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Ndjili: la marche pacifique contre l'insécurité étouffée par la police !
Ce vendredi 15 mai, vers 10 heures, alors que les manifestants sont sur le point d'entamer la marche à l'arrêt Kumbi, au Q13 à Ndjili, sous les sons de la fanfare, la police donne l'assaut : gaz lacrymogènes, coups de balles de sommation, le groupe de marcheurs n'attend pas son reste pour prendre la poudre d'escampette. Ainsi, la marche que les organisateurs ont voulu pacifique, calme, respectueuse des droits humains a été étouffée avant même qu'elle ne commence. Par la volonté du bourgmestre de la commune de Ndjili qui y a déployé un dispositif policier impressionnant !
La manifestation étouffée, les marcheurs poursuivis par la police même dans les rues des quartiers, quelques habitants restent postés sous les vérandas de leurs habitations ou devant les portes regardant de loin les passants. Non sans maugréer, avec regret mêlé de colère et de dépit en raison de la dispersion de la marche alors que l'insécurité contre laquelle la population allait marcher est réellement vécue au quotidien dans cette partie de Kinshasa.
Entre certains Ndjiliois qui ne comprennent pas pourquoi la marche a été dispersée se racontent plusieurs cas de vols ou de braquages à main armée par des criminels, de jour comme de nuit.
D'autres passants qui nous tiennent compagnie n'hésitent pas à attribuer la dispersion forcée des manifestants à l'initiative personnelle du bourgmestre de leur commune, Papy Mbumba Ngaliema. Plusieurs Ndjiliois, à l'instar de cet homme, la soixantaine révolue, ne sont pas dupes quant à la stratégie utilisée par le numéro un de la commune de Ndjili : celui-ci redoute ce genre de manifestation qui risque de lui valoir son poste. “ Si vous êtes certain de bien faire votre travail en tant que bourgmestre, pourquoi refuser que vos administrés marchent pour manifester contre le climat d'insécurité grandissante qui a élu domicile dans leur municipalité ?” s'emporte le sexagénaire.
Des policiers sont très visibles, postés à des endroits stratégiques pour enrayer toute velléité de manifester. Pendant que des véhicules anti-émeute n'arrêtent de circuler pour décourager tout mouvement.
Plus loin, à une trentaine de mètres du stade municipal en construction, un groupe de jeunes manifestants chantant à la gloire du bourgmestre, au vu et au su des policiers sans réaction.
“ Ce sont les Forces du progrès”, lance un jeune Ndjiliois, précisant qu'ils organisent une contre marche pro premier Ndjiliois.
Nous sommes rejoint à la maison communale de Ndjili par le même groupe d'une vingtaine de jeunes, brandissant quelques drapeaux de l'UDPS et autres.
Une fois dans l'enceinte de la commune, celui qui paraît comme le leader du groupe prend la parole.
“ Nous sommes là pour montrer que la commune de Ndjili se porte à merveille. Les ennemis de la population de Ndjili font croire qu'il y a de l'insécurité dans cette municipalité. C'est du mensonge. Il n'y a pas d'insécurité. Nous soutenons le bourgmestre Papy Ngaliema car il fait merveilleusement son travail….”, clame haut et fort ce manifestant, devant quelques badauds et des policiers qui les regardent faire. Sans aucune réaction.
Il ne faudrait pas être un prophète ou un grand analyste politique pour comprendre ce qui vient de se passer à l'avenue Kumbi au quartier 13 il y a près de deux heures où la manifestation a été dispersée par la police et l'actuel mouvement que la même police a laissé faire si tranquillement.
Certains Ndjiliois abordés jurent de ne pas abandonner leur volonté de poursuivre la marche pacifique contre l'insécurité qui inquiète les habitants de Ndjili. Ce n'est donc que partie remise.
Kléber KUNGU