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L'UE, les États-Unis, la Monusco et le Conseil du Golfe saluent une étape vers un accord de paix
Après trois mois de négociations intenses menées sous la médiation de l'État du Qatar, les délégués du gouvernement congolais et ceux de l'Alliance du Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23), soutenue par le Rwanda, ont signé le samedi 19 juillet, à Doha, une Déclaration de principes en vue d'un accord de paix global. Ce texte est salué par la communauté internationale comme une avancée significative pour la restauration de la paix dans l'Est de la République démocratique du Congo, en proie à une insécurité chronique depuis près de trente ans.
L'impact de cette déclaration s'est rapidement répercuté au-delà des murs de la salle de conférence de Doha. Les réactions diplomatiques ont fusé de partout. Depuis Paris, le président Emmanuel Macron a exprimé son soutien.
" Je salue l'accord de principes signé par la RDC et le M23/AFC grâce à la médiation du Qatar et de son Émir. Pour le peuple congolais et la région des Grands Lacs, la dynamique de paix recrée l'espoir et la confiance. La France poursuivra ses efforts en soutien de la paix ", a-t-il déclaré sur compte X (ex-Twitter).
L'Union européenne, par la voix de son porte-parole pour les Affaires étrangères, Anouar El Anouni, a, elle aussi, exprimé son soutien :
" L'UE salue la signature à Doha d'une déclaration de principes entre RDC et AFC/M23 comme une étape importante vers un accord de paix durable. L'UE exhorte les parties à la mise en œuvre de bonne foi des principes accordés avec l'implication des acteurs régionaux concernés."
La Belgique salue un moment crucial
La Belgique, dont l'histoire est intimement liée à celle du Congo, a salué un " moment crucial " pour la paix dans les Kivu. Le vice-Premier ministre belge, Maxime Prévôt, a insisté sur le rôle du Qatar dans cette avancée diplomatique.
" La Belgique salue la signature d'une Déclaration de principes entre la RDC et l'AFC/M23 à Doha. Cette avancée marque un moment crucial dans la quête de paix et de sécurité pour les populations de l'est de la RDC. Je salue le leadership du Qatar, en particulier celui du ministre des Affaires étrangères, Dr Al Khulaifi, dans ce processus et encourage toutes les parties à mettre pleinement en œuvre leurs engagements. "
Outre l'Europe, les États-Unis, principaux parrains de l'accord de paix RDC-Rwanda de juin dernier, ont également salué la signature à travers la voix de . Lucy Tamlyn, ambassadrice américaine à Kinshasa. Son intervention a fait écho au message de Massad Boulos, conseiller principal pour l'Afrique à la Maison Blanche.
" Je joins ma voix à celle du Conseiller principal pour l'Afrique au département d'État des États-Unis pour saluer la signature de la Déclaration de principes entre la RDC et le M23 à Doha, un pas significatif vers la paix et la stabilité dans la région. Les États-Unis, aux côtés du Qatar et de l'Union africaine, restent pleinement engagés à soutenir la mise en œuvre de cet accord. "
Le Conseil du Golfe salue un rôle diplomatique " précieux "
Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG) a également réagi avec enthousiasme. Dans un communiqué officiel, son Secrétaire général Jasem Mohamed Albudaiwi, a salué les " efforts précieux " du Qatar, mettant en avant son rôle " actif et constant " pour la paix régionale.
" Cette Déclaration de principes est le fruit d'une médiation constructive fidèle aux valeurs de la Charte des Nations unies et au droit international. Le Qatar démontre, une fois de plus, sa capacité à faciliter le dialogue et à favoriser la résolution pacifique des différends ", a-t-il souligné.
La Monusco : un engagement pour la mise en œuvre
La Mission de l'Onu en RDC (Monusco) a, elle aussi, salué la signature de cette Déclaration, qu'elle qualifie de " pas essentiel sur la voie d'une paix durable ".
Bruno Lemarquis, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, voit en cette déclaration une dynamique d'apaisement.
" Cette importante déclaration s'inscrit dans une dynamique d'apaisement des tensions en faveur de la protection des populations civiles durement affectées par le conflit. Nous saluons les engagements pris et appelons à leur mise en œuvre de bonne foi dans les délais prescrits."
La Monusco a également souligné son appui à la mise en place d'un mécanisme conjoint pour le suivi du cessez-le-feu, ainsi que pour le retour sécurisé et digne des déplacés internes. Elle rend hommage au rôle de facilitation du Qatar, et réaffirme sa disponibilité à accompagner les efforts de stabilisation et de réconciliation.
Des engagements précis
La Déclaration de Doha engage les parties à un cessez-le-feu permanent, à la mise en œuvre immédiate de mesures de confiance, et à l'ouverture de négociations formelles au plus tard le 8 août 2025, avec pour objectif la signature d'un accord de paix global au plus tard le 17 août. Ce processus s'inscrit dans le cadre plus large de l'Accord de paix entre la RDC et le Rwanda, signé à Washington le 27 juin, sous les auspices du président américain Donald Trump.
Selon les termes de la Déclaration, les engagements doivent être mis en œuvre au plus tard le 29 juillet 2025, et les négociations sur l'accord de paix doivent démarrer immédiatement après, pour se conclure au plus tard le 17 août 2025. Les parties s'engagent à dialoguer dans un esprit de responsabilité, de coopération et de compromis, en tenant compte de l'accord bilatéral signé à Washington.
Le texte exprime, par ailleurs, la reconnaissance des parties envers le Qatar, les États-Unis, et l'Union africaine pour leur rôle respectif dans la facilitation du dialogue. Cette dynamique multilatérale, à la fois africaine, arabe et occidentale, pourrait offrir un modèle de résolution concertée des conflits en Afrique.
Kinshasa accuse l'AFC/M23 et le Rwanda de vouloir prendre le contrôle de la ville d'Uvira. Dans ce climat de méfiance, l'accord de Doha redonne de l'espoir. Mais sa réussite dépendra de la mise en œuvre sincère des engagements, de la volonté politique réelle des deux camps, et du soutien constant des partenaires internationaux.
Un long chemin reste à parcourir avant d'atteindre une paix durable. Mais pour la première fois, depuis quatre ans, l'Est de la RDC semble entrevoir une sortie de crise. Le pari de Doha est lancé : il reste désormais à le gagner.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO