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Conférence des Gouverneurs : 82 recommandations pour renforcer la gouvernance et le développement des provinces
La 13ème session de la Conférence des Gouverneurs s'est refermée le week-end dernier sur une moisson de recommandations en vue de renforcer la gouvernance et le développement des provinces. Au total, 82 recommandations ont été formulées par les quatre commissions mises en place, chacune intervenant dans des domaines clés allant de la stabilité institutionnelle à la relance économique, en passant par les infrastructures et le développement rural.
Dans un environnement institutionnel marqué par des tensions régulières entre gouvernements provinciaux et assemblées, la Commission politique, administrative, sécuritaire, juridique et culturelle a mis l'accent sur la nécessité de consolider la stabilité des institutions. Parmi ses 12 recommandations figure notamment la proposition d'un moratoire sur les motions de défiance visant les gouverneurs, vice-gouverneurs et membres des bureaux des assemblées provinciales. Cette mesure, envisagée sauf en cas de rapports suffisamment motivés des organes de contrôle tels que l'Inspection générale des finances, la Cour des comptes ou encore les juridictions compétentes, vise à mettre un terme à l'instabilité chronique qui fragilise l'action publique en provinces.
La commission a également insisté sur la formation continue des acteurs provinciaux, la fin des ingérences politiques dans la gestion locale et le renforcement des dispositifs de sécurité aux frontières.
Sur le plan socio-économique et financier, les 13 recommandations formulées traduisent une volonté de mieux structurer les finances publiques au niveau provincial. La régularité de la paie des animateurs des entités territoriales décentralisées, notamment les gouverneurs, maires, bourgmestres et administrateurs de territoires, figure parmi les priorités.
À cela s'ajoute la nécessité d'assurer un fonctionnement stable des institutions provinciales à travers la mise en place d'un mécanisme de financement pérenne, incluant un ordre de paiement permanent de 1,5 milliard de francs congolais par la Banque centrale.
La commission propose également d'élargir certaines compétences fiscales des provinces, notamment en matière de permis de construction et de taxation des infrastructures telles que les stations-services, afin de renforcer leur autonomie financière.
La question des infrastructures, véritable colonne vertébrale du développement, a été au cœur des travaux de la Commission chargée de la reconstruction. Ses 21 recommandations dessinent une ambition claire : désenclaver les provinces et améliorer la connectivité nationale. Il est ainsi envisagé le réaménagement d'au moins 100 kilomètres de routes rurales par province, la construction et la réhabilitation d'aéroports stratégiques, notamment à Beni, Gemena, Lisala, Tshikapa et Lodja, ainsi que la mise en place d'aérodromes ruraux dans l'ensemble des 26 provinces.
À cela s'ajoute l'objectif de bitumer au moins 100 kilomètres de routes nationales par province, une mesure destinée à faciliter les échanges économiques et à rapprocher les centres de production des marchés.
Enfin, la Commission agricole, pastorale, halieutique et de développement rural a mis en lumière l'importance du secteur primaire dans la transformation économique du pays. Structurée en plusieurs sous-secteurs, elle a formulé des recommandations visant à moderniser l'agriculture, soutenir la pêche et l'élevage, sécuriser l'accès à la terre et dynamiser les zones rurales.
La mécanisation agricole adaptée, l'accès aux intrants de qualité, le renforcement des capacités de l'INERA et la création d'un fonds national de financement agricole figurent parmi les priorités. Dans le secteur halieutique, l'accent est mis sur la modernisation des équipements, le développement de l'aquaculture et la mise en place de chaînes de froid.
Quant au secteur pastoral, il est question d'organiser l'espace d'élevage et de promouvoir des modèles intensifs et semi-intensifs. La digitalisation de la gestion foncière et le soutien à l'entrepreneuriat rural, notamment des jeunes et des femmes, complètent cet ensemble de mesures.
Toutefois, au-delà des ambitions affichées, la question de la mise en œuvre demeure centrale. Le rapport d'évaluation de la 12? session, tenue à Kolwezi en juin 2025, révèle un bilan contrasté : sur les 55 recommandations adoptées, seules 5 ont été entièrement exécutées, tandis que 36 sont en cours et 13 restent sans suite. Ce constat met en évidence les défis persistants liés à l'exécution des décisions prises au plus haut niveau provincial.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO