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Jean-Marc Kabund : "Nous sommes l'antisystème, la rupture"
Jean-Marc Kabund a officiellement lancé, hier mercredi 18 juin, la Coalition de la Gauche Congolaise (CGC), une nouvelle plateforme politique qui se veut résolument antisystème et propose une rupture radicale avec ce qu'il qualifie de "système de prédation enraciné depuis l'indépendance".
Devant une assemblée de leaders politiques et de militants, l'ancien président intérimaire de l'UDPS/Tshisekedi a livré un discours au ton ferme, brossant un tableau sombre de la gouvernance congolaise en même temps qu'il a annoncé les contours d'un projet politique alternatif.
Dans son adresse, Jean-Marc Kabund a retracé l'histoire politique de la RDC comme une longue succession de crises marquées par la "confiscation du pouvoir par une élite égoïste" et l'instrumentalisation des divisions ethniques à des fins politiciennes. Il a dénoncé un système qui, selon lui, s'est perfectionné sous différents régimes jusqu'à atteindre aujourd'hui "son paroxysme sous le pouvoir en place".
Sans épargner le régime Tshisekedi, qu'il accuse de perpétuer les mêmes pratiques qu'il prétendait combattre, Kabund a mis en exergue l'incapacité de l'État à assurer ses fonctions régaliennes et à transformer les immenses ressources naturelles du pays en bien-être pour la population.
Le projet porté par la CGC se veut une alternative idéologique fondée sur la justice sociale, la souveraineté nationale, la solidarité et la répartition équitable des richesses. "Nous ne sommes pas une énième plateforme électoraliste", a martelé Kabund, insistant sur le rejet des regroupements politiques sans convictions et des figures providentielles.
La CGC ambitionne de fédérer des forces politiques et sociales autour d'un projet de société articulé autour de six piliers stratégiques : la refondation de l'État, la restauration de l'autorité judiciaire, la diversification économique, le développement des infrastructures, la diplomatie souveraine et la protection de l'environnement.
Jean-Marc Kabund, qui se réclame comme étant le dépositaire du Tshisekedisme authentique, a dévoilé l'ossature d'un plan de gouvernance quinquennal en gestation, qu'il promet de rendre public dans les prochains mois. Il propose des réformes majeures, à savoir : la budgétisation zéro, qui mettra fin aux dépenses publiques reconduites automatiquement ; une fiscalité simplifiée et numérisée, reposant sur un identifiant fiscal biométrique ; un programme industriel de transformation locale des matières premières avec des incitations fiscales ; le renforcement des forces de défense, avec une armée de 500 000 à 750 000 hommes en dix ans, et l'acquisition d'armes stratégiques à long terme.
Face à la crise sécuritaire dans l'Est du pays, Kabund a plaidé pour une approche diplomatique à deux niveaux : un dialogue direct entre Kinshasa et Kigali sous supervision internationale, et un dialogue inter congolais inclusif pour sceller une cohésion nationale durable. Il a interpellé la communauté internationale et exhorté le président Félix Tshisekedi à prendre ses responsabilités "avant qu'il ne soit trop tard".
"L'heure de la rupture a sonné"
Pour finir, Kabund a lancé un appel au peuple congolais à rallier la dynamique antisystème. "L'heure de la rupture a sonné", a-t-il déclaré, positionnant la CGC comme un mouvement de refondation nationale.
La naissance de cette coalition de gauche marque un nouvel épisode dans le paysage politique congolais en perpétuelle recomposition. Reste à savoir si cette initiative saura fédérer au-delà de la posture contestataire pour s'imposer comme une force crédible face aux partis traditionnels.
FDA