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Le LGD confirme l'exil de Matata Ponyo
* L'ancien Premier ministre était porté disparu au lendemain de sa condamnation par la Cour constitutionnelle.
Deux mois après une disparition aussi soudaine qu'inquiétante, l'ancien Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo Mapon est officiellement réapparu. Non pas à Kinshasa ou dans une salle d'audience, mais depuis l'exil, loin de son pays qu'il accuse aujourd'hui de persécution politique. C'est par la voix de son parti, le Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD), qu'un coin du voile a été levé. " Il est bel et bien vivant, en sécurité, et déterminé à poursuivre son combat politique ", a déclaré samedi 2 août à Kinshasa Francklin Tshamala, Secrétaire général du parti.
"Augustin Matata Ponyo est bel et bien vivant. Il va bien, mais il a été contraint de quitter le pays pour se protéger face à un acharnement politique sans précédent ", a affirmé Franklin Tshamala. Selon lui, l'ancien chef du gouvernement aurait lui-même confirmé sa situation par téléphone : " Il nous a déclaré avoir été forcé à l'exil par le pouvoir en place, en violation de l'article 30 alinéa 2 de la Constitution".
Pendant plus d'un mois, ni sa famille, ni ses proches, ni son parti politique n'avaient pu confirmer son sort après sa mystérieuse disparition survenue le 21 mai dernier, au lendemain de sa condamnation à dix années de travaux forcés par la Cour constitutionnelle dans l'affaire Bukanga Lonzo. Ce projet agro-industriel emblématique de son mandat s'est depuis transformé en épicentre judiciaire de luttes politiques.
Une condamnation qualifiée d'"inique et inapplicable"
Pour le LGD, cette décision de la plus haute juridiction du pays n'a aucun fondement légal. "C'est un arrêt inconstitutionnel, inapplicable, et une honte pour la justice congolaise devenue un appendice du pouvoir exécutif ", a martelé Tshamala. Selon lui, ce procès n'avait qu'un objectif : "éliminer un adversaire politique crédible, porteur d'un projet alternatif basé sur l'intégrité, la compétence et la responsabilité".
Au fil de son intervention, le secrétaire général du LGD a détaillé les nombreuses pressions subies par Matata Ponyo et sa famille au cours des quatre dernières années: "Tortures psychologiques, pressions physiques, perquisitions musclées, confiscation des biens personnels, résidence surveillée illégale, empoisonnement, refus de soins médicaux à l'étranger… Rien ne leur a été épargné ". Le parti affirme également que deux millions de dollars du cabinet d'études de l'ancien Premier ministre ont été détournés par le gouvernement.
Une persécution familiale dénoncée
Le LGD dénonce également ce qu'il qualifie de " persécution familiale ". La Direction générale des migrations (DGM) est accusée d'avoir confisqué, le 30 mai, le passeport de la fille de Matata Ponyo, empêchant ainsi son départ pour les États-Unis où elle devait poursuivre ses études. Son épouse aurait elle aussi été interdite de quitter le territoire. " Il ne s'agit plus seulement de Matata, mais d'un ciblage organisé de toute sa famille. C'est une dérive grave, inquiétante ", s'indigne Tshamala.
Une disparition suspecte dans un climat de suspicion
La disparition de Matata Ponyo a suscité de nombreuses spéculations. Dès le 30 mai, le LGD publiait une déclaration dans laquelle il annonçait la disparition de son président national, disparu sans laisser de trace dans une ville aussi vaste et complexe que Kinshasa. Une situation tout sauf ordinaire.
Le gouvernement, lui, a réagi avec sarcasme, parlant de " plaisantins " et de " mise en scène ", insinuant que l'ex-Premier ministre aurait fui de son propre chef. Des rumeurs non confirmées l'ont situé tour à tour en Europe, en Amérique du Nord ou encore sur une pirogue traversant un bras du fleuve Congo. Mais aucune preuve tangible n'est venue étayer ces hypothèses.
Le LGD, de son côté, dénonce une campagne de désinformation orchestrée pour détourner l'attention. "Ce sont des montages, des manipulations. Nous voulons des faits, pas des fantasmes", a insisté Franklin Tshamala, balayant les images floues diffusées sur les réseaux sociaux.
Un exil politique assumé
Désormais en exil sans que son lieu de résidence ne soit pour l'instant révélé, Matata Ponyo affirme rester engagé. Selon ses proches, il est déterminé à poursuivre son combat pour " un véritable État de droit " en RDC. Il entend, selon les mots de son parti, " revenir au moment opportun " et "continuer à œuvrer pour un leadership fondé sur l'éthique et la responsabilité ".
Le LGD a en outre réaffirmé son soutien aux initiatives de paix lancées par les chefs religieux d'Asseinco et de l'ESCC, tout en appelant à une " refondation de notre capacité d'agir ensemble pour l'intérêt commun ".
FDA