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APRÈS UN AN DE SUMINWA II, Ève Bazaiba revendique une réponse humanitaire déployée dans 13 provinces
Treize provinces couvertes, 18 zones de crise prises en charge et des interventions jusque dans les pays voisins : Ève Bazaiba a défendu, lundi, le bilan de son ministère après une année de Gouvernement Suminwa II. Devant la presse, la ministre d'État chargée des Affaires sociales, de l'Action humanitaire et de la Solidarité nationale a mis en avant les secours apportés aux populations frappées par les conflits, les déplacements forcés et les catastrophes, mais aussi les réformes engagées dans le secteur social.
Dans plusieurs coins du pays, les besoins restent immenses. Les équipes du ministère sont intervenues notamment en Ituri, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, au Tanganyika, au Kongo Central, au Haut-Uele, au Sud-Ubangi, dans la Tshopo et au Mai-Ndombe. Abris, eau, soins d'urgence et biens de première nécessité ont été acheminés vers des populations confrontées à des situations de grande vulnérabilité.
Pour Ève Bazaiba, cette action s'inscrit dans les trois grandes missions confiées à son ministère : les affaires sociales, l'action humanitaire et la solidarité nationale. Une responsabilité particulièrement lourde dans un pays où les crises se succèdent et où les déplacements de populations continuent d'alourdir les besoins.
La réponse a également franchi les frontières. Le Gouvernement congolais a apporté une assistance à des réfugiés installés au Burundi, en Tanzanie et en Ouganda. Cette opération s'appuie sur un protocole d'accord conclu avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. D'autres interventions sont annoncées dans plusieurs sites d'accueil, notamment à Bujumbura, Dar es-Salaam et Nyarugusu.
PERMETTRE À CEUX QUI ONT QUITTÉ L'ÉCOLE DE REPRENDRE LE CHEMIN
Mais le bilan présenté par la ministre ne se résume pas aux urgences humanitaires. Dans le domaine social, l'alphabétisation et l'éducation non formelle occupent une place particulière. L'objectif est de permettre à ceux qui ont quitté l'école ou n'y ont jamais eu accès de reprendre le chemin de l'apprentissage.
Un nouveau manuel a ainsi été élaboré autour d'un programme accéléré. Les six années du cycle primaire sont regroupées en trois étapes. À cela s'ajoute un programme numérique qui doit permettre de suivre des activités d'alphabétisation et d'éducation en ligne.
Le ministère affirme également avoir renforcé son accompagnement en faveur des personnes âgées. Réhabilitation de structures d'accueil, assistance dans les homes et accompagnement médical figurent parmi les actions mises en avant au cours de cette première année.
UNE COORDINATION SUR TERRAIN
Sur le terrain, Ève Bazaiba insiste aussi sur un mot : coordination. Les Affaires sociales ne peuvent, selon elle, répondre seules à l'ensemble des situations de vulnérabilité.
Les informations recueillies par le ministère des Droits humains sur les violations constatées servent ainsi à alimenter le plaidoyer humanitaire et diplomatique. À l'inverse, lorsqu'une situation identifiée par le ministère du Genre, Famille et Enfant nécessite une assistance sociale ou humanitaire, le dossier est transmis aux services compétents.
Cette collaboration est particulièrement importante pour les enfants en rupture familiale, les enfants en conflit avec la loi, les victimes de violences et les femmes engagées dans des programmes de réinsertion ou d'autonomisation économique.
Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, défend cette même approche. Pour lui, la protection des droits humains ne peut être enfermée dans les limites d'un seul ministère. Elle suppose une collaboration avec les provinces, la Justice, les forces de sécurité et les autres institutions concernées.
UNE ACTION À LA FOIS SOCIALE ET HUMANITAIRE
Reste une réalité que les programmes sociaux et les opérations de secours ne peuvent, à eux seuls, effacer : la persistance des conflits.
Ève Bazaiba estime que près de 60 % des besoins humanitaires en RDC trouvent leur origine dans les conséquences de la guerre. Une donnée qui résume, à elle seule, le paradoxe auquel fait face l'action humanitaire : secourir les victimes tout en essayant de réduire les causes qui les rendent vulnérables.
La ministre assure par ailleurs que l'essentiel des interventions a été financé par les ressources mobilisées par l'État, notamment à travers la Caisse de solidarité nationale et le Fonds national pour la promotion des services sociaux. Des partenaires comme l'UNICEF et l'UNESCO accompagnent également certains programmes de résilience, particulièrement en faveur des enfants défavorisés et déscolarisés.
Au terme de cette première année, Ève Bazaiba revendique donc une action à la fois sociale et humanitaire, menée au plus près des populations touchées. Mais son propre bilan laisse apparaître une évidence : tant que les armes continueront de déplacer les familles et de fragiliser les communautés, l'urgence humanitaire restera l'un des grands défis de la RDC.
Jérémie ASOKO