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L’importance de la culture dans le développement de la RDC (2ème partie)
(Par l’évangéliste Colin Nzolantima)
Nous avons évoqué, dans la première partie, l’importance de la culture dans une nation. Contrairement à l’opinion générale, la culture englobe plusieurs aspects de notre vie qui n’est presque jamais évoquée. Ainsi, M. Balufu Kanyinda nous en donne quelques pistes. De sa définition, son importance dans la société, dans le civisme et la citoyenneté, de sa corrélation avec un peuple, et de son expression dans la musique. Dans cette deuxième partie, le professeur Balufu continue ses réflexions et nous fait découvrir les autres créneaux utiles pour l’identité d’un peuple.
Que faire, comment faire?
Nous devons d’abord convenir de négocier la transformation créative de la culture du divertissement en une culture civique et de la citoyenneté, avec toute la société congolaise et ses penseurs, afin que le peuple congolais soit véritablement et concrètement au centre des décisions de toute politique gouvernementale.
La culture, c’est le peuple. Il n’y a pas de meilleure définition de la culture que celle-ci. En déclarant » le peuple d’abord « , le Président Tshisekedi Tshilombo proclame sans équivoque qu’il s’agit de » la culture d’abord « .
Cette négociation signifie également communiquer, échanger et établir la confiance d’une conversation entre les gouvernants et les gouvernés. À ce niveau, la responsabilité des intellectuels, enseignants, penseurs, artistes, créateurs et acteurs culturels de notre pays est engagée dans cette grande négociation.
NECESSITE D’UN SOMMET NATIONAL DE LA CULTURE
Cette négociation pourrait se concrétiser dans le sommet national de la culture annoncé. Celui-ci représente l’occasion de jeter les bases intelligentes pour réinventer notre pays, reconstruire et renforcer ses fondements culturels et lui donner le lustre et la grandeur dignes d’une nation respectable et fréquentable.
Malgré les épreuves de l’histoire, nos manquements et nos échecs, cette ambition de renouveau culturel est à notre portée. Et cela ne sera possible que par la prise de conscience de nos responsabilités face à notre désastre. Car » l’essentiel n’est pas ce que l’on a fait de nous, mais plutôt ce que nous faisons de ce que l’on a fait de nous « .
En nous référant à l’œuvre du professeur Mabika Kalanda, nous avons encore le devoir de nous remettre en question. En d’autres termes, le questionnement en tant que philosophie et voie pour lutter contre l’indécolonisabilité qui nous affaiblit et qui s’enracine profondément chaque jour dans notre vie, avec tous les maux et les incivilités qui désorganisent notre société.
Lutte contre les antivaleurs
Depuis plusieurs années, suite à la détérioration constante de sa situation socioéconomique, due à la perversion morale de la société, les Congolais ont toujours aspiré au changement de mentalité, pour éliminer les pratiques négatives telles que le tribalisme, la corruption et la malversation de fonds. Toutefois, ils évoquent régulièrement l’échec du système judiciaire, outil essentiel de l’émergence de l’Etat de droit, de la lutte contre l’immoralité et le crime. Malheureusement, il a aussi manqué aux gouvernants la clairvoyance, le bon sens ou la volonté politique de confier à la culture la mission de jouer son rôle déterminant dans ce projet de changement et de lutte pour l’établissement de l’état de droit.
Les gouvernants et le secteur culturel doivent s’engager à combattre toutes les mauvaises herbes qui entravent l’avancement de notre pays. Parmi les antivaleurs à éradiquer en sus de celles évoquées ci-haut, nous devons lutter, surtout, contre le tribalisme et son héritage de l’ethnologie politique coloniale basée sur la règle du « diviser pour mieux régner« . Exploité autrefois par le colonialisme puis par les régimes politiques successifs, de Mobutu à Joseph Kabila, et de certains collaborateurs du président Tshisekedi, le tribalisme a suscité la haine et la division, menaçant nos véritables liens culturels communs.
La culture, avec sa force unificatrice, peut renverser ces tendances négatives, en renforçant l’état de droit et en luttant contre les maux sociaux. À travers des initiatives culturelles unificatrices, la culture peut servir de contrepoids en rassemblant nos populations pour créer la nation solide. Elle offre un potentiel créatif important qui facilite l’intégration entre nos populations, nos provinces et nos expressions culturelles, agissant comme un vecteur de paix porté par l’esprit du peuple.
