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Déterminées à fédérer les initiatives isolées et amplifier la voix des femmes congolaises dans la lutte pour l’égalité, «la Ligue des Féministes de la RDC» a effectué sa sortie officielle hier mercredi 23 septembre au siège de la MONUSCO, à Kinshasa. Soutenue par la Section Genre de la mission…
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Kinshasa : Sortie officielle de la Ligue des Féministes de la RDC
Déterminées à fédérer les initiatives isolées et amplifier la voix des femmes congolaises dans la lutte pour l’égalité, «la Ligue des Féministes de la RDC» a effectué sa sortie officielle hier mercredi 23 septembre au siège de la MONUSCO, à Kinshasa. Soutenue par la Section Genre de la mission onusienne, cette nouvelle synergie rassemble plusieurs figures et responsables d’ONG locales déterminées à faire évoluer les droits des femmes.
C’est dans l’enceinte du Townhall Monusco Utex que s’est tenue, hier, la cérémonie marquant la sortie officielle de la Ligue des Féministes de la RDC. Événement qui a connu la présence de représentants de la société civile, de membres du Corps diplomatique, des acteurs du Système des Nations Unies...
Portée par des figures engagées telles que Grâce Shako (présidente de l’ASBL Leadership des femmes de médias), Elsie Lotendo, Richine Masengo, Jeanette Amougou, Sarah Lotendo, Agathe Ngomba, Do Nsoseme et Patricia Phanzu, cette plateforme inédite entend marquer un tournant stratégique.
FÉDÉRER POUR AMPLIFIER LES VOIX
Pour Grâce Shako, Présidente nationale de la Ligue des Féministes de la RDC, l’objectif central de cette ligue n’est pas de se substituer aux structures existantes, mais de regrouper les énergies dispersées. «Il s’agit, selon elle, de fédérer les efforts de toutes les femmes qui travaillent dans les mouvements féministes en RDC».
Aix dires de Grâce Shako, «les femmes luttent souvent en rangs dispersés, malgré l’existence de nombreuses associations sur le terrain».
«Nous avons, dès lors, estimé qu’il fallait réunir toutes ces forces autour d’une seule et même lutte. Lorsque les voix sont amplifiées, l’impact sur la société devient tangible».
En unissant leurs compétences, les associations fondatrices entendent peser plus efficacement sur l’application effective des lois et des textes protecteurs, souvent méconnus ou peu connus.
«UNE FIERTÉ D’ASSURER LA RELÈVE»
Présente lors de cet événement, Mme Faida Mwangilwa, ancienne Ministre du Genre, Famille et Enfant et consultante en genre, n’a pas caché son enthousiasme face à l’engagement de cette jeune génération.
Interrogée à l’issue de la cérémonie, elle a salué le courage exceptionnel de ces jeunes femmes qui assument ouvertement leur engagement féministe.
«C’est un grand encouragement et c’est une fierté pour nous de voir ces filles s’engager et dire haut et fort qu’elles se qualifient de féministes», fait-elle remarquer. «C’est un courage exceptionnel dans un monde où nous avons travaillé, mais où nous n’avons pas atteint tous les résultats. Il y a des acquis, mais aussi encore beaucoup de défis à relever», a précisé la Ministre honoraire du Genre.
«NOUS SOMMES LÀ POUR LES SOUTENIR À 100%»
Analysant les échanges de la journée, l’ancienne ministre a souligné la pertinence de la démarche et l’urgence des actions à mener: «Assister à cette conversation, à ces échanges et aux questions posées me prouve combien il nous faut encore travailler».
«J’aime, dit-elle, le slogan de ces jeunes dames qui disent : «Nous devons former, nous devons mobiliser, nous devons transformer». C’est effectivement ce qu’elles veulent faire, et nous sommes là pour les soutenir à 100 %». «Nous ne voudrions pas rester sans avoir préparé la relève. Elles constituent déjà une relève et vont en préparer d’autres pour les 15, 20 ou 30 ans à venir. Nous sommes tout à fait fières de les voir engagées à continuer la lutte», a lâchée Faida Mwangilwa.
«LE FÉMINISME, UNE RÉALITÉ BIEN VIVANTE»
Au nom de la Monusco, la cheffe de la Section Genre, Mme Mireille Laurier Affa’a Mindzie, a chaleureusement salué la détermination des neuf féministes fondatrices et l’ensemble des membres de la nouvelle structure.
Dans son allocution, elle a rappelé l’importance de la synergie entre les mouvements de femmes et les partenaires institutionnels.
«En connectant le dynamisme et l’enthousiasme de la jeunesse, l’expertise académique, et l’expérience des militantes, vous transformez des actions individuelles en une véritable force collective», a-t-elle déclaré.
Selon Mme Mireille Laurier Affa’a Mindzie, cet événement s’inscrit au cœur même de l’agenda «Femmes, Paix et Sécurité», encadré par la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Illustrant l’efficacité de l’action collective, Mme Affa’a Mindzie a rappelé l’exemple des femmes médiatrices en Ituri qui, grâce à des actions conjointes dans les marchés et les églises, sont parvenues à restaurer la confiance entre des communautés longtemps divisées.
Reconfirmant l’engagement continu de la mission onusienne aux côtés des mouvements féministes, elle a conclu : «Vous montrez que le féminisme en RDC est une réalité bien vivante, ancrée dans nos réalités et tournée vers la transformation sociale. A la MONUSCO, nous sommes convaincus que soutenir la mise en œuvre de la Résolution 1325, c’est investir directement dans la paix, la dignité et l’avenir de la RDC».
FÉMINICIDES, ÉDUCATION, AUTONOMIE FINANCIÈRE...
Face à la multiplicité des défis auxquels font face les Congolaises, la Ligue des Féministes fixe des priorités claires et urgentes. La première démarche prioritaire porte sur la lutte contre les féminicides et les violences basées sur le genre, afin de dénoncer et combattre sans relâche le fléau grandissant des femmes victimes de violences mortelles au sein de leur foyer.
Par ailleurs, l’accès à l’éducation pour les filles constitue un autre pilier majeur de leur action.
La Ligue entend mettre un accent tout particulier sur la scolarisation des jeunes filles en milieu rural, où les obstacles socioculturels et économiques demeurent particulièrement criants et pénalisants. L’autonomisation économique et le droit au travail figurent, en outre, au centre de ce programme combatif.
L’objectif est de favoriser l’indépendance financière des femmes et de lutter activement contre toutes les formes de discriminations professionnelles et sociétales qui freinent leur épanouissement.
UN APPEL PRESSANT À L’UNITÉ
Initiée sous forme d’un réseau inclusif, la Ligue des Féministes de la RDC lance un appel pressant à l’ensemble des organisations et actrices du changement à travers le pays pour rejoindre le mouvement.
La synergie naissante compte s’appuyer sur des stratégies intégrées pour transformer durablement le paysage social et institutionnel en faveur des femmes congolaises.
Par Yves KALIKAT