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« Il est difficile de planifier le développement avec des statistiques datant de plus de 30 ans »
*Judith Kisimba a soulevé cette préoccupation hier lors de l’ouverture d’un atelier de validation des applications pour le recensement général de la population.
C’est sur des papiers jaunis qu’on retrouve aujourd’hui plusieurs statistiques réalisées en République démocratique du Congo. L’analogie vaut son pesant d’or lorsqu’on pense au tout dernier recensement général de la population, organisé il y a trente-sept ans dans ce pays. Difficile dans ce cadre de planifier le développement avec des statistiques aussi vieilles, estiment nombre d’experts qui prennent part à cet atelier de validation qui a démarré le mercredi 10 novembre dernier à Kinshasa.
« Notre pays, la RDC, n’a organisé qu’un seul recensement général de la population : celui de 1984. Avec ces statistiques datant de plus de 30 ans, la planification du développement devient très difficile. Elle exige, en effet, des statistiques fiables et actuelles en matière des populations et de l’habitat portant sur toutes les entités géographiques du pays. D’où, la complexité de la mission qui nous est confiée« , a relevé Judith Kisimba Musumba, la directrice générale adjointe de l’Institut national de la statistique (INS), lors de son allocution à l’ouverture de cet atelier.
Prévues du 10 au 13 novembre courant, ces assises sont organisées par l’INS, à travers le Bureau central de recensement (BCR). Axées sur l’évaluation des résultats du test des applications de collecte de données cartographiques qui seront utilisées pour le recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2), elles bénéficient de l’appui du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et de la Banque africaine de développement (BAD).
EVALUER L’EFFICACITE DES APPLICATIONS
Selon les organisateurs de cet atelier, l’objectif des travaux est de permettre aux participants de valider ces applications après leur utilisation, à titre de test, dans deux sites de la ville province de Kinshasa. C’est dans ce cadre que la directrice générale adjointe de l’INS, a tenu à souligner l’importance de ces assises, censées entériner les outils qui permettront à la RDC de se doter des statistiques fiables et actuelles à même de l’aider à bien planifier son développement.
Durant les quatre jours de l’atelier, les experts mobilisés s’attèlent à évaluer l’efficacité des applications développées pour la gestion du travail des équipes de cartographie. Elles devront être utilisées à bon escient pour la collecte et la gestion de données des villages, des quartiers, des ménages… De même, pour les données relatives aux infrastructures socioéconomiques et administratives.
L’occasion est également propice pour évaluer les mécanismes de transfert des données entre l’agent cartographe et son chef d’équipe, le programme de suivi et d’encadrement du travail de collecte par le chef d’équipe et le chef de brigade, ainsi que la performance des tablettes et autres accessoires informatiques utilisés.
PLANIFIER LE RECENSEMENT
Interrogé au terme de la cérémonie de lancement de cet atelier, le coordonnateur adjoint en charge des questions techniques au BCR, M. Henry Marie Kazadi, a affirmé que cette étape fera suite à celle de la cartographie pilote qui devra ouvrir au recensement à proprement parler.
« La finalité de notre exercice, c’est d’aboutir à un applicatif de collecte qui réponde aussi bien aux normes qu’au contexte congolais, marqué par l’absence en termes de couverture, en Internet ou en connexion GSM, sur une bonne partie du pays. Ces applications devraient être donc adaptées à ce contexte pour faciliter la collecte, le transfert et même la gestion de nos équipes sur le terrain« , a précisé Henry Marie Kazadi.
C’est au cours de sa 37ème réunion du 17 septembre dernier que le Conseil des ministres avait décidé de concéder à l’Institut national de la statistique la prérogative d’organiser le recensement général de la population et de l’habitat en vue d’un dénombrement pour mieux planifier le développement. Orly-Darel NGIAMBUKULU