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À l'Unisic, Muyaya appelle les étudiants à défendre la souveraineté nationale à travers le récit congolais
Dans le cadre de la campagne nationale de vulgarisation de l'accord de paix signé le 27 juin dernier entre la RD-Congo et le Rwanda , le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, s'est rendu à l'Université des Sciences de l'Information et de la Communication (Unisic, ex-Ifasic), aux côtés de la ministre de la Jeunesse et de l'Éveil patriotique, Noëlla Ayeganagato. L'objectif : inviter la jeunesse congolaise à comprendre, porter et défendre le " narratif congolais " dans le processus de pacification de l'Est du pays.
Placée sous le thème " Au cœur du processus de pacification de la RDC : appropriation du narratif congolais par la jeunesse pour une paix durable ", la conférence-débat a mobilisé étudiants, enseignants et chercheurs, sur fond les tensions géopolitiques entre Kinshasa et Kigali, malgré la signature d'un accord politique à Washington.
Patrick Muyaya a appelé les jeunes à prendre part à la construction d'un récit national décolonisé, lucide et rassembleur.
" La République vous regarde. Elle attend vos voix, elle attend vos récits, elle attend vos combats. Et que personne ne vous dise que votre parole ne compte pas. Car une nation qui laisse ses jeunes sans voix est une nation qui creuse sa propre tombe ", a-t-il martelé, appelant les futurs communicateurs à s'emparer du discours sur la paix, la souveraineté et la dignité nationale.
"Une guerre multiforme "
Le ministre a rappelé que les violences dans l'Est s'enracinent dans une longue histoire de compromissions, dont le président Félix Tshisekedi a choisi de s'affranchir pour ouvrir une nouvelle ère.
" Le chef de l'État a refusé de sacrifier la stabilité de certaines régions pour l'exploitation de leurs ressources ", a-t-il déclaré, saluant la fermeté du président face aux ingérences extérieures.
Muyaya a dénoncé l'offensive du Rwanda, non seulement sur le terrain militaire, mais aussi à travers une guerre informationnelle sans précédent. "L'adversaire agit sur plusieurs fronts : militaire, médiatique, diplomatique et économique. Nous faisons face à une véritable invasion informationnelle ", a-t-il alerté, en appelant les jeunes à une vigilance active face aux récits de haine et à la désinformation.
Défendre le Congo par l'unité et la lucidité
Prenant la jeunesse à témoin, le ministre a exhorté les étudiants à ne pas rester passifs dans un moment aussi critique de l'histoire nationale.
" Vous êtes les historiens du présent en formation. Vous ne pouvez pas raconter les présents sans comprendre les passés. Cette guerre est une guerre de survie pour le Rwanda, et cette survie passe par la mort du Congolais. Mais vous et nous, nous allons faire bloc pour défendre notre souveraineté, notre indépendance, notre dignité ", a-t-il déclaré avec vigueur.
Rejetant les justifications du président rwandais Paul Kagame, Muyaya a dénoncé l'instrumentalisation de la question tutsie. " Le Rwanda invoque la protection des Tutsis, alors que la réalité est tout autre : il y a plus de réfugiés rwandais chez nous que l'inverse ", a-t-il souligné.
Pour lui, le véritable enjeu est de réarmer le pays moralement et intellectuellement face à l'agression.
Patrick Muyaya, a insisté sur un principe fondamental du processus de pacification en République démocratique du Congo : " il n'y aura pas de paix durable sans justice".
" Même si nous avons des discussions pour un accord de paix, ne vous y trompez pas : nous ne parviendrons pas à la paix au détriment de la justice ", a-t-il averti, insistant sur le lien inextricable entre vérité, mémoire et réconciliation.
Des mots pour désarmer la haine
Pour les deux membres du gouvernement, il ne s'agit pas seulement de défendre un accord signé le 27 juin à Washington entre la RDC et le Rwanda, mais de susciter un élan national autour de la vérité congolaise, à travers une narration enracinée dans l'histoire, les faits et les aspirations populaires.
Le professeur Jean-Chrétien Ekambo, intervenant à son tour, a prolongé cette réflexion par un appel à la vigilance intellectuelle. Prenant l'exemple de la Seconde Guerre mondiale, il a souligné comment les grandes puissances ont toujours préparé leurs opinions publiques avant d'agir, insistant sur la nécessité pour les élites congolaises de se projeter dès maintenant dans l'après-conflit.
" Depuis 1939, l'Allemagne se préparait, les Américains ont façonné leur opinion avant d'entrer en guerre, et l'attaque de Pearl Harbor n'était qu'un prétexte. Je dis cela pour que vous puissiez, en tant que futurs éducateurs, préparer notre jeunesse à ce qui viendra après la guerre. Préparez notre jeunesse à ce qui viendra après la guerre ", a-t-il exhorté.
Une campagne nationale en gestation
Après l'UNIKIN, l'IFASIC et l'UNISIC, cette campagne de sensibilisation se poursuivra dans d'autres institutions d'enseignement supérieur de Kinshasa et à travers le pays. L'objectif est d'éveiller les consciences, fortifier la cohésion nationale et faire de la jeunesse congolaise non seulement met le placer au coeur de l'accord avec le Rwanda sous les auspices des États-Unis.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO