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Jugé dans son dos, Katumbi crie au scandale judiciaire inédit
En exil, Moïse Katumbi se retrouve au centre d'une procédure devant la Cour de cassation, à Kinshasa, dans le litige qui l'oppose à son demi-frère aîné, Raphaël Katebe Katoto. Sa défense conteste la compétence de cette juridiction et son entourage dénonce une justice transformée en instrument de règlement de comptes politiques. Une affaire explosive qui pose une question brutale: où s'arrête le droit et où commence l'acharnement politique ?
La polémique enfle. Alors que Moïse Katumbi est absent du pays, selon le journaliste Stanis Bujakera, la Cour de cassation examine le dossier qui l'oppose à Raphaël Katebe Katoto, lequel l'accuse, depuis 2024, de spoliation de plusieurs biens dans le Haut-Katanga, notamment une villa à Lubumbashi et des fermes. Mais cette procédure prend une dimension particulièrement sensible : la défense de l'opposant soutient qu'il "n'est pas justiciable" devant cette juridiction.
Un procès contesté, un opposant absent, des questions qui dérangent. Pour les proches de Katumbi, les circonstances de cette affaire soulèvent de graves interrogations sur le respect des droits de la défense et l'impartialité de la procédure.
KATUMBI CRIE AU SCANDALE
Dans l'entourage de l'opposant, l'indignation est à son comble. Certains dénoncent une procédure qui, au-delà du différend patrimonial, pourrait servir à affaiblir un adversaire politique de premier plan. Moïse Katumbi crie au scandale.
"C'est un scandale judiciaire inédit", affirme une source proche du dossier, qui soutient que Moïse Katumbi n'aurait jamais été entendu par le parquet.
Le contexte politique alimente davantage les soupçons. Raphaël Katebe Katoto s'est publiquement prononcé en faveur du maintien de Félix Tshisekedi au pouvoir au-delà de 2028. Cette prise de position suffit-elle à établir une instrumentalisation de la justice ? Non. Mais elle donne à cette affaire une résonance politique que les autorités judiciaires ne peuvent ignorer.
LA JUSTICE CONGOLAISE FACE À SES PROPRES CONTRADICTIONS
Le fond du dossier porte sur des accusations de spoliation. Mais la manière dont la procédure est conduite soulève une question autrement plus lourde : les garanties judiciaires sont-elles respectées et la compétence de la juridiction saisie dûment établie ?
"Peut-on encore parler de justice ou assiste-t-on à la théâtralisation de ce qu'il en reste ?", s'interroge une autre source proche du dossier.
Ces accusations restent à confronter aux éléments judiciaires et aux explications des différentes parties. Il appartient à la Cour de clarifier les fondements de sa compétence et de garantir le respect des droits de la défense.
Car lorsqu'une procédure visant une figure majeure de l'opposition suscite de telles contestations, le silence ou l'absence de clarification ne fait qu'aggraver le soupçon. La justice congolaise joue ici bien plus que le sort d'un conflit familial : elle engage sa crédibilité, son indépendance et la confiance des citoyens.
Dans cette affaire, une exigence s'impose : le droit doit trancher, les preuves doivent parler et la justice doit convaincre. Faute de garanties clairement établies, le procès de Katumbi risque de devenir, dans l'opinion, celui de la crédibilité même de l'institution judiciaire.
Jérémie ASOKO