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Insanités dans les chansons : le silence de la commission de censure inquiète
La commission de censure est malade. Cette institution du ministère de la Justice, créée pour réglementer le domaine musical et a du mal à faire barrière aux abus dans les chansons qui s’infiltrent dans nos oreilles.
A l’époque de l’indépendance, les musiciens composaient et chantaient des chansons pour immortaliser des événements historiques. La célèbre chanson de Joseph Kabasele « Indépendance cha-cha » en est la parfaite illustration. Des dizaines d’années après sa sortie, cette chanson ne perd pas de sa saveur. C’est pour dire que son contenu a un fond inébranlable.
Aujourd’hui, l’actuelle génération des musiciens se fourvoie dans des chansons pleines d’insanités. Ils ont traversé le rubicon jusqu’à s’illustrer dans des compositions où ils enscencent des ministres, des PDG, des députés, des sénateurs et, comble de scandale, même le président de la République et son épouse. C’est le phénomène « mabanga » comme le surnomment les Kinois.
Aussi curieux que cela puisse être, aucune de ces autorités ne réagit pour mettre en garde ces musiciens et leur interdire cette pratique qui déshonore nos dirigeants. À ce propos, il sied de féliciter un général de l’armée qui est sorti du lot pour avoir menacé un auteur compositeur d’une chanson où il était cité.
Dans cette situation, là où le bât blesse c’est lorsque la commission de censure reste silencieuse, sans la moindre réaction. Pourtant, son rôle dans ce domaine est très important.
À ce propos, l’histoire nous renseigne que pendant la deuxième république mobutiste, un procureur général de la république avait fait incarcérer à Luzumu, dans le Kongo central, le célèbre musicien Franco Luambo Makiadi pour avoir composé une chanson qui a heurté la morale collective.
Franco était pourtant très proche du pouvoir de l’époque et paraissait même intouchable. Mais, il avait subi la rigueur de la loi.
A une certaine époque, nos artistes musiciens ont composé des chansons éducatives pour éveiller la conscience populaire. Les frères Soki sont restés célèbres avec leur titre « Zamba » où ils ont exalté les bienfaits de la forêt. Nous pouvons les considérer aujourd’hui comme des précurseurs de la lutte contre le réchauffement climatique. Si cette chanson était composée et chantée de nos jours, les frères Soki auraient sans aucun doute, arraché un prix de la part de l’ONU. Nos artistes chanteurs, s’ils étaient sages, auraient dû adapter cette chanson dans le contexte actuel pour attirer l’attention du Fonds mondial de l’environnement par exemple.
Ils avaient également produit un chef-d’œuvre dans lequel ils conseillaient les automobilistes à conduire en respectant le code de la route, pour éviter des accidents.
« Il est regrettable de constater que nos musiciens actuels, au lieu de composer des chanson qui vont dans le sens d’éduquer les masses, s’intéressent plus aux sujets dont les contenus sont sablonneux« , regrette un passant.
Il existe, d’ailleurs, beaucoup d’autres thèmes qui auraient dû attirer leur attention, notamment le banditisme urbain auquel se livrent beaucoup de jeunes, l’insalubrité dans laquelle ploient nos villes, la corruption, etc…
Face au silence de la commission de censure, et surtout des églises, le regard va être tourné maintenant vers les ONG des droits humains et vers la presse. Ces dernières sont invitées à combler ce vide pour sauver la société des travers véhiculés par notre musique. Sinon, nous n’ aurons que nos yeux pour pleurer devant l’écroulement du dernier verrou qui donne encore un peu de fierté à la RDC. Muke MUKE