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Gestion des bateaux de pêche : le ministre Tshimanga Buana au cœur d'une polémique institutionnelle
Une tension silencieuse couve au sein du ministère de la Pêche et de l'Élevage. En cause : la gestion des nouveaux bateaux de pêche acquis par le Gouvernement. En mission officielle à Barcelone (Espagne), le ministre Jean-Pierre Tshimanga Buana a inspecté sept navires destinés à renforcer la flotte nationale, mais sans la participation des représentants de l'Office national de pêche et d'aquaculture (ONPA), structure pourtant légalement chargée d'en assurer la gestion.
Selon plusieurs sources administratives, le ministre Tshimanga Buana a effectué ce déplacement accompagné uniquement des membres de son cabinet. Les techniciens de l'ONPA, considérés comme les bras opérationnels de l'État en matière de pêche, auraient été écartés de toute implication dans cette mission d'évaluation.
Cette mise à l'écart soulève des interrogations sur la gouvernance du secteur. Car, rappelle-t-on, le Président Félix-Antoine Tshisekedi, dans sa vision de relance du secteur halieutique, avait signé deux ordonnances présidentielles : la première créant l'ONPA, et la seconde nommant les membres de son comité de gestion. L'objectif était clair doter le pays d'un établissement public capable de gérer de manière transparente et professionnelle la pêche industrielle nationale.
LES NOUVEAUX NAVIRES SOUS UNE AUTRE DIRECTION QUE ONPA
Plus troublant encore, le ministre Tshimanga Buana aurait annoncé que les nouveaux navires seront désormais placés sous la direction d'un " Institut de pêche de Muanda ", au détriment de l'ONPA. Une décision qui, selon plusieurs observateurs, viole les textes réglementaires.
" Le gouvernement a débloqué des fonds publics pour acquérir ces bateaux. L'organe technique prévu pour leur gestion est l'ONPA, pas une structure parallèle dont le cadre juridique reste flou ", confie une source proche du dossier.
Cette démarche, perçue comme une tentative de contournement institutionnel, fait écho à une tendance déjà observée sous plusieurs prédécesseurs du ministre actuel, tous désireux de centraliser la gestion des navires au niveau du cabinet ministériel, en marge des structures habilitées.
Pour de nombreux analystes, cette situation remet en cause la cohérence de l'action gouvernementale. En voulant concentrer la gestion des bateaux dans des circuits non prévus par la loi, le ministère risque d'affaiblir la crédibilité de la réforme présidentielle et d'ouvrir la porte à des zones d'ombre dans la gouvernance du secteur.
" La politique ne doit pas avoir le dessus sur la technique ", insiste un expert du secteur. " L'enjeu n'est pas seulement administratif : il s'agit de préserver les intérêts de la République, d'assurer la traçabilité des investissements publics et d'offrir enfin aux Congolais du poisson produit localement, dans la transparence et la rigueur. "
Alors que les sept navires flambant neufs attendent leur entrée en exploitation, une question demeure : qui les gérera, et sous quelle autorité légale ? Le Président de la République, qui a fait de la bonne gouvernance un pilier de son action, sera sans doute attentif à l'évolution de ce dossier sensible où s'entremêlent ambition politique, enjeux économiques et respect des institutions.
En attendant, le dossier Tshimanga Buana ONPA s'impose comme un véritable test de transparence dans la gestion des biens publics liés à la relance de la pêche nationale. J.A