef de l’Etat en tentant de l’éloigner de l’un de ses plus fidèles et dynamiques lieutenants.
Les funérailles Mayimputu alias Kwedy, retransmises en direct, le mercredi 14 septembre sur la RTNC (Radiotélévision nationale congolaise), n’ont pas seulement été l’occasion de rendre un dernier hommage à ce talentueux acteur de théâtre de boulevard en RD Congo. Bien au contraire, elles ont également été l’occasion, pour un groupe d’agents de ce média public, de mener un combat de syndicalistes.
Profitant de la présence du Président Félix Tshisekedi à ces obsèques, ces derniers ont bravé le dispositif, à la fois sécuritaire et protocolaire, pour lui présenter leur cahier des charges. Quand bien même qu’il s’est agi de l’enterrement d’un grand homme de spectacle, d’aucuns jugent cependant de trop et même d’inopportune, la scène que ces agents de la RTNC ont improvisée le mercredi dans l’enceinte de ce principal média audiovisuel de l’Etat.
Evidemment, il est reconnu à tout employé, le droit légitime de revendiquer l’amélioration de ses conditions socioprofessionnelles. En même temps, ce même droit prévoit des béquilles, des garde-fous en termes de modalités pratiques qui sous-tendent toute action de syndicalisme.
Au demeurant, peu importe la pertinence des désidératas exprimés au Chef de l’Etat, nombre d’observateurs ont tout de suite désapprouvé la démarche, la voie empruntée par les manifestants. Les érudits et autres hérauts du droit diraient simplement : « La forme corrompt le fond». Le mal ayant déjà été fait, reste à gérer la situation d’après.
D’ores et déjà, certains esprits alertes considèrent cette manif « spontanée » d’un groupe d’agents de la RTNC, comme étant le fameux arbre qui cache la forêt. Selon ceux qui soutiennent cette thèse, en s’adressant directement au Président de la République, ces fonctionnaires de la Radiotélévision nationale congolaise, ont indirectement accusé le ministre sectoriel. A la limite, réclamer son départ du Gouvernement, mais sans le dire.
Secret de polichinelle. Depuis quelques jours, des bruits autour de l’imminence d’un remaniement du Gouvernement Sama Lukonde, courent dans tous les sens à Kinshasa. Normal, que l’on puisse évaluer l’action de chaque membre du Gouvernement, à l’aune des résultats. C’est donc cette évaluation sectorielle qui commande la retouche de l’équipe. Car, à ce jour, les Congolais notent la présence de plusieurs ministres amorphes et inaudibles, après plus d’une année de leur entrée en fonction.
Cependant, il s’avère que l’actuel patron des médias congolais compte parmi les «Warriors» qui sortent du lot. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Patrick Muyaya aura marqué son bail au palais de l’avenue Tombalbaye, par des actes qui l’auront immortalisé. La pratique sociale étant le principal, sinon le seul critère de la vérité, l’opinion nationale retient entre autres, le fait que l’arrivée de Patrick Muyaya à la tête du ministère de la Communication et des médias, a bougé les lignes dans un secteur hypersensible qu’est celui des médias.
Le précurseur du «Narratif» a effectivement innové, en apportant un nouveau paradigme dans la communication institutionnelle. Conscient de ne pas avoir des réponses à toutes les questions sur des sujets d’intérêt général, Patrick Muyaya ne s’est jamais gêné pour faire appel à son collègue du secteur concerné, pour éclairer la lanterne de l’opinion, via une rencontre avec les professionnels des médias.
Malheureusement, il se trouve que cette politique de communication n’arrange pas certaines personnes, férues de la fameuse politique de «Otes-toi de là, que je m’y mette ». Le fait, pour un groupe d’agents de la RTNC, de s’adresser directement au Chef de l’Etat, c’est la tête de Patrick Muyaya qui est mise à prix. Cela, pour deux principales raisons.
« La meilleure façon d’inviter un homme à la bagarre, est de gifler sa femme », renseigne une sagesse populaire africaine. Partant, de nombreux observateurs infèrent que ceux qui s’attaquent à Patrick Muyaya, visent en réalité, le Président de la République lui-même. Et, vouloir coûte que coûte le déstabiliser, c’est chercher à affaiblir Fatshi.
A ce jour, on peut dire sans le dire, que le porte-parole du Gouvernement figure parmi les fidèles du Chef de l’Etat. Muyaya est donc l’incarnation du dicton «aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années». A ce titre, il s’emploie à tordre le cou au désordre ambiant qui caractérise le secteur des médias en RD Congo. On lui reconnait volontiers, l’organisation du 25 au 28 janvier dernier à Kinshasa, des Etats généraux de la Communication et des médias.
On rappelle que pendant trois jours, les experts du secteur avaient réfléchi sur le thème : «Quelles perspectives pour les médias congolais à l’ère du numérique, enjeux et défis de développement durable ». Ces assises, faut-il le souligner, traduisaient la volonté politique du Gouvernement, via son ministre de tutelle, de renforcer ce secteur, de promouvoir effectivement les médias afin de les amener à jouer pleinement et efficacement, leur rôle de quatrième pouvoir, tel que recommandé par le Président de la république, dès le début de son quinquennat.
En organisant ces états généraux de la communication et des médias, Patrick Muyaya a donc voulu traduire en actes, cet engagement de Fatshi. Et, pour assurer le nécessaire service après vente, un Comité en charge de suivi des recommandations desdites assises, avait été mis en place. Le dispositif est bel et bien sur les rails. Muyaya est donc en train de tordre le cou au désordre ambiant dans son secteur. Ce qui semble ne pas du tout arranger ses détracteurs. Ceux-là même qui ont peur de voir l’ordre revenir dans le paysage de la communication et des médias en RD Congo. Comme qui dirait : »Quiconque trouve son compte dans une situation- bien qu’elle soit décriée par tous- voudrait que celle-ci dure le plus longtemps possible.
Vu des observateurs, toutes ces raisons expliquent le combat actuel contre Patrick Muyaya, dans l’espoir que la mise en scène du mercredi 14 septembre à la RTNC, pourrait ainsi pousser le Chef de l’Etat à décider lors du prochain remaniement.
AU FRONT MEDIATIQUE SUR LA QUESTION RWANDAISE
Comment faire le procès de l’action de Patrick Muyaya, sans mettre également en exergue, son combat mené au font médiatique, sur la question de la énième occupation d’une partie du territoire de l’Est de la RD Congo, par le Rwanda. Plus d’une occasion, le porte-parole du Gouvernement n’a jamais porté de muselières pour dénoncer publiquement le Rwanda.
L’opinion aura remarqué, une fois de plus, que Patrick Muyaya se trouve souvent dans la suite du Chef de l’Etat dans les différents sommets régionaux et sous-régionaux, consacrés notamment à la situation sécuritaire dans l’Est du pays, considéré non sans raison, comme le ventre mou de la RD Congo. Et, à chacun de ces déplacements, Patrick Muyaya a toujours développé des actions de communication, pour dénoncer l’agresseur rwandais. Y aurait-il mieux à faire d’autre, que de rester dans les limites de ses compétences ?
Tout bien considéré, Patrick Muyaya, on peut l’affirmer sans prétérition, n’ pas vocation à plaire à tout le monde. Les «frileux», face à la dynamique des réformes qu’il a engagées, ne peuvent que vouloir son départ du Gouvernement. Fatshi est-il soluble dans des mises en scène qui, en réalité, ne visent pas leurs cibles apparentes ? Proverbialement, la question se pose d’elle-même et, «poser la question, c’est déjà y répondre», . jugeait Jean Emmanuel Ray. Grevisse KABREL