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Riposte à Ebola : L'INRB fixe les priorités de la recherche pour une efficacité accrue sur le terrain
Face à la persistance des menaces épidémiologiques liées aux fièvres hémorragiques virales, l'Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) mobilise ses chercheurs pour réaliser, en synergie, un travail scientifique de qualité.
Sous la conduite du Professeur Jean-Jacques Muyembe, le Directeur national de l'INRB, des chercheurs, laborantins et universitaires se sont réunis le lundi 20 juillet à Kinshasa pour identifier et structurer les priorités absolues de recherche.
Ils tiennent ainsi à garantir une riposte rigoureuse, ciblée et pleinement adaptée aux réalités du terrain dans les provinces de l'Est de la République Démocratique du Congo.
Cette concertation régulière permet d'ajuster en temps réel la stratégie face à la propagation du virus dans des zones affectées telles que l'Ituri et le Nord-Kivu.
Loin des considérations matérielles ou budgétaires, l'effort des équipes est entièrement focalisé sur l'efficacité sanitaire et la protection des populations vulnérables.
Les priorités identifiées
Pour contrer efficacement l'expansion de l'épidémie, l'INRB a articulé sa stratégie autour de plusieurs axes scientifiques.
En premier lieu, la priorité absolue consiste à évaluer rigoureusement et à valider sur le terrain les nouveaux dispositifs de diagnostic rapide reçus de différentes firmes pharmaceutiques, garantissant ainsi la fiabilité des outils déployés pour un dépistage précoce dans les provinces touchées.
Dans un deuxième temps, l'analyse fine de la dynamique de transmission s'attache à comprendre les modes de propagation au sein de la population, avec un ciblage particulier opéré auprès du personnel soignant dans les structures de santé ainsi que chez les orpailleurs opérant dans les zones minières, notamment à Mongwalu en Ituri.
Par ailleurs, l'approfondissement de la physiopathogénie demeure indispensable pour saisir la manière dont le virus agit au cœur des tissus humains, des études anatomo-pathologiques ciblées étant menées pour localiser précisément l'impact du pathogène dans les différents organes.
Quatrième priorité essentielle, des études approfondies sont consacrées à l'environnement immédiat et aux facteurs écologiques susceptibles d'avoir des incidences directes sur la contamination à grande échelle des patients.
Intensifier la surveillance
Enfin, comme moyen subsidiaire intégré aux travaux, la question des vaccins fait l'objet d'une attention particulière : en collaboration avec des partenaires extérieurs, des analyses sont conduites pour évaluer l'efficacité des solutions vaccinales face aux variants actuels et déterminer l'existence éventuelle d'une immunité croisée.
"La recherche scientifique doit impérativement se trouver en adéquation totale avec les exigences de la riposte sur le terrain dans les provinces touchées de l'Est, afin de protéger durablement nos populations", estime le Professeur Jean-Jacques Muyembe.
Alors que la situation épidémiologique fait l'objet d'une surveillance de chaque instant - l'INRB confirmant qu'aucun cas n'est signalé à Kinshasa -, le Ministère de la Santé publique rappelle l'importance primordiale des gestes barrières.
La transmission s'effectuant principalement par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées, le respect strict de l'hygiène des mains, le lavage régulier et l'évitement de tout contact rapproché non sécurisé demeurent les remparts les plus efficaces pour préserver la santé communautaire, en attendant l'impact total des innovations de recherche menées par l'INRB.
Yves Kalikat