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INONDATIONS A KINSHASA ET LEURS CONSEQUENCES : Vivement l'interpellation du gouvernement !
Après la pluie diluvienne qui a endeuillé la ville de Kinshasa le week-end dernier, le ministre de l'Urbanisme et Habitat, Crispin Mbadu est intervenu le lundi 7 avril pour annoncer quelques mesures importantes en vue de prévenir l'avènement des pareilles catastrophes. En fait, il ne s'agit pas d'annonce mais plutôt de rappel des mesures qui ont été prises, il y a peu , par l'exécutif qui malheureusement, pour des raisons difficiles à comprendre, ne les a pas exécutées. Il s'agit entre autres du curage des caniveaux et d'autres ouvrages d'assainissement, la démolition des constructions anarchiques précisément des bâtiments illégalement érigés, le respect des plans d'urbanisme, la lutte contre les occupations anarchiques...
Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas appliqué des mesures aussi salvatrices? Telle est la question que l'on doit se poser. La réponse n'est pas à chercher loin. Il s'agit du manque de détermination et de vision dans le chef des autorités, que d'aucuns ne cessent de déplorer depuis des lustres.
Cette défaillance de l'Exécutif exige que la représentation nationale initie une interpellation contre les ministres de l'Urbanisme et Habitat, des Affaires foncières, et de l'Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières pour n'avoir pas été capables d'exécuter les décisions prises par le conseil des ministres.
Mais aussi curieux que cela puisse paraître, l'Assemblée nationale est restée indifférente face aux drames vécus par la population de Kinshasa. Aucun député n'a eu le courage de monter au créneau pour exiger des comptes à l'institution qui gère au quotidien la res publica . Cette léthargie des élus démontre à suffisance qu'ils ne se sentent pas proches de la population. C'est qu'ils ne sont pas effectivement leur émanation. Ce qui prouve à suffisance que leur élection n'est donc pas le fruit des choix des électeurs.
le pire n'est pas passé
Cependant, au regard du danger qui guette la grande métropole congolaise, si rien n'est entrepris de toute urgence, les conséquences risquent d'être encore plus dramatiques. Mais pour que le gouvernement se réveille de son sommeil, les députés doivent le pousser à accomplir comme il se doit leurs prérogatives. Car, l'Agence nationale de météorologie et de télédétection par satellite (Mettelsat) affirme que le pire n'est pas passé et exhorte les autorités à prendre des dispositions qui s'imposent pour délocaliser les populations proches des rivières.
La loi est dure, mais c'est la loi
L'une des mesures phares rappelées par le ministre de l'Urbanisme et Habitat concerne la démolition des constructions anarchiques. Au nombre de celles-ci, figure l'église branhamiste Shekina érigée sur la rivière Ndjili. Elle est l'une des causes des inondations qu'a connues cette partie de la Tshangu. À ce sujet, le ministre d'État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, a regretté le fait que si le gouvernement détruit cet édifice, certains vont commencer à vilipender le président de la République au motif qu'il a violé le droit de propriété de ladite église.
Le Garde des Sceaux congolais devrait savoir que lorsqu'on dirige toute entité, l'on doit s'attendre à des critiques surtout de la part des hors-la-loi qui résistent toujours aux changements. La loi est dure, mais c'est la loi, dit un adage. Lorsqu'il faut l'appliquer, l'autorité ne doit pas tergiverser. Aujourd'hui, pour n'avoir pas fait exécuter cette mesure de démolition, les ministres de l'Urbanisme et Habitat, des Affaires foncières, et de l'Intérieur ont provoqué des dégâts humains et matériels incommensurables dans la ville de Kinshasa. On ne dirige pas un pays avec le cœur. Il faut imposer la force de la loi surtout face à un peuple qui respecte difficilement les lois du pays et les instructions des autorités.
Pour revenir aux prévisions météorologiques de la Mettelsat, les populations qui habitent les sites à risque sont appelées prendre les dispositions appropriées pour évacuer les lieux aux fins de sauvegarder leur vie, car le premier protecteur de sa vie c'est d'abord l'individu lui-même. L'État ne vient intervenir qu'en second plan.
En tout état de cause, la meilleure approche pour le gouvernement est celle qui consiste à intervenir en amont en établissant les règles rigoureuses auxquelles est astreint tout citoyen. En aval, en cas de dégâts, la sanction doit être prise avec toute la rigueur sans atermoiements. Ainsi, sentira-t-on l'effectivité de l'autorité de l'État. Et la RDC redeviendra alors un pays respectable.
Muke MUKE