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Chez Muyaya, l'Aneco plaide pour le soutien des pouvoirs publics à la presse écrite
Le gouvernement congolais entend éviter la disparition de la presse écrite et envisage de relancer les mesures d'accompagnement promises depuis les États généraux de la Communication et des Médias. Le ministre Patrick Muyaya l'a réaffirmé mardi 25 août à Kinshasa, lors d'une audience accordée à une délégation de l'Association nationale des éditeurs du Congo (ANECO), conduite par son président, Cyrille Kileba.
Au cœur des échanges : la situation préoccupante de la presse papier en République démocratique du Congo, confrontée à des difficultés structurelles qui affectent sa production, sa qualité et sa viabilité économique.
La délégation de l'ANECO a présenté au ministre les principales difficultés auxquelles sont confrontés les éditeurs congolais, rappelant que ces préoccupations avaient déjà été identifiées lors des États généraux de la Communication et des Médias, organisés en janvier 2022 au Centre catholique Nganda, à Kinshasa.
Parmi les recommandations issues de ces assises figure notamment la recommandation n°51, qui prévoit l'appui du gouvernement à la modernisation de la presse écrite, notamment à travers la mise en place d'une chaîne graphique nationale. L'objectif est double : améliorer la qualité des publications et réduire les coûts de production des journaux.
"NOUS NE POUVONS PAS LAISSER NOTRE PRESSE ÉCRITE DISPARAÎTRE"
Pour Cyrille Kileba, le constat est sans appel. Malgré les engagements pris lors des États généraux, peu d'avancées concrètes ont été enregistrées dans la mise en œuvre de cette recommandation.
"Nous sommes venus parler au Ministre de la situation dans laquelle se trouve la presse écrite papier dans notre pays. C'est une situation très préoccupante", a expliqué le président de l'ANECO.
Il a toutefois relevé une convergence de vues avec le ministre Patrick Muyaya sur la nécessité de faire avancer ce dossier et de trouver des solutions permettant à la presse papier de continuer à jouer son rôle dans l'espace public congolais.
Le ministre de la Communication et Médias a, de son côté, réaffirmé la volonté de l'État d'accompagner ce secteur, tout en posant une exigence : l'identification précise des médias pouvant bénéficier d'un éventuel appui public.
"Il y a une obligation pour nous de ne pas laisser notre presse écrite disparaître", a déclaré Patrick Muyaya, tout en soulignant que l'accompagnement financier de l'État nécessiterait "une identification" rigoureuse des bénéficiaires.
L'ANECO DEVRAIT SOUMETTRE UN PROJET DETAILLÉ AU GOUVERNEMENT
Face à cette exigence, Cyrille Kileba assure que son organisation dispose des éléments nécessaires pour distinguer les médias qui relèvent effectivement du sous-secteur de la presse écrite. L'ANECO devrait ainsi soumettre prochainement au gouvernement un projet détaillé destiné à définir les modalités d'un accompagnement public. Celui-ci devra être examiné sous l'autorité du Président de la République et de la Première ministre.
L'ambition affichée ne se limite toutefois pas à un soutien financier immédiat. À court terme, il s'agit de préserver la presse papier d'une disparition progressive. À moyen terme, l'objectif est de l'accompagner dans sa transformation, notamment à travers la digitalisation.
MODERNISER SANS ABANDONNER LE PAPIER
Pour l'ANECO, la transition numérique ne doit pas signifier la fin du journal imprimé. L'association plaide pour une modernisation du secteur qui permette aux éditeurs de s'adapter aux nouveaux usages tout en maintenant le support papier.
"Nous ne pouvons pas abandonner le papier", a insisté Cyrille Kileba, rappelant que le gouvernement s'était engagé, lors des États généraux, à soutenir l'acquisition d'une chaîne graphique nationale.
L'audience entre le ministre et les éditeurs marque ainsi une volonté de remettre cette recommandation au cœur de l'agenda gouvernemental. Si elle doit encore être traduite en mesures concrètes, cette relance ouvre une nouvelle perspective pour un secteur fragilisé par le coût de production, les mutations technologiques et les difficultés économiques.
À travers cette démarche, le ministère de la Communication et Médias entend poursuivre la mise en œuvre des recommandations des États généraux et poser les bases d'une presse écrite plus moderne, mieux structurée et économiquement viable.
Pour les éditeurs, l'enjeu est désormais clair : sauver le papier aujourd'hui, tout en préparant la presse congolaise aux exigences du numérique demain.
FDA