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La Coalition de la Gauche congolaise réclame un dialogue national inclusif
La Coalition de la Gauche Congolaise (CGC) a tenu une réunion extraordinaire le mercredi 23 juillet. À l’ordre du jour l’analyse de la Déclaration de principe signée à Doha, au Qatar, entre le gouvernement congolais et le mouvement rebelle AFC/M23.
À l’issue de la réunion extraordinaire de la Conférence des présidents , la plateforme de Jean-Marc Kabund-a-Kabunda rendu publique une déclaration politique dans laquelle elle salue cette avancée diplomatique tout en appelant à une approche plus globale et inclusive pour mettre fin durablement à la crise sécuritaire qui secoue la région des Grands Lacs.
La Coalition salue la signature de la Déclaration de Doha comme "un geste politique fort, marquant la volonté partagée d’abandonner l’option militaire au profit d’un règlement pacifique du conflit". L’instauration du cessez-le-feu, imposé par l’accord, est également perçue comme un soulagement pour les populations civiles, longtemps prises en étau entre les feux croisés de l’armée nationale et des groupes armés.
« Le retour au dialogue est un choix responsable et salutaire», estime la CGC, tout en invitant les deux parties à faire preuve de bonne foi en respectant scrupuleusement les engagements pris. Le non-respect de cette Déclaration, avertit-elle, risquerait de relancer la spirale de violences et de ruiner les espoirs de paix.
Un plan de sortie de crise en deux temps
Mais pour la CGC, cette avancée, aussi importante soit-elle, reste incomplète. Elle rappelle que la crise congolaise dépasse le seul cadre du conflit avec le M23 et s’enracine dans une profonde crise de gouvernance, de justice sociale, et d’identité nationale. D’où la nécessité, selon elle, d’un plan de sortie de crise en deux temps :
1. Un dialogue international entre la RDC et le Rwanda, accusé de soutenir en sous-main le mouvement M23 un dialogue désormais engagé, selon la coalition, à travers l’accord de paix bilatéral.
2. Un dialogue national inclusif, entre Congolais de toutes sensibilités politiques, sociales, économiques et régionales.
La CGC estime que la signature de la Déclaration de Doha représente la fin de la première phase et devrait servir de tremplin vers un dialogue intercongolais inclusif. C’est à ce niveau, soutient-elle, que la nation pourra traiter en profondeur les multiples fractures qui la minent.
«Une paix sélective est une paix précaire»
Dans un ton plus ferme, la Coalition met en garde contre toute stratégie politique qui consisterait à négocier uniquement avec le M23, en ignorant les autres groupes armés, partis politiques, organisations de la société civile et mouvements citoyens.
«Une paix sélective est une paix précaire», tranche la CGC. Pire, avertit-elle, un accord de paix isolé avec une seule rébellion pourrait créer un dangereux précédent, où d’autres factions prendraient les armes pour obtenir un traitement similaire. Cela ouvrirait la voie à une balkanisation progressive du pays, alimentée par des accords bilatéraux fragmentés, déconnectés du tissu politique national.
«La paix durable ne se décrète pas par une signature...»
Pour la Coalition de la Gauche Congolaise, la guerre n’est que la manifestation la plus violente d’une crise plus vaste, affectant l’ensemble du pays. Pauvreté extrême, inégalités sociales, exclusion politique, déficit de l’État de droit, instrumentalisation des institutions… Autant de facteurs qui, selon elle, appellent à un réexamen profond du pacte national.
«La paix durable ne se décrète pas par une signature. Elle se construit par l’inclusion, le dialogue et la justice sociale», souligne la déclaration, qui insiste sur la nécessité de rassembler toutes les forces vives partis politiques, Églises, syndicats, mouvements citoyens, chefs coutumiers et organisations de femmes et de jeunes pour penser ensemble l’avenir du pays. S’adressant directement au peuple congolais, la CGC appelle à la vigilance citoyenne face aux tentatives de récupération ou de contournement du dialogue national pour des visées politiciennes. Elle dénonce toute logique de positionnement personnel qui sacrifierait l’intérêt général, particulièrement celui des populations de l’Est, premières victimes des dérives sécuritaires.
La Coalition réaffirme son attachement aux valeurs républicaines et se dit prête à mobiliser démocratiquement sa base pour exiger la tenue du dialogue national inclusif, gage d’un retour à une paix juste, équitable et durable.
Dans un climat de fatigue sociale, d’exaspération populaire et d’instabilité politique, la CGC choisit la voie de la concertation, mais ne baisse pas la garde. «Nous demeurons mobilisés derrière notre peuple. Et nous nous réservons le droit de faire entendre notre voix par tous les moyens démocratiques», conclut Jean-Marc Kabund-a-Kabund, signataire de la déclaration et figure de proue de cette coalition progressiste.
Jérémie ASOKO