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La Haute Cour militaire requiert la peine de mort contre Joseph Kabila
* Il a été jugé par contumace pour complicité avec le M23.
Le procureur général près la Haute Cour militaire, le général Lucien René Likulia, a requis, le vendredi 22 août, la peine de mort contre l'ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, poursuivi par contumace pour "trahison ", " crimes de guerre ", " organisation d'un mouvement insurrectionnel", " complot " et " apologie de crimes de guerre ".
C'est la première fois, dans l'histoire de la RDC, qu'un ancien président est jugé pour de telles accusations. Joseph Kabila, 54ans, est poursuivi pour son rôle dans la résurgence du groupe armé M23, coalisé avec l'Alliance Fleuve Congo (AFC), soutenu par le Rwanda. Selon le ministère public, l'ex-chef d'État aurait été l'instigateur d'une tentative de coup d'État visant à renverser le régime de son successeur, Félix Tshisekedi.
" L'auteur intellectuel "
Le général Likulia a dressé un réquisitoire accablant, affirmant que Kabila est "l'auteur intellectuel " des exactions perpétrées par le M23/AFC dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu : massacres de civils, viols, exécutions sommaires, déportations forcées et destructions massives.
Les preuves avancées par l'accusation sont multiples : une interview accordée au Sunday Times où Kabila aurait présenté le M23 comme " l'expression des aspirations du peuple congolais ", son passage par le Rwanda pour rejoindre Goma en mai dernier, alors aux mains des rebelles, et une série de témoignages d'acteurs politiques et de condamnés. Pour le procureur, ces éléments dessinent une "collaboration parfaite " avec le Rwanda et un projet clair : renverser le régime de Félix Tshisekedi.
Le ministère public a requis la peine de mort pour les accusations les plus graves, vingt ans de prison pour apologie de crimes de guerre et quinze ans pour complot. Il a aussi sollicité la mise sous séquestre des biens de Kabila, un mandat d'arrêt international et une arrestation immédiate en cas de retour au pays.
Absence remarquée de Kabila
Exilé depuis fin 2023, Joseph Kabila n'a pas comparu devant le tribunal. Son absence a été formellement actée à l'ouverture du procès, le 25 juillet dernier. Malgré son exil, il reste une figure politique influente en RDC.
Ses proches dénoncent une procédure politique destinée à l'écarter définitivement de la scène nationale. " C'est une mascarade judiciaire orchestrée par un régime aux abois ", a réagi Ferdinand Kambere, secrétaire général adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le parti fondé par Kabila.
Les provinces de l'Est - Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri ravagées par plus de trente ans de conflits, se sont constituées parties civiles dans ce procès, réclamant plusieurs millions de dollars de réparations.
Les avocats des victimes se félicitent du réquisitoire. Me Richard Bondo, chef du collectif des parties civiles, a déclaré :
" Les preuves sont accablantes. Joseph Kabila est condamnable sur tous les plans. Il n'y a aucune brèche pour son innocence. "
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO