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France : Des voix s’élèvent pour décrier la procédure de rappel définitif de l’ambassadeur Tshombe
Depuis la semaine dernière, une note de service de l’ambassade de la République démocratique du Congo en France alimente la polémique dans les milieux diplomatiques. Signée le 26 avril dernier par Yves Patrick Lihau Moleli, le chargé d’affaires par intérim, cette note de service annonce au personnel de cette représentation diplomatique le rappel définitif de Mme Isabel Machik Ruth Tshombe. Dès lors, des voix s’élèvent pour fustiger ‘‘le vice de procédure flagrante et, qui plus est, l’anticonstitutionnalité’’, décelées dans cette correspondance.
Cette note de service, précise que ‘‘Madame l’Ambassadeur Isabel Machik Ruth Tshombe est rappelée définitivement à la Centrale et cesse sa mission d’ambassadeur de la RDC près la République française, la Principauté de Monaco et la Principauté d’Andorre’’.
«En conséquence, elle ne peut plus engager le pays auprès des autorités françaises ainsi que de la Principauté de Monaco et de la Principauté d’Andorre», souligne l’auteur de ce document.
«L’intérimaire auto désigné…»
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le signataire de la note de service se désigne lui-même pour assurer l’intérim de ‘‘l’ambassadeur rappelée’’ : «En conséquence, Monsieur Lihau Moleli Yves Patrick, chargé d’affaires ai près l’ambassade est désigné par les autorités compétentes de RDC pour procéder à la remise et reprise avec Madame l’ambassadeur Tshombe».
Dans les couloirs de l’ambassade de la RDC à Paris, outre la forme qui laisse à désirer, cette correspondance suscite des critiques véhémentes. Selon certaines indiscrétions, ‘‘on reproche à l’intérimaire auto désigné de s’être autopropulsé’’.
Vice de procédure
«Par ailleurs, s’indignent certains observateurs, on a fort impression qu’il n’y a plus de Secrétaire général dans ce ministère ! C’est cela malheureusement la dérive qui entache et entame tout… Il appartient, à vrai dire, au ministère des Affaires étrangères d’informer les États concernés, en l’occurrence la France, par note verbale et non par un communiqué laconique de ce genre».
Dans des salons politiques, des langues se délient pour décrier ‘‘la méconnaissance même du droit diplomatique de la part de celui qui signe cette note de service’’. De l’avis d’un analyste, l’on estime qu’il importe de relire la Convention de Vienne de 1961, d’autant que ‘‘l’ambassadeur ne fait pas de passation de service’’ ou ce qu’on appelle en RDC ‘‘la remise et reprise’’.
Et si l’on se réfère à la Constitution de la République, en l’occurrence à la disposition de l’article 81, on se rendra compte que seul, le chef de l’Etat est habilité à relever un ambassadeur de ses fonctions. En effet, lit-on dans la Loi fondamentale, «Sans préjudice des autres dispositions de la Constitution, le Président de la République nomme, relève de leurs fonctions et, le cas échéant, révoque, sur proposition du Gouvernement, délibérée en Conseil des ministres : les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires… » Et ces ordonnances du Président de la République, intervenues en la matière, sont contresignées par le Premier Ministre.
Règlement de comptes ?
Peut-on ainsi dire que, dans sa guéguérre, le VPM Lutundula a finalement eu raison d’Isabel Tshombe ? L’histoire récente renseigne qu’un conflit a opposé le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula, à l’ambassadeur Isabel Machik Ruth Tshombe au crépuscule de l’année 2022.
Des documents qui ont fuité sur les réseaux sociaux ont, en effet, révélé l’opposition d’Isabel Tshombe aux affectations des membres de l’ambassade de la RDC en France. La diplomate congolaise ne voulait pas cautionner ces nominations qui, d’après elle, n’ont pas suivi les textes et les usages en la matière.
C’est alors que ses pourfendeurs se sont mis à lui chercher des poux dans les cheveux. Ainsi, lui a-t-on imputé une affaire de détournement des fonds qui lui a valu un rappel à Kinshasa en janvier dernier. Démarche actionnée pour la pousser à répondre aux questions de la commission de discipline, constituée pour enquêter sur ce dossier. L’on a vite compris que l’affaire a pris l’allure d’un règlement de comptes entre le VPM Lutundula et la fille de Moïse Tshombe, icône du Katanga et Premier ministre qyu unifia le pays en 1964..
Selon des sources concordantes, l’ambassadeur Isabel Tshombe est effectivement passée, en date du 15 janvier dernier, devant la commission de discipline instituée par le ministre de tutelle. Cette dernière n’aurait pas pu établir clairement les griefs de détournement des fonds contre elle, comme l’avait signifié le cabinet du vice-Premier ministre Lutundula. «Sinon, le cabinet du vice-Premier ministre les aurait fuités, comme il le fait avec tous les documents liés à cette affaire», commente l’Agence d’information d’Afrique centrale. YKM