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Kinshasa : Des brigands en tenue kaki terrorisent les "wewa" et les cambistes
Ils inspirent désormais une peur bleue dans les rangs des conducteurs de taxi-moto communément appelés "wewa", et les cambistes. Eux, ce sont les brigands en armes qui surgissent souvent à l'improviste, moulés dans leurs tenues kaki.
Les plaintes pleuvent à gogo. À Limete, les conducteurs de moto-taxis, qui assurent les transports en commun sont devenus des cibles quotidiennes. Que des motos arrachées ! Que des victimes dépouillées de leurs moyens de survie !
Certains n'arrivent plus à se mouvoir après avoir reçu des balles à bout portant dans leurs jambes pour avoir osé résister à l'ordre de céder leurs motos.
À la poursuite des motos neuves
"Le jeudi dernier, nous raconte un motard sexagénaire, deux brigands en tenue militaire, juchés sur une moto, ont surgi au parking de la 12ème rue à Limete à 21 heures, semant la panique dans les rangs de tous nos collègues motards qui attendaient des passagers à acheminer au quartier industriel".
"Ciblant ceux qui détenaient des motos neuves qui avaient à peine roulé pendant quatre jours, ils ont tiré des balles en l'air, surprenant même les policiers qui campent sur place. Quand les agents de l'ordre se sont tapis, ils ont arraché les clés de contact de deux de conducteurs et ont disparu dans la nature au volant de chacun de ces deux taxis-motos flambant neufs", dénonce notre interlocuteur.
Connaisseurs en la matière, ces brigands sont réputés pour le vol des motos neuves. Doués dans la conduite des mobylettes, ils ne tardent jamais sur le lieu d'opération après avoir commis le forfait. Ceux qui osent résister en ont pour leur compte.
Réputés pour leur gâchette facile
"Réputés pour leur gâchette facile, ces brigands n'hésitent pas à loger des balles dans le corps de ceux qui leur résistent", nous confie un haut responsable des conducteurs de taxi-motos à Limete.
Craignant des représailles, les "wewa" n'osent crier gare ni alerter les autorités du pays face aux menaces quotidiennes dont ils font l'objet. Sachant surtout que leurs "prédateurs" rôdent souvent le soir au-delà de 21 heures quand les embouteillages s'estompent. Leurs pourfendeurs sont ainsi assurés de filer à toute allure sur le boulevard Lumumba après avoir commis le forfait.
"Il y a trois semaines, à la 11ème rue à Limete, deux brigands en tenue kaki ont pris d'assaut un de nos camarades qui avait une moto toute neuve. Il était environ 21 heures. Juchés sur une autre moto, ils lui ont braqué une arme, arraché sa clé de contact et exigé qu'il leur abandonne la mobylette", nous rapporte un autre motard, la cinquantaine révolue.
"Notre ami, poursuit-il, a profité de l'embouteillage pour disparaître dans la foule, laissant la clé entre les mains de ses poursuivants".
Les cambistes, les plus prisés des cibles
"Les plus prisés des cibles sont les cambistes. À la 7ème rue de Limete, quartier industriel, ces hommes en uniforme se sont accoutumés à surgir, munis de leurs armes", commente un autre motard qui requiert l'anonymat.
"Ils tirent généralement en l'air, dit-il, pour disperser la foule, avant de disparaître avec des paquets de billets de banque. Aux cambistes qui résistent, ils n'hésitent pas à leur loger des balles dans le corps".
KMR