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Les travaux de réhabilitation de la route Cité Verte-Kimwenza sont à l'arrêt
Les pluies diluviennes qui s’étaient abattues sur la ville de Kinshasa à la fin de l’année dernière, avaient détruit la route qui va de la Cité Verte à la gare de l’Onatra située à Kimwenza, commune de Mont-Ngafula. Ce tronçon routier est très important pour trois raisons majeures.
Primo, il sert de route de desserte agricole pour l’évacuation des produits agricoles en provenance du territoire de Kasangulu au Kongo Central. Pour éviter les embouteillages de Matadi Kibala, les chauffeurs empruntent ce détour.
Secundo, cette voie conduit à l’usine de traitement d’eau de Lukaya de la Regideso. Son impraticabilité pose de sérieux problèmes aux engins de cette entreprise étatique pour atteindre l’usine.
Après le dégât survenu vers la fin de l’année 2025, l’entreprise sélectionnée pour les travaux de réhabilitation n’a pas été à la hauteur de la tâche lui confiée. Visiblement, elle ne disposait pas d’engins appropriés pour ce type des travaux. C’est pourquoi, elle n’est pas allée jusqu’au bout de la réhabilitation de ce tronçon.
Malheureusement, le mois dernier une forte pluie est venue endommager la partie du tronçon qui était encore en bon état. En ce moment, la route se trouve dans un état de délabrement tel que les véhicules de gros tonnage ne peuvent pas l’emprunter.
Route à caractère touristique
Tertio, la route Cité Verte -Kimwenza est à caractère touristique parce qu’elle mène vers le sanctuaire des Bonobo, une espèce rare de chimpanzé qu’on ne trouve qu’en République démocratique du Congo. Depuis son délabrement, les véhicules du site ne sont plus visibles sur cette route. On ne sait pas comment les travailleurs qui y prestent atteignent le sanctuaire.
Face à cette situation déplorable, il aurait fallu que le gouvernement engage des travaux d’urgence de type «Haute intensité de main -d’oeuvre»(Himo). Tel n’est pas le cas malheureusement.
Où est parti l’Office de routes ?
Face à la détérioration de nos routes, maints Congolais ne cessent de se poser la question de savoir ce qu’est devenu l’Office de routes, qui a fait la pluie et le beau temps en RDC depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale.
Cette question en appelle une autre, celle de savoir sur base de quels critères s’opère l’attribution des marchés de construction ou de réhabilitation aux entreprises soumissionnaires.
À ce propos, les citoyens lambda déplorent la complaisance dans les choix qui sont effectués. Selon les informations dignes de foi, le clientélisme politique influencerait grandement ce qui se passe dans ces marchés. En conséquence, même les entreprises qui ne disposent pas d’équipements propres sont retenues pour exécuter les travaux publics bien que de caractère urgent.
Cette complaisance fait que la qualité de ces travaux laisse très souvent à désirer. Et quelque moment après, les routes réhabilitées de manière vaille que vaille retombent dans leur état initial. Dans ce cas, le Trésor public est de nouveau obligé de décaisser des fonds pour le même travail.
En principe, les opérateurs économiques reconnus coupables de ce type d’acte répréhensible devraient être traduit devant les instances judiciaires pour répondre de leur crime. S’ils sont jugés et condamnés, les autres aventuriers s’abstiendraient de se comporter de la même manière pour éviter des sanctions exemplaires. Mais laisser ces inciviques se pavaner dans la rue, équivaudrait à favoriser l’impunité et la corruption à ciel ouvert.
Muke MUKE