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Le Gouvernement et le ban syndical instituent une commission mixte pour examiner les revendications
Le Gouvernement est en passe de désamorcer la grève annoncée des médecins. A l’expiration du préavis de grève des hommes en blouse blanche, samedi 10 juillet, l’Exécutif a pris langue avec le ban syndical au cours d’une rencontre présidée hier dimanche 11 juillet par le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau.
Happy end ? Peut-être trop tôt pour le dire. A l’issue de cette séance de travail, à laquelle ont pris part le ministre d’Etat au Budget, Aimé Boji Sangara, et celui de la Santé, Dr Jean-Jacques Mbungani, le Gouvernement et les délégués syndicaux ont mis en place une commission pour examiner toutes les revendications jugées légitimes exprimées par les médecins dans leur cahier de charge.
« Nous avions lancé un préavis de grève, à l’expiration dudit préavis, sur instruction du Premier Ministre Sama Lukonde, le VPM en charge de la Fonction publique a eu à présider une séance de travail avec le ban syndical, à l’issue de laquelle il a été décidé de la mise en place d’une commission qui va devoir examiner les revendications des médecins en termes de solutions concrètes à trouver à cours, moyen et long terme« , rapporte le Secrétaire général du Syndicat des médecins de la RDC (SYMECO), Dr Juvénal Muanda Nlenda, interrogé par la presse.
En contrepartie, indique le Secrétaire général du SYMECO, le Gouvernement demande aux médecins des services publics de l’Etat de reconsidérer leur position consistant d’aller en grève. « Mais en tant que ban syndical, nous allons d’abord porter l’information aux médecins qui vont décider de l’option finale à lever« , fait savoir Dr Juvénal Muanda Nlenda.
A la question de savoir quand, le SG du SYMECO répond : « Il est question que les médecins se réunissent en urgence, nous espérons que les assemblées générales seront tenues pour qu’en temps utile nous puissions porter à la connaissance du Gouvernement l’option qui sera levée par les médecins« .
Actualiser le projet d’ordonnance présidentielle
A en croire le Secrétaire général du SYMECO, la commission interministérielle commence le travail ce lundi avec le ban syndical. Il sera question d’actualiser dans un premier temps l’ordonnance présidentielle nommant les médecins généraux, les médecins chefs de service et les médecins résidents.
Ensuite, corriger la liste des médecins qui touchent déjà la prime de risque professionnel mais qui ne sont pas matriculés, corriger également la liste des médecins sous statuts depuis 2008 mais non mécanisés.
D’après les syndicalistes, c’est ce qu’il y a à faire d’urgence pour que le VPM en charge de la Fonction publique ait un document à présenter au prochain Conseil des ministres. Les délégués syndicaux précisent à l’attention des médecins qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle ordonnance, c’est la même, de laquelle vont être élagués les personnes décédées.
S’agissant de la paie des médecins, le Gouvernement a fait savoir que tout se fera au sein de la commission instituée. Le ban syndical a demandé que l’on corrige les primes de risque professionnel tout en respectant les barèmes y afférents.
Pour les syndicalistes, cette revendication devrait trouver une solution immédiatement. Mais la partie gouvernementale a fait comprendre à ses interlocuteurs qu’elle ne pouvait pas donner suite dans l’immédiat et qu’ils devraient attendre que la commission mise en place puisse d’abord en évaluer l’impact budgétaire.
Ce n’est pas tout. La question relative aux transports et logements des médecins sera également examinée par ladite commission.
Quant à l’IPR, le Gouvernement aurait instruit le Budget d’arrêter avec le prélèvement opéré sur les primes de risques professionnels des médecins. Mais, c’est une question éminemment technique qui sera discutée au sein la cellule technique. Et de ce point de vue, le Gouvernement serait disposé à faire le pas, d’après le SG du SYMECO.
A voir la détente qui a caractérisé ces négociations hier, des observateurs sont tentés de croire que les délégués syndicaux et le Gouvernement se sont compris. « Nous sommes pour un dialogue social apaisé. Il ne faut toujours pas attendre le préavis de grève pour entamer les négociations avec le ban syndical« , a souligné Dr Juvénal Muanda.
Sans présager de la suite des pourparlers, l’Exécutif serait en passe de désamorcer la bombe estampillée « grève des médecins« . A la grande satisfaction du peuple d’abord. Didier KEBONGO