Dernière minute
Société
Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a ordonné à l’Auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d’ouvrir une enquête judiciaire après la diffusion d’une vidéo montrant de graves violences présumées impliquant des…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
* Des voix se lèvent pour la nomination de Lisanga Bonganga, Gabriel Mokia, Yves Kabaidi et Dorcas Adikoko au sein de l'équipe gouvernementale.
Dans l'opinion, les rumeurs sur le…
Étranger
À la tribune du Forum diplomatique d’Antalya 2026, le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a livré une intervention dense et structurée, au croisement des enjeux…
Nation
Le Courant des Démocrates Rénovateurs, CDER, avance avec une ligne claire : organiser, structurer et s'unir autour de la vision de son initiateur, Jean-Lucien Busa. Une orientation assumée par ses…
Martin Fayulu prend acte, mais exige l’inclusion de la Résolution 2773
La coalition politique Lamuka, aile Martin Fayulu, a réagi officiellement à la signature, samedi 19 juillet à Doha, de la Déclaration de principes entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23). Si elle salue une avancée vers un accord de paix global, Lamuka insiste sur des conditions incontournables pour une paix durable, dont l’application intégrale de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies et l’organisation d’un dialogue national inclusif sous médiation congolaise et africaine.
«La coalition politique Lamuka prend acte avec intérêt de la signature, à Doha, de la Déclaration de principes entre les représentants du Gouvernement de la RDC et ceux de l’AFC/M23. Cette déclaration constitue une étape importante en prélude à la conclusion d’un accord de paix global attendu dans les prochains jours», lit-on dans le communiqué signé par la coalition.
Résolution 2773 de l’Onu
Parmi ces exigences figure au premier rang la mise en œuvre de la Résolution 2773 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies. «Il s’agit notamment des points 2 et 4», précise Lamuka. Le point 2 ordonne au M23 «de cesser immédiatement les hostilités, de se retirer de Goma, de Bukavu et de toutes les zones contrôlées, y compris les routes terrestres et lacustres, et de démanteler dans leur intégralité les administrations parallèles illégitimes». Le point 4, quant à lui, «demande à la Force de défense rwandaise de se retirer immédiatement du territoire de la République démocratique du Congo, sans conditions préalables».
«La paix ne saurait être véritable si elle repose sur des arrangements partiels ou sélectifs», a insisté un cadre de Lamuka contacté hier lundi. «Le peuple congolais a besoin de garanties solides, et ces garanties passent par le respect scrupuleux des résolutions internationales».
"L'exigence de justice pour les crimes commis"
Mais la plateforme de l’opposition met en garde : cette déclaration, pour prometteuse qu’elle soit, ne peut garantir la paix que si elle repose sur des fondements solides.
«Lamuka tient à rappeler que pour garantir une paix durable et véritablement inclusive, certains éléments fondamentaux doivent impérativement être intégrés à l’accord final».
La justice pour les crimes commis à l’Est de la RDC est l'autre condition posée par Lamuka : . «Il ne peut y avoir de paix sans vérité, sans réparation et sans justice», martèle le communiqué. «L’exigence de justice pour tous les crimes commis est essentielle pour garantir la réconciliation».
Lamuka ne s’arrête pas là. La plateforme appelle à «un véritable dialogue national inclusif, réunissant toutes les parties prenantes congolaises, sous la médiation conjointe de la Cenco et de l’ECC, avec la facilitation de l’Union africaine».
Pour la coalition, «l’unité, la réconciliation et la cohésion nationale ne peuvent être atteintes qu’à travers la cessation effective des hostilités et la mise en place d’un processus politique inclusif».
La Déclaration de principes signée à Doha prévoit la mise en œuvre immédiate des engagements, au plus tard le 29 juillet, et le début des négociations formelles dès le 8 août, dans le cadre de l’accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda le 27 juin à Washington. L’objectif affiché est de parvenir à un accord global de paix d’ici le 17 août 2025.Ces négociations s’inscrivent dans le cadre dudit Accord de paix entre la RDC et le Rwanda.
le satisfecit de Paris, Bruxelles, l’UE et la Monusco
La satisfecit de Paris, Bruxelles, l'UE et la Monusco ont exprimé leur satisfectit sur la signature de ladite Déclaration.
Ce texte est salué par plusieurs chancelleries et organisations internationales. Emmanuel Macron, président de la République française, a déclaré sur X : «Je salue l’accord de principes par la RDC et le M23/AFC grâce à la médiation du Qatar et de son Émir. Pour le peuple congolais et la région des Grands Lacs, la dynamique de paix recrée l’espoir et la confiance».
Même tonalité à Bruxelles. Maxime Prévôt, vice-Premier ministre belge chargé des Affaires étrangères, a salué une «avancée cruciale» et encouragé les parties à «mettre pleinement en œuvre leurs engagements, de bonne foi».
L’Union européenne, par la voix de son porte-parole pour les Affaires étrangères, Anouar El Anouni, a exhorté les protagonistes à «la mise en œuvre de bonne foi des principes convenus avec l’implication des acteurs régionaux concernés».
La Monusco, par son chef par intérim Bruno Lemarquis, considère la déclaration comme un «pas essentiel sur la voie d’une paix durable» et se dit prête à accompagner sa mise en œuvre, notamment par «l’établissement d’un mécanisme de vérification crédible et consensuel».
Cependant, sur le terrain, les tensions restent vives. Kinshasa accuse la coalition rebelle de vouloir s’emparer de la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu. Selon plusieurs sources, les combats ont fait des milliers de morts depuis le début de l’année, aggravant une crise humanitaire déjà dramatique.
Lamuka exprime sa reconnaissance aux Gouvernements du Qatar et des États-Unis d’Amérique pour leur engagement et leur contribution active à l’avancement de ce processus.
Christian-Timothée MAMPUYA