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La RDC prend la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’Onu
La République démocratique du Congo assure, du 1er au 31 juillet 2026, la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies, une responsabilité diplomatique majeure que Kinshasa entend mettre à profit pour porter un plaidoyer ambitieux en faveur de la paix, de la sécurité et d’une nouvelle gouvernance des ressources naturelles.
Cette présidence mensuelle intervient dans le cadre du mandat de membre non permanent qu’occupe la RDC pour la période 2026-2027. Le pays succède à la Colombie, qui a dirigé les travaux du Conseil en juin, et cédera le flambeau au Danemark en août, conformément au principe de rotation alphabétique en langue anglaise appliqué aux quinze membres de cet organe central des Nations unies.
Dans un contexte international marqué par la multiplication des crises sécuritaires et géopolitiques, la Mission permanente de la RDC auprès des Nations unies a affirmé, dans un message publié le 30 juin sur le réseau social X, que Kinshasa entend exercer cette présidence «avec responsabilité et engagement», en mettant l’accent sur le dialogue, la prévention des conflits, la protection des civils et le renforcement du multilatéralisme.
DEUX PRIORITÉS
Deux priorités structurent le programme du Congo : le renforcement de la paix et de la sécurité internationales, ainsi que la prévention et la résolution des conflits. La représentation congolaise a également assuré qu’elle communiquerait régulièrement sur les principales activités inscrites à l’agenda de cette présidence.
Mais au-delà de ces orientations institutionnelles, le président de la République, a dévoilé une ambition politique plus large lors de son discours à la Nation prononcé à l’occasion du 66ème anniversaire de l’indépendance de la RDC.
Le chef de l’État a annoncé l’organisation prochaine, aux États-Unis, d’une réunion de haut niveau consacrée aux liens entre ressources naturelles, paix, sécurité et développement durable. Il a également indiqué qu’il inviterait, en sa qualité de président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, à prendre part à cette rencontre.
«La RDC ne sera plus réduite à l’image d’un pays que l’on convoite, que l’on pille ou que l’on déstabilise. J’en ai fait le serment devant la Nation», a déclaré Félix Tshisekedi. Et d’ajouter : «Notre message sera clair : les ressources naturelles de la RDC ne doivent plus être regardées comme une malédiction. Elles doivent devenir un levier de paix, de prospérité, de souveraineté, de justice et de transformation pour le peuple congolais».
ÉLUE AVEC 184 VOIX SUR 187
Élue le 3 juin 2025 par l’Assemblée générale des Nations unies avec 184 voix sur 187 suffrages exprimés, la RDC a officiellement pris ses fonctions en janvier 2026, signant ainsi son retour au Conseil de sécurité après deux précédents mandats exercés en 1982-1983 et 1990-1991.
Depuis le 2 janvier dernier, les drapeaux des cinq nouveaux membres non permanents pour le mandat 2026-2027 flottent au siège des Nations unies à New York : Bahreïn, la Colombie, la RDC, la Lettonie et le Libéria. Leur entrée en fonction a marqué le début d’un mandat de deux ans au sein de l’organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Bien qu’ils ne disposent pas du droit de veto, réservé aux cinq membres permanents, les membres non permanents participent pleinement aux négociations et aux votes, exerçant une influence réelle sur l’élaboration des résolutions et l’orientation des réponses internationales aux crises.
En intégrant le Conseil de sécurité, la RDC a également rejoint, avec le Libéria, le groupe des A3, qui rassemble les trois États africains siégeant simultanément comme membres non permanents. Cette position confère à Kinshasa un rôle stratégique de coordination et de défense des positions de l’Union africaine sur les grandes questions touchant le Continent.
Jérémie ASOKO
