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Ba trop sur bafaza mokate". Cette phrase n'est pas du lingala pur, mais plutôt du lingala argotique. Ce que le langage populaire des habitants de Kinshasa surnomment le "kindoubill" ou l'argot de Kinshasa mélangé à des expressions typiques.
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Jean-Marc Kabund plaide pour un dialogue inclusif
* Le dissident de l'UDPS réclame, par ailleurs, une réforme du mandat de la Monusco.
Président de l'Alliance pour le changement et de la Coalition de la gauche congolaise, Jean-Marc Kabund, a livré sa lecture des enjeux sécuritaires et politiques en République démocratique du Congo, au sortir de son entretien avec M. Delacroix, représentant onusien.
Trois axes principaux ont dominé leurs échanges : le renouvellement du mandat de la MONUSCO, les processus de paix en cours, et la nécessité d'un dialogue inclusif au niveau national et régional.
Concernant la MONUSCO, Jean-Marc Kabund a insisté sur la nécessité de clarifier et renforcer la prochaine résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. "Nous devons sortir des résolutions ambiguës. Quand on parle de protection des civils, il faut définir qui est civil et comment cette protection doit s'exercer", a-t-il déclaré.
Il a également plaidé pour un renforcement de la coopération entre l'ONU et des organisations régionales (Union africaine, SADC, CIRGL). Aussi, pour une meilleure prise en compte des acteurs locaux tels que la Société civile et les autorités coutumières. Selon lui, les causes profondes de l'instabilité, de la mauvaise gouvernance, de l'injustice sociale, de l'échec de la réinsertion des ex-combattants doivent être attaquées de front. Faute de quoi le pays restera prisonnier d'un cycle sans fin de conflits et de dialogues.
Washington, Doha… "Il faut un dialogue sincère et global"
Évoquant les processus de Washington et de Doha, Kabund a appelé à une approche pragmatique et inclusive. Il propose un dialogue à double niveau. Sur le plan international, la démarche devra impliquer Kinshasa et les pays voisins, cités comme acteurs de la crise à l'Est, en particulier le Rwanda et l'Ouganda ;
Interne, réunissant toutes les forces politiques et sociales du pays.
"Il faut un dialogue sincère, global, sans exclusion", martèle Jean-Marc Kabund, citant nommément Joseph Kabila, Moïse Katumbi, Matata Ponyo, Franck Diongo ou encore Corneille Nangaa… parmi les figures qui devraient être autour de la table.
Un risque de chaos imminent
Kabund a mis en garde contre un risque de "chaos imminent" et même de balkanisation si aucune initiative collective n'est prise rapidement. "Nous sommes tous concernés. Ce qui va arriver n'épargnera personne. Il est donc impératif que l'ONU, le gouvernement et l'ensemble des acteurs politiques congolais agissent ensemble", a-t-il insisté.
Pour l'ancien premier vice-président de l'Assemblée nationale, seul un dialogue inclusif et concerté peut constituer une véritable porte de sortie à la crise sécuritaire et politique qui mine la RDC depuis deux décennies.
Jérémie ASOKO