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L’importance de la culture dans une communauté
(Par l’évangéliste Colin NZOLANTIMA)
Le Professeur Balufu Kanyinda, Congolais et un des grands cinéastes africains, nous a partagé ses réflexions relatives à la culture dans une nation. «L’investissement dans la culture, notamment les industries créatives, est donc essentiel pour propulser le développement économique, créer des emplois pour les jeunes, réduire la pauvreté et améliorer notre image à l’échelle internationale», estime-t-il.
La gouvernance et la gestion du secteur culturel doivent être revisitées. Un bilan et une réflexion sur l’administration du ministère de la Culture, l’Education nationale axée sur la créativité culturelle, et l’utilisation effective des médias publics sont nécessaires pour véhiculer les valeurs essentielles et soutenir une politique culturelle dynamique qui place le peuple au centre de chaque décision.
Dans sa lutte pour l’intégrité nationale, la RDC doit repenser sa culture, non seulement pour reconstruire et consolider ses assises, mais aussi pour s’assurer que chaque Congolais puisse s’enorgueillir de son héritage et participer activement au développement de son pays. Cela implique un investissement substantiel dans la culture, reconnaissant son rôle vital non seulement comme reflet de notre société, mais aussi comme base de notre avenir commun.
LA CULTURE AU CENTRE DE TOUTES NOS ACTIVITES
Quelle serait la profonde sagesse sur la culture pour nous forger à épingler tous les aspects de la société et évoquer des pistes de solutions? L’agriculture et la culture règnent en maîtres. Elles sont au cœur de notre humanité.
La culture, dans toute sa richesse de valeurs et sa capacité à propulser un pays, nous révèle qu’une nation ne se bâtit pas que de richesses matérielles, minières,… mais aussi d’idées progressistes.
Notre pays, un miracle géologique et culturel, nous rappelle qu’un ouvrier minier requiert autant le manger que la présence d’un produit culturel pour trouver la paix après son labeur. Un État ne se fonde pas uniquement sur des chiffres, il se construit aussi sur des idées audacieuses, des utopies réalisables et des ambitions nourries de l’amour de sa patrie.
Patrice Lumumba a déclaré que l’avenir du Congo s’annonçait radieux, nous exhortant en tant que Congolais à «accomplir la tâche sacrée de rebâtir notre indépendance et notre souveraineté […]» Car, sans dignité, point de liberté, sans justice, point de dignité, et sans indépendance, nul homme ne saurait être libre.
C’est maintenant à nous, Congolais et Congolaises, de redéfinir notre futur. Le Capitaine burkinabé Thomas Sankara a dit: «Osons inventer l’avenir». Comment allons-nous bâtir un pays plus beau qu’avant?
Comment devrions-nous oser inventer l’avenir radieux de notre pays? Par le sol, la terre et nous-mêmes, le Peuple. La culture est le reflet de notre société, renforçant nos racines, formant nos croyances et nos valeurs, et élargissant notre vision du monde. Elle nous confère un sentiment d’appartenance, forge notre identité et nous offre un prisme à travers lequel interpréter le monde. Elle est le miroir de notre passé, la boussole de notre présent et la lampe de notre avenir.
La culture, au-delà du divertissement, lie notre destin national à cette quête de la terre. Pour faire face aux enjeux techniques et financiers de l’agriculture, il est crucial d’intégrer l’agronomie dans l’Éducation nationale. Et sans les outils créatifs offerts par la culture, cela ne serait pas réalisable.
Afin de valoriser avec succès les terres arables et l’hydrographie du Congo, nous ne pouvons pas délaisser les fertilisants culturels, les enseignements culturels de la terre. Nous croyons fermement que pour réussir cette revanche de la terre, la culture est prépondérante. Notre avenir ne dépend que de nous-mêmes. Nous avons ce devoir impérieux de nous convaincre que «nous sommes notre propre avenir». Nous devons ainsi instiller et implémenter dans notre jeunesse la culture de la terre, la culture de l’agriculture. Cette culture de la terre va aussi de pair avec la culture du sol qui est le soubassement de la culture de l’environnement, de la propreté, de l’hygiène de nos environnements.
