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Résolution 1325 : les médias appelés à renforcer leur rôle dans l'agenda Femmes, paix et sécurité en RDC
Le rôle des médias dans la promotion de l'agenda "Femmes, paix et sécurité" (FPS) et "Jeunesse, paix et sécurité" (JPS) a été au centre d'un atelier de renforcement des capacités organisé le week-end dernier à Kinshasa par le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (Cafco), en partenariat avec le Global Network of Women Peacebuilders (GNWP).
Cette session avait pour objectif de renforcer les capacités de 130 professionnels des médias locaux et nationaux afin de leur permettre de mieux couvrir, analyser et enquêter sur les questions liées aux femmes, à la paix et à la sécurité, ainsi qu'à la participation des jeunes dans les processus de paix.
L'activité visait également à encourager la production de contenus journalistiques sensibles au genre et aux conflits, à promouvoir une meilleure appropriation des résolutions 1325 et 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies et à lutter contre la désinformation, particulièrement en période de conflits et de crises.
Elle a également servi de cadre au lancement officiel de la deuxième édition du concours "Médias, Femmes, Paix et Sécurité", une initiative destinée à stimuler la production de reportages, enquêtes et analyses sur ces thématiques en République démocratique du Congo.
Couverture évenementielle
La rencontre a mis l'accent sur la nécessité pour les médias de dépasser la simple couverture événementielle pour s'engager davantage dans un travail d'analyse et de recherche autour des enjeux liés à l'agenda "Femmes, paix et sécurité".
"Nous, les professionnels des médias, pouvons changer l'image de la femme congolaise et valoriser cette image pour son autonomisation, conformément aux résolutions 1325 et 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies", a déclaré la journaliste Mathy Musau, membre du Cafco.
Elle a rappelé que la RDC en est à sa troisième génération du Plan d'action national de mise en œuvre de la Résolution 1325, tandis que le Plan d'action national de la Résolution 2250 est à l'écriture de sa deuxième génération.
Malgré ces avancées, elle a souligné que plusieurs défis persistent, notamment l'appropriation communautaire de ces résolutions, la vulgarisation de l'agenda "Femmes, paix et sécurité" ainsi que le renforcement des réseaux d'acteurs engagés dans sa mise en œuvre.
Selon Mme Musau, les professionnels des médias doivent davantage s'investir dans cette thématique.
"Le constat est que les professionnels des médias ne se sont pas suffisamment appropriés le sujet. La question est traitée comme un sujet de couverture médiatique ; rarement des enquêtes ou des recherches sont menées par les journalistes", a-t-elle relevé.
Déconstruire les stéréotypes
Pour sa part, l'experte Annie Matundu a appelé les journalistes à contribuer à la déconstruction des stéréotypes qui affectent l'image des femmes et des jeunes.
"Les professionnels des médias doivent aider la masse à déconstruire les stéréotypes dans le cadre des agendas FPS et JPS ainsi qu'à utiliser un langage inclusif et respectueux qui valorise la femme", a-t-elle déclaré.
Elle a encouragé les jeunes professionnels des médias à couvrir davantage ces questions, à mener des enquêtes et à produire des analyses capables de renforcer la compréhension du public sur les enjeux de paix et de sécurité.
Le chef de travaux à l'Université des sciences de l'information et de la communication (Unisic), Obul Okwes, est intervenu sur les fondamentaux de l'écriture journalistique pendant les conflits. A cette occasion, il a rappelé l'importance du respect des faits dans le travail journalistique.
"En temps de conflit, le commentaire et l'opinion n'ont pas leur place. Le journaliste a le devoir de transmettre fidèlement les faits", a-t-il expliqué, appelant les professionnels des médias à examiner les enjeux et les intérêts en présence avant toute production journalistique.
De son côté, Tina Likula, directrice-cheffe de service des médias audiovisuels, représentant le secrétaire général du ministère de la Communication et Médias, a insisté sur la place stratégique des médias dans la transformation sociale.
Ambassadeurs des agendas FPS et JPS
"Les femmes des médias sont des vecteurs indispensables de transformation sociale. La plume, le micro et la caméra ont le pouvoir de sortir les thématiques de l'ombre, de sensibiliser l'opinion publique, d'exiger la redevabilité et de mettre en lumière les solutions locales, pérennes et durables", a-t-elle affirmé.
Elle a invité les participants à devenir des ambassadeurs des agendas FPS et JPS en intégrant systématiquement les questions de genre, de jeunesse et de lutte contre la désinformation dans leurs productions quotidiennes.
Cet atelier a reposé sur une approche participative comprenant des communications d'experts, des échanges, des débats et des partages d'expériences afin de susciter des engagements concrets des professionnels des médias.
Adoptée à l'unanimité le 31 octobre 2000 par le Conseil de sécurité des Nations unies, la Résolution 1325 reconnaît le rôle central des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, la consolidation de la paix et la reconstruction post-conflit. La Résolution 2250 met, quant à elle, l'accent sur la participation des jeunes dans les processus de paix et de sécurité.
Tricya MUSANSI