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L’ODEP plaide pour le recrutement d’au moins 5000 magistrats d’ici à 2028 pour renforcer la Cour des comptes
La RD Congo est confrontée à un degré de corruption sans précédent qui entrave son développement. La nécessité de lutter contre ce fléau est soulignée par Florimond Muteba, président de l’Observatoire des dépenses publiques (ODEP), qui met en avant la redynamisation de la Cour des comptes et l’implication de la population comme des mesures indispensables pour dissuader les corrupteurs. C’était au cours d’une conférence de presse tenue le vendredi 17 mai courant à Kinshasa.
Selon Florimond Muteba, la Cour des comptes est l’institution de contrôle la plus importante du pays. Son rôle dans la gouvernance du pays est crucial du fait qu’elle a un champ d’action plus large que l’Inspection générale des finances (IGF),qui se limite aux contrôles administratifs.
Il soutient que la Cour des Comptes a le pouvoir de juger les autorités responsables de corruption. Cependant, malgré les ressources dont elle dispose actuellement, cette juridiction souffre d’un manque criant de magistrats.
Objectif 5 000 magistrats d’ici fin 2028
À cette occasion, le président du conseil d’administration de l’ODEP, a appelé le chef de l’État à doter la Cour des comptes d’un minimum de 5000 magistrats d’ici à 2028, afin de lui permettre de déployer plus efficacement son arsenal répressif. Il a également proposé la déconcentration de la Cour au niveau provincial pour améliorer le contrôle des finances publiques.
» Nous avons aujourd’hui le problème, de l’insuffisance des magistrats qui continue. La Cour des comptes a une soixantaine de magistrats très âgés, alors que l’Afrique du Sud a plus de 2000 magistrats. La Chine a un million de magistrats à la Cour des comptes. Ce que nous voulons est que la gouvernance des finances publiques s’améliore dans notre pays. Il faut au moins recruter 5.000 magistrats d’ici à 2028 « , a recommandé le professeur Florimond Muteba.
« Je lance un appel au Président de la République pour dire que nous voulons un objectif d’au moins 5 000 magistrats à la Cour des comptes d’ici fin 2028. Dans un pays comme le nôtre, on ne peut pas se permettre qu’il y ait fuite d’argent pendant que les gens meurent. Les Congolais meurent tous les jours dans l’Est. Cet argent détourné peut aider à bien organiser l’armée. Il faut que l’argent revienne au Trésor public afin d’être affecté aux urgences du pays « , a-t-il déclaré.
Ce avant de proposer, également la déconcentration de la Cour des comptes dans des provinces pour améliorer le contrôle des finances publiques.
Criminaliser les fautes de gestion
L’autre cheval de bataille de M. Muteba, est la criminalisation des fautes de gestion occasionnées par le non-respect des budgets. Il plaide pour la révision de la loi organique de la Cour des comptes afin qu’elle puisse directement poursuivre les ordonnateurs politiques, geler leurs avoirs bancaires et restreindre leurs déplacements hors du pays.
» Ceux qui commettent le plus les fautes de gestion, ce sont les ordonnateurs tels que les Ministre, le DG, le PDG… L’ODEP a toujours milité pour la revisitation de la LOFIP ( Lois relatives aux finances publiques) afin de criminaliser la faute de gestion. C’est un travail que la société civile et les institutions des réformes doivent faire pour y arriver« , a-t-il proposé.
De nouveaux outils de dénonciation mis en place
L’ODEP renforce ses actions de lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics. Au cours de la même conférence de presse son président Florimond Muteba, a annoncé l’opérationnalisation prochaine d’une adresse email et de numéros verts dédiés à la dénonciation d’actes répréhensibles.
Ces nouveaux canaux de signalement pourront être utilisés de manière anonyme par les agents publics et les citoyens qui seraient témoins ou victimes de faits de corruption au sein de l’administration. L’objectif est d’encourager la population à dénoncer ces pratiques afin de les éradiquer. Les informations collectées seront traitées par une équipe de l’ODEP.
Mises en place des observateurs locaux
» D’ici la semaine prochaine, nous allons mettre en place une boîte e-mail et les numéros de téléphone verts qui vont s’appeler ODEP/CCPM. Cela a pour objectif de décomplexer tous les Congolais qui sont dans l’administration publique. Vous êtes à la présidence, à la primature, au ministère des Finances ou ailleurs et vous constatez qu’il y a des choses pas bien qui s’y passent, envoyez-les dans cette adresse e-mail. Je serai le seul à retenir le mot de passe. N’ayez pas peur, car vous serez protégés. Il y aura aussi des numéros de téléphone pour dénoncer. L’équipe de l’ODEP va se réunir pour traiter ces informations « , a annoncé cette ONG.
Parallèlement, l’organisme de lutte contre la corruption prévoit le lancement d’un projet d’implantation d’observatoires locaux des dépenses publiques dans cinq provinces pilotes. Ces structures auront pour mission de décentraliser la surveillance de la gestion financière publique au niveau local. L’ODEP plaide également pour un meilleur contrôle interne au sein des administrations, en réhabilitant notamment le rôle des inspections sectorielles.
Ces nouvelles initiatives interviennent alors que la Cour des comptes vient d’organiser sa première audience disciplinaire contre des comptables publics, après 37 ans d’existence. Pour le professeur Muteba, il s’agit d’un pas en avant important dans le contrôle des finances publiques qu’il faut soutenir. Mais de nombreux défis restent à relever, comme le renforcement des moyens humains et matériels de la Cour.
Christian-Timothée MAMPUYA