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L'Opposition rejette les consultations pour un gouvernement d'union nationale
L'initiative du président Félix Tshisekedi de former un gouvernement d'union nationale en pleine crise sécuritaire se heurte à une opposition farouche. Plusieurs partis et figures de l'opposition dénoncent une démarche "politicienne " visant à légitimer un pouvoir contesté plutôt qu'à résoudre les problèmes du pays.
Le Front Commun pour le Congo (FCC), plateforme de l'ancien président Joseph Kabila, a officiellement rejeté les consultations initiées par le conseiller spécial du chef de l'État en matière de sécurité, le professeur Eberande Kolongele.
Dans un communiqué signé hier lundi 24 janvier par Raymond Tshibanda, président de la cellule de crise du FCC, la plateforme rappelle qu'elle ne reconnaît pas la légitimité des institutions issues des élections générales de décembre 2023, qu'elle juge frauduleuses.
" Toutes les institutions et tous les animateurs d'institutions issus des élections de décembre 2023 sont illégitimes. Cette illégitimité ne peut donc être ignorée ou exclue des débats, si le véritable objectif des consultations est de régler la crise ", indique le FCC.
Le parti estime également que la création d'un gouvernement d'union nationale ne saurait être une solution aux crises multiples du pays. " Pour le FCC, la crise est multiforme. Elle a, comme cause-mère, la mauvaise gouvernance du pays par un pouvoir dictatorial et anti-social ", poursuit le communiqué.
Le FCC appelle plutôt à s'appuyer sur les initiatives de médiation portées par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l'Église du Christ au Congo (ECC), qui bénéficient du soutien des Nations Unies, de l'Union Africaine, de la SADC et de l'EAC.
Katumbi, Fayulu, Sessanga et Matata Ponyo sur la même ligne
Le parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi a également rejeté l'invitation du pouvoir. Selon son porte-parole Hervé Diakese, qui a réagi dans une interview accordée à Radio Okapi, il s'agit d'une " perte de temps".
" Vous n'avez pas encore créé d'union nationale, mais vous commencez déjà par mettre un gouvernement dit d'union nationale. C'est une perte de temps. Nous nous inscrivons dans le cadre des consultations menées par les évêques ", atteste-t-il.
D'autres noms de l'opposition, Martin Fayulu (ECIDE), Matata Ponyo (LGD) et Delly Sessanga (Envol), partagent ce rejet catégorique.
Le porte-parole de Lamuka, Prince Epenge, considère ces consultations comme une tentative de diviser l'opposition :
" Ce n'est ni la voie, ni la solution, ni le cadre Félix Tshisekedi a tapé à côté. La situation est dramatique. Le Congo est au bord du précipice. Est-ce que les consultations en débauchant certains opposants aux esprits faibles vont résoudre ces crises ? ", a-t-il fait savoir dans son intervention auprès de nos confrères de la Radio Onusienne.
Dans la même logique, Rodrigue Ramazani, secrétaire général du parti Envol, refuse de cautionner ce qu'il qualifie de "mascarade politique " visant à renforcer un pouvoir en perte de légitimité.
" Pendant que ce régime manœuvre pour sa survie, des millions de Congolais restent livrés à l'insécurité et aux violences des groupes armés dans l'Est du pays. Seul un dialogue inclusif, comme le préconisent les évêques, peut offrir une issue durable ", insiste-t-il.
Les consultations débutent malgré le rejet
Malgré ce rejet en bloc de l'opposition, les consultations ont officiellement débuté ce lundi à Kinshasa. Elles ont notamment concerné des formations politiques de la majorité parlementaire, dont l'UDPS, mais aussi des cadres de l'Union sacrée.
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka et d'autres acteurs du pouvoir ont été reçus par le conseiller spécial du président Tshisekedi. L'objectif affiché de ces consultations est de former un gouvernement élargi, capable de répondre aux défis sécuritaires auxquels fait face la RDC, notamment dans l'Est du pays.
Cependant, avec l'absence de poids lourds de l'opposition, cette initiative pourrait se transformer en un simple remaniement ministériel, entre-temps l'insécurité persiste dans l'Est de la RDC et que la défiance politique s'accentue, Félix Tshisekedi devra faire face à un défi majeur : convaincre au-delà de son cercle politique restreint.
L'opposition, elle, semble unie dans son rejet de cette initiative et mise sur les efforts de médiation des évêques de la CENCO et de l'ECC pour parvenir à un dialogue national plus inclusif. La question demeure : Tshisekedi parviendra-t-il à rassembler suffisamment d'alliés pour imposer son gouvernement d'union nationale, ou devra-t-il céder à la pression en ouvrant un dialogue plus large ?
Christian-Timothée MAMPUYA