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Kasaï-Central : la Lizadeel appelle à maintenir les filles à l'école
La rentrée scolaire 2026-2027 est effective dans l'ensemble des écoles du Kasaï-Central, selon le constat dressé par la Ligue de la zone Afrique pour la défense des droits des enfants et élèves (Lizadeel). L'organisation appelle, toutefois, à renforcer les efforts pour garantir la scolarisation des filles, particulièrement dans les milieux ruraux. D'après son monitoring, la reprise des cours est effective dans les établissements scolaires de la province. Maître Jean-Malhis Lungala, coordonnateur provincial de la Lizadeel, relève néanmoins que certains territoires continuent de faire face à plusieurs défis, notamment en ce qui concerne la scolarisation et le maintien des filles à l'école.
Dans les villages et certaines communautés rurales, des pratiques sociales continuent de favoriser le mariage précoce des filles. Selon le responsable de la Lizadeel, certaines adolescentes, parfois âgées de 14 ou 15 ans, sont encore orientées vers le mariage au détriment de leurs études.
Il estime que les sensibilisations menées auprès des parents et des communautés commencent à produire des effets, mais que le travail doit se poursuivre pour faire évoluer les mentalités et rappeler que les filles disposent des mêmes droits à l'éducation que les garçons.
LA LIZADEEL INTENSIFIE LE PLAIDOYER
"Les parents comprennent qu'il y a aussi égalité de chance entre les filles et les garçons, c'est un des aspects de leurs études, et que les filles doivent étudier au même titre que les garçons", fait valoir Maître Jean-Malhis Lungala.
Pour favoriser le retour et le maintien de tous les enfants à l'école, la Lizadeel dit avoir intensifié son plaidoyer auprès des décideurs et des parents.
L'organisation insiste notamment sur la gratuité de l'enseignement primaire et encourage les parents à accompagner leurs enfants malgré les difficultés économiques auxquelles certaines familles sont confrontées, notamment l'absence d'emploi ou de revenus réguliers.
La Lizadeel plaide également pour que les enfants ayant interrompu leur scolarité pendant plusieurs années puissent bénéficier d'un accompagnement adapté. Maître Jean-Malhis Lungala souhaite notamment une collaboration entre les autorités provinciales, le secteur de l'éducation et les services des Affaires sociales afin d'identifier ces enfants et de favoriser leur réintégration dans un parcours scolaire.
LES DIFFICULTES FINANCIERES NE DOIVENT PAS ETRE UNE CAUSE D'ABANDON DES ETUDES
Pour lui, les difficultés financières ne devraient pas conduire les enfants à abandonner définitivement l'école. Il encourage les parents à fournir, dans la mesure de leurs possibilités, les fournitures et uniformes nécessaires au retour en classe.
Le coordonnateur provincial de la Lizadeel s'attaque également aux préjugés qui ont longtemps présenté l'éducation des filles comme un investissement moins utile que celle des garçons. Il estime que l'évolution de la société démontre au contraire que les femmes peuvent occuper des responsabilités importantes lorsqu'elles bénéficient d'une éducation adéquate.
À Kananga, relève-t-il, des femmes exercent déjà des fonctions de responsabilité dans différents secteurs, notamment dans l'administration, l'éducation et la magistrature. Pour la LIZADEEL, la scolarisation des filles doit donc être considérée comme un investissement au même titre que celle des garçons.
APPEL À LA PROTECTION DES ÉLÈVES
Maître Jean-Malhis Lungala alerte enfin sur la nécessité de renforcer la protection des enfants dans le milieu scolaire. Il rappelle que des cas d'abus sexuels impliquant des enfants avaient été rapportés l'année précédente et appelle les établissements, les enseignants et les parents à une vigilance accrue.
Il considère l'enseignant comme un "deuxième parent" de l'élève et insiste sur la responsabilité qui lui incombe dans la protection des enfants.
La Lizadeel invite également les élèves, particulièrement les garçons, à rester concentrés sur leurs études et à se montrer prudents face aux manipulations ou sollicitations susceptibles de les détourner de leur objectif scolaire.
Pour l'organisation, la réussite de l'année scolaire dépend ainsi non seulement de la présence des élèves dans les salles de classe, mais aussi de leur protection, de leur maintien à l'école et de l'engagement des parents et des autorités à leur garantir un environnement favorable à l'apprentissage.
Félix MULUMBA
KALEMBA