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Ebola : le Bas-Uele, sixième province touchée
Une nouvelle ligne vient de s'ajouter à la carte de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo. Le Bas-Uele est désormais la sixième province touchée par la maladie. L'annonce faite ce jeudi 13 août par Jean Kaseya, directeur général d'Africa CDC, intervient alors que la situation épidémiologique continue de se dégrader et que les autorités sanitaires reconnaissent elles-mêmes les incertitudes entourant l'ampleur réelle de la circulation du virus.
Selon le responsable d'Africa CDC, le cas à l'origine de cette nouvelle extension concerne une personne venue d'Isiro, dans la province du Haut-Uele, avant de se rendre dans le Bas-Uele. Elle est décédée à Buta, chef-lieu de cette province.
"Nous avons une sixième province, qui est le Bas-Uele", a déclaré Jean Kaseya.
Cette nouvelle contamination porte à 54 le nombre de zones de santé affectées par l'épidémie. Jusqu'ici, cinq provinces étaient concernées : l'Ituri, le Haut-Uele, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo. L'Ituri demeure l'épicentre de l'épidémie, liée à la souche Ebola-Bundibugyo, où une transmission communautaire soutenue continue d'être observée.
Une épidémie probablement plus ancienne qu'annoncée
Jean Kaseya a également appelé à la prudence dans l'interprétation des chiffres disponibles. Selon lui, plusieurs éléments laissent penser que l'épidémie aurait commencé autour du mois de février, soit plusieurs mois avant sa déclaration officielle en mai.
"Nous n'avons aucune idée de ce qui s'est passé de février à mai", a-t-il expliqué, soulignant les difficultés liées à la surveillance et à la détection des contaminations au sein des communautés.
Le responsable d'Africa CDC estime ainsi que les données actuellement disponibles pourraient ne pas refléter l'ampleur réelle de la circulation du virus. Il a notamment relevé qu'une part importante des décès survient en dehors des centres de traitement, ce qui complique davantage l'identification des cas et le suivi des chaînes de transmission.
Le dernier bilan présenté fait état de plus de 4.400 cas confirmés et de plus de 2.000 décès depuis le début de l'épidémie. Africa CDC estime par ailleurs que la progression actuelle est particulièrement rapide. Douze semaines après la déclaration de l'épidémie, son évolution serait nettement supérieure à celle observée au même stade lors de l'épidémie d'Ebola qui avait frappé l'Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016.
Face à cette dynamique, Jean Kaseya a lancé une sévère mise en garde. "Si nous n'arrêtons pas cette épidémie, elle pourrait durer plus d'un an. Elle sera la plus importante au monde", a-t-il averti.
Deux vaccins spécifiques entrent en phase d'essais
Parallèlement à l'extension géographique de l'épidémie, la recherche médicale s'accélère autour de la souche Ebola-Bundibugyo.
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé l'entrée en phase 1 de deux vaccins spécifiquement conçus contre cette souche. Il s'agit d'une première, ces candidats vaccins devant notamment permettre d'évaluer leur sécurité chez l'être humain.
L'OMS a également fait état de nouvelles études animales consacrées à un vaccin développé contre la souche Zaïre, la plus fréquemment observée. Ces travaux montrent des signes encourageants de protection croisée, même si aucune preuve d'efficacité contre Ebola-Bundibugyo n'est encore établie chez l'être humain.
Sur la base de ces résultats, l'OMS a recommandé l'inclusion de ce vaccin dans un essai clinique de phase 3, dont le lancement est envisagé dans les meilleurs délais.
En parallèle, l'essai clinique Partners, soutenu par l'OMS pour évaluer des traitements contre Ebola-Bundibugyo, a franchi le cap des 100 patients inclus.
Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, l'accélération de ces recherches nécessite une mobilisation accrue des partenaires. L'OMS souligne notamment la collaboration avec le gouvernement congolais et Africa CDC afin de renforcer simultanément la réponse sanitaire, la recherche et la surveillance épidémiologique.
Avec l'apparition d'un cas dans le Bas-Uele, l'épidémie franchit ainsi une nouvelle étape en RDC. Son extension à une sixième province, conjuguée à une progression rapide des cas et à l'incertitude entourant les contaminations survenues avant mai, renforce la pression sur les autorités sanitaires pour contenir la transmission communautaire et éviter une propagation encore plus large du virus.
Ezechiel Monteirious MONTEIRO