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Faire de Grand Inga un projet réalisable, au-delà des ambitions affichées, c’est l’enjeu des discussions engagées entre la République démocratique du Congo et les États-Unis. Les deux pays ont…
Grand Inga : Kinshasa et Washington passent à l’étape de la coordination financière
Faire de Grand Inga un projet réalisable, au-delà des ambitions affichées, c’est l’enjeu des discussions engagées entre la République démocratique du Congo et les États-Unis. Les deux pays ont réuni leurs représentants hier lundi 26 octobre à Paris pour examiner les conditions financières, techniques et institutionnelles nécessaires à l’avancement de ce vaste projet hydroélectrique, dont la concrétisation dépend encore de la mobilisation des investissements et du développement des infrastructures de transport de l’électricité.
Cette rencontre, organisée dans les locaux de la Banque mondiale, marque la première réunion du Comité de coordination et de gouvernance institué dans le cadre de l’accord de partenariat stratégique conclu entre Kinshasa et Washington le 4 décembre 2025.
La délégation congolaise était conduite par le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba. Il a coprésidé les travaux avec Jeremy Wiggins, secrétaire adjoint chargé de la politique de financement du développement au département du Trésor américain. Anna Bjerde, directrice générale des opérations de la Banque mondiale, a également pris part aux échanges.
Au centre de cette réunion figuraient les moyens de passer des engagements de coopération à une préparation concrète du projet. Les participants ont notamment abordé les modalités d’un développement progressif de Grand Inga, en fonction des besoins énergétiques, ainsi que les mécanismes de financement et la répartition des risques entre les partenaires potentiels.
LE DÉFI DE MOBILISER LES FINANCEMENTS
L’importance des investissements nécessaires impose à la RDC de rechercher des mécanismes de financement adaptés à un projet de cette envergure. Les échanges ont ainsi porté sur la structuration financière de Grand Inga et sur les possibilités de participation des institutions financières et des investisseurs privés.
L’objectif est de définir un cadre susceptible de faciliter la mobilisation des ressources à long terme, tout en clarifiant les responsabilités des différents intervenants.
La présence de la Banque mondiale aux discussions s’inscrit dans cette dynamique de concertation. Elle ne signifie cependant pas qu’un financement de l’institution a été officiellement approuvé pour la réalisation du projet.
Les prochaines étapes devront permettre de préciser les options envisagées et les conditions nécessaires à la viabilité économique et financière de l’infrastructure.
LE TRANSPORT DE L’ÉLECTRICITÉ AU CŒUR DES ENJEUX
La production d’électricité ne constitue qu’une partie du défi. Pour valoriser pleinement le potentiel de Grand Inga, la RDC devra également disposer d’infrastructures capables d’acheminer l’énergie vers les centres de consommation.
Les réseaux de transport devront permettre de desservir les différentes régions du pays et, selon les perspectives retenues, de faciliter les échanges d’électricité avec d’autres États africains.
Ces infrastructures représentent un enjeu technique et financier majeur. Leur coût, leur capacité et leur articulation avec les installations de production pèseront sur l’équilibre économique de l’ensemble du projet.
C’est pourquoi les discussions engagées à Paris ont également porté sur les besoins liés au transport de l’électricité, en tenant compte de l’évolution de la demande énergétique.
UN POTENTIEL ÉNERGÉTIQUE AUX AMBITIONS RÉGIONALES
Fondé sur l’exploitation du potentiel hydroélectrique du fleuve Congo, Grand Inga est envisagé comme un levier d’accroissement de la production électrique de la RDC. Sa réalisation pourrait contribuer à répondre aux besoins énergétiques des ménages et des entreprises, tout en soutenant le développement des activités industrielles.
Le projet présente également des perspectives à l’échelle continentale, avec la possibilité d’approvisionner d’autres marchés africains. Une telle ambition nécessiterait toutefois des investissements supplémentaires dans les réseaux de transport, ainsi que des accords entre les pays concernés.
Pour Kinshasa, la question est donc de parvenir à valoriser cette ressource en tenant compte des besoins nationaux et des possibilités d’exportation, sans négliger les exigences de rentabilité et les contraintes liées à la réalisation d’une infrastructure de cette ampleur.
La mise en place du Comité de coordination et de gouvernance constitue une étape dans l’organisation de la coopération entre la RDC et les États-Unis. Elle doit faciliter les échanges entre les deux parties et contribuer à la clarification des conditions nécessaires à l’avancement de Grand Inga.
Néanmoins, la tenue de cette première réunion ne signifie ni que les travaux de construction ont commencé ni qu’un accord définitif de financement a été conclu... La concrétisation du projet dépendra notamment de la capacité des partenaires à mobiliser les capitaux nécessaires, à répartir les risques, à arrêter les choix techniques et à établir un calendrier réaliste.
Le véritable test pour Kinshasa et Washington sera désormais de transformer leur coopération en engagements financiers et techniques précis. C’est à cette condition que Grand Inga pourra progresser de la phase de préparation vers la réalisation effective de ses ambitions énergétiques.
Félix MULUMBA KALEMBA