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Elections du 20 décembre : Les candidats expriment leur ras-le-bol
* Mais Adolphe Muzito fait une déclaration sensationnelle
La Ceni a tenu son pari en organisant les élections dans le respect du délai constitutionnel. Pour une première fois depuis la démocratisation du pays, les Congolais ont élu les conseillers communaux qui vont élire les bourgmestres des communes. Cependant, beaucoup reste à dire sur l’organisation desdites élections. Reconnaissant les failles de la Centrale électorale, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, a laissé entendre qu’il n’y a que ce que Dieu fait qui est parfait, avant de souligner l’imperfection du travail de l’homme.
Si les organisateurs des scrutins trouvent des motifs pour justifier ce que les électeurs ont déploré dans les centres de vote, les candidats surtout à la présidentielle et aux législatives nationales sont montés au créneau pour exprimer leur indignation étant donné qu’ils risquent de connaitre des déceptions après la proclamation des résultats le 31 décembre.
Leur ras-le-bol est dû au fait que la plupart de leurs partisans n’ont pas, pour multiples causes, exercé leur devoir de vote. Certains d’entre eux n’ont pas retrouvé leurs noms sur les listes affichées devant les bureaux de vote. Face à cette triste réalité, ils ne devaient que rebrousser chemin, causant ainsi un énorme préjudice à leurs candidats en terme des voix. En outre, des longues files d’attente consécutives à l’arrivée tardive du matériel sur les sites de scrutin ont découragé bon nombre d’électeurs qui sont résolus de retourner chez eux.
Cette situation fait que le taux de participation va en pâtir et beaucoup de candidats verront leur nombre de voix plus bas que le chiffre de partisans qu’ils ont sensibilisés et pour qui des dépenses de tous genres ont été engagées. A cette allure-là, recueillir plus de 5.000 voix pour un candidat qui aura sorti d’énormes sommes d’argent pour la campagne électorale va relever d’un grand exploit. Car, tout calcul fait, le moindre budget de cette activité ne devrait pas être en dessous de 5.000 dollars pour ceux qui l’ont menée à l’américaine.
C’est avec raison donc que la plupart de ces candidats ont haussé le ton pour inviter la Ceni à rectifier le tir pour la suite des opérations, surtout en ce qui concerne le dépouillement, pour que la vérité des urnes puisse triompher. Les plus pessimistes des candidats à la présidentielle sont allés jusqu’à réclamer la reprise de tout le processus électoral, avec la mise en place d’un nouveau bureau. Nous croyons que même le citoyen lambda ne peut pas soutenir cette démarche vu les conséquences néfastes que les nombreux dialogues et gouvernements d’union nationale ont provoquées en RDC.
A ce sujet, c’est le candidat président de la République Adolphe Muzito qui a jeté le pavé dans la marre en déclarant à Kikwit où il a voté, que si les Congolais ne lui accordent pas l’opportunité de diriger leur pays, il est prêt à collaborer avec qui sera élu président de la République. Cette façon de voir les choses sort de l’ordinaire des politiciens congolais qui sont toujours prêts à recourir, même aux voies les plus abominables, pour accéder au pouvoir. Si tout le microcosme politique rd congolais voyait les choses de la même façon et comprendre qu’ils ont intérêt à ne voir que l’intérêt supérieur de la nation, la RDC ne serait pas dans la situation actuelle. Muke MUKE