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L’importance de la culture dans le développement de la RDC
(Par l’évangéliste Colin Nzolantima)
Cet article est tiré des réflexions de M. Balufu Bakupa-Kanyinda, Congolais d’origine, un des grands cinéastes africains, et professeur dans plusieurs universités dans le monde. De 2020 à 2022, il a été chargé du Mémorial Patrice Lumumba, contribuant à l’organisation du récit et des activités du rapatriement des restes de Patrice Lumumba. Très connu et respecté dans les grandes réunions littéraires et cinématographiques dans le monde. Il est malheureusement méconnu dans son pays. Nous avons eu un échange très fructueux sur la culture congolaise. Voici la première partie de notre entrevue.
Deux personnes ne peuvent marcher ensemble sans qu’elles ne se mettent d’accord. Il en est de même pour une nation, une communauté. C’est ainsi que la réforme de la mentalité, des habitudes sont indispensables pour la cohésion et l’harmonie dans la société. C’est ce qu’on appelle la culture ou les coutumes d’une communauté, qui sont l’ensemble des règles définies et acceptées. Celles-ci peuvent refléter les vertus ou les perversions. La considération d’un pays dépend du message qu’il projette. Les dix commandements ont été donnés au peuple comme une constitution qui devrait servir de référence dans leurs agissements.
LA DEFINITION DE LA CULTURE
Elle englobe divers domaines de notre vie, de notre manière de cuisiner, avec plus de 450 nuances ethnoculturelles pour préparer n’importe quel plat, à la richesse de nos langues et de nos histoires.
Notre culture englobe également notre faune et notre flore, nos forêts et nos savanes, nos montagnes, vallées et rivières, et nos villages avec leurs différents sentiers.
Elle inclut également nos monuments funéraires et mémoriaux qui reflètent le temps passé, le temps présent et le temps à venir.
Notre culture est illustrée par notre littérature et notre poésie, nos romans et nos bandes dessinées, nos sculptures, nos peintures, et autres formes d’art. En fait, tout ce qui nourrit l’esprit et l’âme.
Notre culture représente la curiosité collective de notre peuple, notre passion pour l’inconnu et notre désir d’explorer de nouvelles idées. Elle influence notre façon de nous habiller, de nous comporter et de nous exprimer. Elle fonde nos imaginations qui, à leur tour, influencent nos interactions sociales.
L’IMPORTANCE DE LA CULTURE
L’importance croissante de la culture dans le développement de la République démocratique du Congo est au cœur des préoccupations nationales. La notion de culture s’étend bien au-delà des formes traditionnelles d’arts pour impacter plusieurs facettes de notre société, incluant les expressions musicales profondément ancrées dans l’histoire congolaise, telles que la musique de l’époque coloniale à nos jours. Celle-ci, tout comme notre littérature, poésie, sculptures et peintures, nourrit l’esprit et constitue une part essentielle de notre identité collective.
DANS LA MUSIQUE CONGOLAISE
La musique congolaise, en particulier, joue un rôle clé dans la formation de nos imaginaires sociaux, remplissant les moments de vie de sa présence incontournable.
Elle fait partie de notre culture, et de notre histoire. Elle a dénoncé le colonialisme et prophétisé sa fin par la voix d’Adou Elenga dans sa chanson «Ata ndele». Elle a pris part au mouvement de l’indépendance avec Kallé Jeff et son African Jazz – et fait de «Indépendance chacha» l’hymne de toutes les commémorations de la libération africaine du joug colonial. Elle a peint la geste de nos cités, et fait des portraits de tous les maux politiques et antivaleurs de notre société contemporaine avec Luambo Franco, elle a poétisé nos amours et ses peines de cœur avec les mélodies guitaresques de Dr Nico, celles de la voix de Tabu Ley ou du saxophone parlant d’Empompo Loway. Elle a tout exploré et tout dit, notre musique populaire. Elle s’est engagée en politique, s’est perdue dans les magnificences des politiciens improductifs et dans les futilités de légèretés de nos récits du quotidien, et ses héros de la Cité, avec des boniments de griot. Notre musique d’hier et d’aujourd’hui accompagne les joies, les peines et drames de nos populations. Composante importante de notre culture, elle est la part du récit national qui chante et adoucit la vie congolaise.
LE CIVISME ET LA CITOYENNETE
Toutefois, reconnaître la culture seulement comme source de divertissement serait réducteur. La culture est en effet liée à la notion de civisme et de citoyenneté, formant le fondement de notre cohésion sociale et de notre responsabilité en tant que citoyens.