Maintenant, interrogeons notre propre reflet dans le miroir, le courage de la sincérité nous disant que même si l’horizon semble gris, nous avons des ressources humaines capables d’illuminer l’avenir.
En effet, notre diversité culturelle qui a toujours comme fondement la cohésion sociale, puise dans notre propre énergie et participation citoyenne, notre engagement envers la construction des infrastructures nationales, l’agriculture et la culture, et notre capacité à nous adapter au nouveau monde politique qui s’ouvre à nous. N’allons pas manquer ce grand rendez-vous devant l’opportunité offerte par ce tournant historique. Pour réussir, nous avons besoin d’un moyen de diffuser les valeurs de la culture. Comment se partagent et se diffusent les bienfaits de la culture ? Quelle est l’importance de la culture dans le cadre du service public de radiodiffusion ?
Diffusion de la culture
Au fil des vingt dernières années, l’industrie de la diffusion des contenus narratifs audiovisuels a subi de profonds bouleversements. A l’instar d’autres pays, le nôtre a adopté un modèle de diffusion mixte, qui comprend des chaînes publiques et privées.
LA MISSION IMPERATIVE DE LA CHAINE NATIONALE
L’apparition du numérique, et de l’intelligence artificielle, a bien sûr changé la façon dont nous consommons les services de radio et de télévision, mais pour de nombreux Congolais, en particulier ceux qui ne savent ni lire ni écrire et qui ne vivent pas en zones urbaines, la RTNC reste la principale, voire la seule source d’information.
Certes des défis existent en ce qui concerne la créativité artistique dans notre pays, en particulier dans nos médias. Nous devons néanmoins nous pencher sur les divers rôles que jouent notre service audiovisuel public dans la diffusion et la valorisation de nos créations artistiques et autres formes d’expression, de la presse, du cinéma et de la télévision. Nous devrons aussi questionner, de manière critique la contribution de nos radios et télévisions publiques, à la diffusion et à la démocratisation culturelles.
Comment la RTNC soutient-elle la création artistique congolaise, que ce soit par le biais de la coproduction, de l’achat d’œuvres ou de leur diffusion, en particulier dans le domaine du cinéma et de programmes audiovisuels ? Il est important de ré-souligner que la culture congolaise ne se limite pas à la musique. Elle inclut également d’autres domaines de la culture populaire ou érudite, comme les expressions traditionnelles, y compris celles des peuples autochtones. Nous devons veiller à ce que toutes les disciplines qui constituent nos expressions créatives, artistiques et culturelles soient correctement représentées dans nos programmes de télévision.
Les subventions du gouvernement et les redevances accordées à notre service public de radiotélévision impliquent sûrement un important devoir de participation à la production d’œuvres audiovisuelles congolaises de qualité et à la promotion de la créativité culturelle et de nos expressions artistiques. Notre audiovisuel public, au service de l’Etat, de la République et de la Nation, doit efficacement jouer son rôle de lien de communication avec les citoyens et de moteur de l’unité culturelle de la société congolaise. Il doit contribuer à éclairer et mobiliser notre opinion publique sur la guerre que les impérialistes et leurs suppôts africains mènent contre notre pays.
LE ROLE DES CHAINES PUBLIQUES
Il doit promouvoir des valeurs positives, tout en combattant la décadence des mœurs. Il est également essentiel de former les producteurs et les créateurs de contenus sur l’importance de la culture et sur la manière d’y intégrer ce concept dans leur travail.
Parmi les outils efficaces de la culture, citons le cinéma et la télévision. La production et la diffusion de films de production nationale, qu’ils soient de fiction ou documentaires, est une nécessité qui signifie la capacité congolaise à raconter ses propres histoires et de documenter notre pays, nos populations, de manière durable et qui a une influence culturelle sur nos imaginaires. Les films devraient participer activement à la lutte contre les forces négatives qui sèment la désolation dans notre pays. Le cinéma, art politique par excellence, possède dans son arsenal de représentation de nos imaginaires, des « armes miraculeuses », pour paraphraser le grand poète Aimé Césaire, capables de nous aider à remporter la victoire psychologique et médiatique contre la guerre à l’Est qui entrave notre développement.
CONCLUSION
Il est impérieux en ce moment crucial à travers le monde où les valeurs culturelles et identitaires se déprécient, la RDC a l’obligation par ses nombreux créneaux de communication, de valoriser et de vulgariser ses richesses et ses diversités culturelles.
(A suivre)