Culture de l’environnement et de la salubrité.
Un fait vécu me revient ici à l’esprit. Un jour, à Kinshasa, aux heures de midi et des embouteillages de sortie de nos écoles, j’aperçois, d’une voiture qui était devant la mienne une bouteille en plastique voleter de la vitre pour tomber sur la chaussée. D’un trait, je ramasse la bouteille en plastique et la remets dans la voiture d’où elle avait giclé.
Après l’avoir remise, j’entends des voix enfantines, mais fermes, qui s’élèvent en chœur: «Papa, il ne fallait pas jeter la bouteille, papa je te l’avais dit». C’était le message de l’espérance que rien n’est perdu, que l’avenir portera des valeurs si nous y mettons la culture avec ses valeurs civiques et de citoyenneté. Il est donc possible de sensibiliser, d’éduquer et de responsabiliser notre jeunesse à la prise en charge de la salubrité publique. C’est possible.
Investir dans la culture.
L’État doit renforcer le rôle de la culture dans sa gouvernance. A travers sa vision de voir émerger une économie de la culture en RDC, le secteur de la créativité culturelle devrait contribuer activement au développement économique du pays. Les outils de la créativité et de l’innovation, de l’intelligence culturelle, devront apporter leur part dans la révolution des industries créatives.
La RDC n’est pas seulement un scandale minier, elle est aussi un scandale agricole et également un hub culturel et artistique, tous inexploités, mais qui, pourtant, renferment des potentiels énormes pour soutenir le tourisme et l’artisanat, qui n’ont pas encore été complètement valorisés.
La RDC devrait aussi investir dans la manufacture culturelle. Que faisons-nous de la fabrique de célèbres ateliers du Bushoong, dans le territoire Kuba? Qu’est-ce qui nous empêcherait de fabriquer des instruments de musique? Nous avons pourtant tout ce qu’il faut: des ressources naturelles pour la fabrication, une main-d’œuvre disponible et un marché.
Les institutions d’enseignement du pays devront intégrer l’importance de la culture dans le développement du pays et travailler à incorporer, dans leurs programmes d’études, des connaissances relatives aux industries créatives.
Investir dans le secteur culturel de la RDC se justifie par l’insuffisance de nos infrastructures, l’urgence de normaliser le respect des droits de propriété intellectuelle et droits d’auteur, et enfin parce que le riche héritage culturel du pays présente des atouts immenses pour l’innovation créative.
Elle peut générer des profits considérables pour les investisseurs et participer à propulser la croissance économique nationale. Cela va également créer des opportunités d’emploi pour les jeunes, réduire la pauvreté et améliorer le rayonnement international du pays. Nous citerons l’exemple du Nigeria et de l’Afrique du sud.
Avec un soutien financier adéquat, l’industrie culturelle de la RDC a toutes les chances de prospérer. Le gouvernement doit stimuler le développement de cette industrie, et une formation appropriée dans les métiers de l’image et du son, de l’audiovisuel et de gestion culturelle. Le cinéma en RDC reste largement inexploité.
Les investissements dans la culture et les industries créatives pourraient offrir des opportunités d’emploi aux jeunes et promouvoir des programmes audiovisuels de qualité, mettant en vedette des talents locaux. Le cinéma, la télévision et la musique constituent les trois principaux supports à l’émergence de notre pays.
Outre les investissements dans les infrastructures, le gouvernement devra mettre en œuvre des politiques et des initiatives audacieuses pour soutenir les activités créatives. Il pourrait notamment introduire des incitatifs fiscaux pour attirer davantage d’investissements dans le secteur culturel, offrant ainsi aux investisseurs une marge de manœuvre plus grande pour obtenir des rendements significatifs.
CONCLUSION
La culture est à la base de toutes les activités d’une nation. Avec notre diversité culturelle, le dialogue est toujours riche et respectueux. Nos différentes cultures prônent les vertus dans leurs modes de gestion de la société.
Nous devrions tous revenir à nos sources pour mieux nous organiser et revendiquer notre leadership dans le monde. Notre image ternie par toutes sortes de scandales et des antivaleurs devrait être restaurée. Nous sommes tous des ambassadeurs de nos pays.