La culture est le creuset où l’État prépare et nourrit son peuple pour en faire des citoyens responsables d’une nation. Ainsi, la culture, le civisme et la citoyenneté sont interdépendants, et doivent servir étroitement notre pays dans sa lutte contre les antivaleurs, la corruption et le détournement de fonds publics. C’est une priorité culturelle et urgente.
Le peuple congolais, aspirant à un changement et à la restauration de l’intégrité de sa nation, a besoin de cet instrument pour démontrer un engagement actif envers les principes de la République.
Le Président Tshisekedi, dans un de ses discours, s’est déterminé à lutter contre les maux qui minent la bonne marche de la gouvernance du pays, créant ainsi l’espoir d’un futur prometteur pour le peuple congolais. Cependant, il a également critiqué la justice, qui se doit pourtant d’être impartiale et essentielle pour établir un Etat de droit, d’avoir failli à sa mission tandis que les accusations de détournement de fonds publics, de la corruption, des détournements, du moindre effort, des points sexuellement transmissibles,… deviennent « culturelles ». Nous devons éviter que cette mauvaise culture s’enracine et se perpétue dans la société. Nous devons combattre ces fléaux qui se multiplient et l’impunité atteint des niveaux préoccupants. Cette campagne contre les actes criminels, séditieux et délictueux tels que le non-respect des codes sociaux, la cupidité, le vol, etc., devraient être pris en compte.
À ce sujet, il est à craindre que la confiance du public ne s’effrite davantage concernant l’élimination de la corruption systémique. Nous sommes convaincus qu’il serait indispensable d’intégrer la culture du civisme et de la citoyenneté, accompagnée d’outils de narration visuelle, trop souvent délaissés, pour soutenir les objectifs d’établissement de l’Etat de droit. En somme, la culture, la civilité et la citoyenneté, associées à un enseignement approprié, à la politique de l’éducation nationale pensée selon nos besoins, peuvent aider à créer une société plus respectueuse des lois, des droits de l’homme et de l’État de droit. La culture doit être considérée comme un instrument de changement et de renforcement de l’État de droit.
LE PEUPLE D’ABORD
Ce slogan doit être aménagé autour d’une politique culturelle dynamique, visant à transformer les citoyens congolais en citoyens responsables et conscients de leurs valeurs, droits et devoirs. En cette période de crise, pour un pays qui peine à émerger des profondeurs du gouffre entraîné par les régimes de Mobutu à Kabila, que le gouvernement actuel pourrait perpétuer si des mesures d’encadrement ne sont pas prises rapidement face aux nombreux scandales décriés et les dérives de certains leaders.
La RDC devrait faire une révolution culturelle pour améliorer le niveau de l’éducation nationale et de l’instruction civique pour tous. Il nous faut négocier notre avenir avec nous-mêmes en premier lieu. Nous parlons de négociation en nous proposant une politique culturelle dynamique. En effet, cela implique un travail colossal pour surmonter la médiocrité profondément enracinée dans notre société, parce que notre peuple a perdu les divers avantages de la culture générale, le goût de l’effort, le respect des normes et des principes, l’élan de nourrir la pensée et la curiosité altruiste pour le savoir qui prime sur le paraître; et enfin, parce que des forces négatives peu habituées à la réflexion productive et facilement saisies par le jugement péremptoire, défensif et destructeur sont devenues réfractaires aux valeurs du civisme et de la citoyenneté, clairement présentes dans tous les aspects de notre société, écrasant toute moralité citoyenne qu’exige un Etat de droit.
CONCLUSION DE LA 1ere PARTIE
La notion de la culture, nous devons tous nous l’approprier et la valoriser. Nous sommes un peuple très riche par ses diversités culturelles et cultuelles qui ont permis de maintenir la cohésion à travers des rituels «sacrés» pour attirer le respect des valeurs fondamentales. Nos ainés et chefs traditionnels ont toujours soutenus que Dieu a donné aux hommes tout ce qui est sur la surface de la terre. Cela nécessite un sens de responsabilité pour sa préservation, sa protection, son entretien. Leurs règles sociétales prédéfinies leur permettaient de résoudre les problèmes. Tout ne se résolvait pas en public. Certains se faisaient dans un cercle très restreint pour quelquefois préserver la dignité, l’honneur, l’équilibre de la société. Toutes leurs décisions concernaient au préalable le bien-être de l’homme, de la communauté. C’est ainsi que les principes bibliques étaient intégrés en eux. Le choix des responsables se faisait souvent au milieu des hommes sages, intelligents et de bonne réputation pour participer au Conseil.
Nous poursuivrons cette entrevue dans la prochaine édition.