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Insécurité à Kinshasa : 127 Kuluna envoyés à Angenga en 48 heures !
Le gouvernement poursuit son offensive contre le phénomène Kuluna, qui gangrène les grandes villes, notamment Kinshasa. Ce week-end des 4 et 5 janvier 2025, 127 détenus au total, condamnés pour divers actes criminels, ont été transférés de la prison centrale de Makala et de Ndolo à celle de haute sécurité d'Angenga, située dans la province de la Mongala. Parmi eux, 70 sont condamnés à la peine capitale.
Ces transferts s'inscrivent dans le cadre des opérations "Ndobo" (Hameçon) et "Zéro Kuluna", menées par la police congolaise et le gouvernement pour traquer et neutraliser les gangs urbains. Ces campagnes ont permis l'arrestation massive de bandits communément appelés Kuluna,qui sèment la terreur dans la capitale.
Constant Mutamba, ministre d'État en charge de la Justice, a supervisé personnellement le transfert. "Nous devons mettre fin au système Kuluna ici. Comme je l'avais promis, ce phénomène disparaîtra", a-t-il déclaré avec fermeté avant de préciser aux détenus leur sort: "Vous savez où on vous amène ? On vous amène à Angenga. La peine de mort sera exécutée. Commencez à prier, demandez pardon à Dieu et aux victimes de vos actes".
Dans un message adressé aux familles, Me Mutamba a averti : "Les parents doivent savoir que leurs enfants arrêtés comme Kuluna, dès qu'ils sont confiés à la justice, ne leur seront plus rendus".
Les prisons et cachots de Kinshasa, saturés par le nombre croissant de criminels arrêtés, nécessitent une solution rapide pour éviter des conditions de détention déplorables. Le transfert vers Angenga, une prison de haute sécurité, vise à soulager la pression sur ces infrastructures et à permettre à la police de poursuivre la traque des malfaiteurs encore en liberté.
Dans cette perspective, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, représenté par le commissaire provincial de la police, Blaise Kilimbalimba, a visité le centre de formation de la police à Mbakana. L'objectif est d'y aménager un centre d'arrêt temporaire pour les Kuluna avant leur jugement ou transfert vers des prisons de haute sécurité.
Cependant, la décision d'exécuter les condamnés soulève un débat au sein de la société civile et des organisations internationales. Si certains estiment que ces mesures dissuaderont les criminels, d'autres plaident pour une approche centrée sur la réhabilitation.
"Ces jeunes ne sont pas nés Kuluna, ils le sont devenus à cause de circonstances sociales et économiques. Plutôt que de les condamner à mort, nous devrions investir dans leur réinsertion à travers des travaux d'intérêt général", a proposé un expert en réhabilitation sociale.
D'après cet expert, la prison d'Angenga, située dans une région riche en terres cultivables et ressources aquatiques, pourrait être un lieu propice pour initier les détenus à des activités agro-pastorales, artisanales ou techniques. Ce modèle a déjà fait ses preuves à Kaniama Kasese, dans le Haut-Lomami, où des prisonniers participent activement à des projets de développement local.
La mise en œuvre de la peine de mort expose la RDC à de vives critiques de la part de la communauté internationale, qui milite pour son abolition. Des organisations de défense des droits humains dénoncent cette pratique comme étant inhumaine et contre-productive.
Christian-Timothée MAMPUYA