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La réussite de la restauration des paysages forestiers passe par l’appropriation de la question par les parties prenantes
« La solution à la question de restauration des paysages forestiers dans le Bassin du Congo passe par une appropriation des partis prenantes entre autres le gouvernement, les sociétés civiles, les communautés locales et les peuples autochtones. Car depuis la nuit des temps les communautés locales et peuples autochtones restauraient les paysages grâce à leur savoir-faire ancestral. Mais aussi par la réforme de la structure des droits fonciers et forestiers et le développement des mécanismes juridiques qui transfert des terres et territoires aux communautés locales et peuples autochtones avec des titres collectifs », c’est ce que préconise le chercheur camerounais, Phil René Oyono, dans sa présentation au side event du CIFOR-ICRAF, lors de la 1er Conférence internationale sur l’Afforestation et le Reboisement (CIAR), tenu à Brazzaville du 2 au 5 juillet.
Selon les résultats de ses études, le chercheur affirme qu’aussi longtemps que les droits fonciers et forestiers des communautés locales (CL) et peuples autochtones (PA) ne sont pas réglés, la question sur la restauration des paysages continuera à poser problème. « Les droits des communautés locales et des peuples autochtones ne sont toujours pas réglé. Dans nos pays les gouvernements centraux sont encore les propriétaires des terres et des forêts. 80% des pratiques foncières dans les pays du Bassin du Congo en milieu rural sont faites sur base de la coutume, c’est la loi coutumière qui continue à prédominer, tandis que les écrites sont dominant dans les milieux urbains. Nos États n’ont pas encore réussi à gérer ce problème », a déploré l’intervenant.
Faible prise en compte du consentement des CL et PA
Dans le même ordre d’idée il a plaidé pour une meilleure prise en compte de l’avis des CL et PA dans la mise en œuvre des différents programmes ou projets et non l’imposition. « Il existe une faible prise en compte du consentement libre des populations locales et peuples autochtones dans la mise en place des processus, programmes ou projets dans la restauration des paysages. C’est ce que j’appelle la restauration par le haut, il faut s’en méfier parce que si cette restauration se reproduit sur des années, j’ai bien peur que cela se termine par un échec ».
Phil René Oyono a, par ailleurs, épinglé le problème de la durabilité des programmes après l’arrêt des financements. « Quand le financement par certains organismes tombe, il faut que les gouvernements centraux et locaux la société civile et les communautés locales s’organisent pour autofinancer la restauration des paysages forestiers, sinon dès qu’un financement prend fin il n’y a plus rien qui se fait , tout s’arrête ».
L’expert a cependant, salué les efforts qui sont en train de se faire, au niveau sous régional pour promouvoir le processus de la mise en œuvre de restauration des paysages forestiers.
Fyfy Solange TANGAMU