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Patrick Muyaya appelle à une responsabilité accrue des médias et des citoyens
Le ministre de la Communication et Médias, également Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a participé le mardi dernier, à une rencontre axée sur la vérification de l'information, tenue à Kinshasa avec le soutien de la Délégation de l'Union européenne en RDC.
Cette activité a réuni plusieurs personnalités diplomatiques et institutionnelles autour d'un échange de haut niveau consacré aux effets de la désinformation sur les processus de stabilité et de cohésion sociale.
Le panel a notamment compté la participation du Chargé d'affaires de l'Union européenne en RDC, Fabrice Basile, de l'Ambassadeur de Suède ainsi que de l'Ambassadeur d'Ukraine en RDC, le Dr Vasyl Hamianin.
Lors des discussions, Patrick Muyaya a salué l'initiative européenne, estimant qu'elle s'inscrit pleinement dans les axes prioritaires du Gouvernement pour l'année 2026.
Il a rappelé que la propagation de fausses informations constitue aujourd'hui une menace sérieuse pour la paix et l'unité nationale.
" Les contenus trompeurs circulant sur les plateformes numériques ont pour objectif de manipuler l'opinion et de fragiliser le vivre-ensemble. Face à ce constat, d'où l'importance de renforcer les capacités des professionnels des médias afin qu'ils puissent mieux comprendre les mécanismes actuels de production et de diffusion de l'information", a-t-il fait savoir.
Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité de privilégier la sensibilisation et la formation du public, en particulier des jeunes, plutôt que de recourir à des restrictions excessives.
Il a, par ailleurs, indiqué que l'éducation aux médias permet de développer l'esprit critique et d'encourager des réflexes responsables face aux contenus douteux.
POUR L'EMERGENCE D'UN JOURNALISME DE VERIFICATION
A l'approche de la Journée internationale du fact-checking, prévue au mois d'avril, le Porte-parole du Gouvernement a plaidé pour l'émergence d'un journalisme de vérification plus structuré en RDC.
Le numéro 1 de la Communication en RDC a estimé que le pays gagnerait à former davantage de spécialistes capables d'identifier et de démonter les fausses informations, y compris lorsque celles-ci proviennent de sources réputées crédibles.
La lutte contre la désinformation repose avant tout sur le comportement individuel des citoyens
Évoquant un exemple récent ayant semé le trouble dans l'opinion publique, le ministre Muyaya a rappelé que la notoriété d'une personnalité ne garantit pas nécessairement l'exactitude de ses propos, d'où la nécessité de toujours confronter l'information aux faits.
Patrick Muyaya a en outre, souligné que la lutte contre la désinformation repose avant tout sur le comportement individuel des citoyens. Avant d'exhorter la population à faire preuve de retenue et à s'appuyer sur des médias reconnus avant de relayer des informations sensibles.
Abordant la dimension sécuritaire, le ministre de la Communication a mis en garde contre les campagnes informationnelles hostiles visant la RDC, appelant chacun à exercer son sens critique afin de ne pas contribuer à la diffusion de messages nuisibles à la cohésion nationale.
DANGERS LIES AU PARTAGE PRECIPITE D'IMAGES ET DE MESSAGES
De son côté, le Chargé d'affaires de l'Union européenne en RDC, Fabrice Basile, a axé son intervention sur les défis liés à l'essor des technologies numériques.
Il a rappelé que l'évolution rapide des outils de communication a profondément transformé les pratiques journalistiques, rendant indispensable une vigilance constante.
Le diplomate européen a alerté sur les dangers liés au partage précipité d'images et de messages sur les réseaux sociaux, soulignant que ces contenus peuvent provoquer des réactions émotionnelles fortes et entraîner des conséquences graves.
S'adressant particulièrement aux jeunes, il a mis en évidence les risques que représente une utilisation irresponsable des réseaux sociaux, notamment dans le milieu scolaire, évoquant des situations dramatiques observées tant en Europe qu'en RDC.
Fabrice Basile a appelé à un engagement collectif des institutions, des familles et des éducateurs afin d'encadrer la jeunesse et de promouvoir une culture numérique fondée sur l'éthique, le respect et la responsabilité.
Tricya MUSANSI